Min, le joyau de chantemerle

Autres informations / 20.02.2016

Min, le joyau de chantemerle

LE MAGAZINE

MIN, LE JOYAU DE CHANTEMERLE

Min (Walk in the Park) est la révélation sur les obstacles irlandais chez les french bred. L’élève de Marie-Thérèse et Gérard Mimouni est invaincu en deux sorties sous les couleurs Ricci et l’entraînement de Willie Mullins. Il a gagné un maiden hurdle puis le Moscow Flyer Novice Hurdle (Gr2) à Punchestown. Son premier grand objectif sera le Supreme Novices’ Hurdle (Gr1) de Cheltenham. Avant cette grande course de haies des novices sur courte distance, focus sur Min et ses éleveurs, Marie-Thérèse et Gérard Mimouni.

La mère de Min, Phémyka

Gérard Mimouni est l’éleveur de Gammarth (Layman), double lauréat du Prix de Seine-et-Oise (Gr3) sur sa ligne droite fétiche de Maisons-Laffitte. Il s’agit là de son premier vainqueur de Groupe en plat en tant qu’éleveur. Son premier lauréat de Groupe en obstacle a été Min. Ce dernier a grandi au haras de Chantemerle, à Danestal, dans le Calvados. Puis il a été préparé au haras de Grandcamp, avant de passer à la vente d’automne Arqana en novembre 2013. À Deauville, Guy Petit a acheté Min pour 6.000 €. Le cheval a rejoint l’entraînement de Yannick Fouin pour défendre les couleurs de Frédéric Duvivier. À Auteuil, il a conclu quatrième du Prix Finot (L), puis troisième du Prix Robert de Lipowski. C’est ensuite Pierre Boulard qui l’a acquis pour Rich Ricci. Il est donc parti pour l’Irlande et les boxes de Willie Mullins. Mais rembobinons un peu le film et plongeons-nous sur l’origine de Min. « Min a été mon premier vainqueur de Groupe en obstacle, nous a rappelé Gérard Mimouni. Auparavant, nous avons eu Gammarth. J’ai aussi élevé Kamaloka, qui a couru à Aintree et pourrait participer au Festival de Cheltenham. Min, c’est un grand plaisir ! J’ai acheté sa mère, Phémyka (Saint Estèphe). Une amie m’a dit de l’acheter et nous l’avons fait. J’avais ainsi nommé l’un de ses produits, Belamage (Daliapour), pour rendre hommage à mes amis vendeurs : Bernard, Lara, Marie et Gérard. Mais un matin, je me suis levé et Phémyka était morte. C’était plusieurs mois après la naissance de Min. Je l’aimais beaucoup et sa mort brutale m’a frappé. Je n’ai donc pas voulu garder Min, car j’aimais trop sa mère. J’ai vendu Min. L’histoire est belle. Cela me fait plaisir qu’il gagne. Nous avons notre part dans sa réussite, car nous l’avons élevé. Nous sommes toujours là, derrière nos chevaux. Nous sommes un peu les fabricants, derrière les géniteurs et les entraîneurs, bien sûr. Nous les aidons à grandir et nous leur donnons tout ce qui est nécessaire à leur bon développement. »

 

Walk in the Park, pour rendre service

Walk in the Park est devenu l’un des sires les plus convoités du parc d’étalons européens en ce qui concerne l’obstacle. Il le doit notamment à deux chevaux qui se sont fait une place parmi l’armada Mullins : Douvan, vainqueur du Supreme Novices’ Hurdle, et Min, qui postule à un succès dans ce même Gr1. Mais pourquoi Gérard Mimouni a-t-il choisi Walk in the Park pour Phémyka ?« Le choix de Walk in the Park pour Phémyka, c’est toute une histoire ! Je suis ami avec le docteur Sémirot, qui était mon vétérinaire. Pour lancer Walk in the Park, qui lui appartenait alors, j’ai envoyé des juments et Phémyka à cet étalon. Et nous avons eu Min. »

 

Min, un cheval toujours à part

En course, Min prend souvent la tête dès le départ. Il est rarement au contact de ses rivaux et garde une marge de sécurité avec eux. Ce comportement "solitaire", on le retrouve un peu dans sa jeunesse lorsqu’il était au haras de Chantemerle. « Jeune, Min était un grand cheval, costaud. Il était aussi très indépendant. Il ne se mélangeait pas beaucoup aux autres. Il était toujours à part, assez calme, gentil. J’ai d’ailleurs remarqué que mes produits de Walk in the Park sont des chevaux calmes. J’en ai un à la maison qui va partir pour l’obstacle. Il est lui aussi très calme. »

 

Une arrivée par hasard dans les courses

Avec peu de juments, Gérard Mimouni obtient des résultats plus que satisfaisants grâce à des chevaux comme Min, Gammarth, ou encore Kamaloka. Le tout en peu d’années. Mais comment est-il arrivé dans le monde des courses et de l’élevage ? « C’est par hasard que je suis arrivé dans le monde des courses. Je n’avais rien à voir avec ce milieu. Je suis administrateur de biens et j’avais une galerie d’art à Deauville. Un jour, Philippe Barbé est passé à la galerie et je lui ai pris de la publicité dans son magazine. Nous en sommes arrivés à parler de chevaux et je n’ai pas été difficile à convaincre de rejoindre le monde des courses. J’ai acheté des poulinières que j’ai mises chez Martine Van de Kerchove, chez laquelle j’ai fait mes premières armes (nourrir les chevaux, faire les boxes et surtout faire naître et grandir un poulain…) Ensuite, j’ai acheté mon haras il y a dix ans et nous y avons mis nos juments. Nous avons aujourd’hui onze poulinières. Nous allons souvent faire saillir à l’étranger. Avant, je choisissais seul les étalons que je souhaitais. Désormais, nous bénéficions des conseils de Paul Nataf, avec qui je m’entends très bien. Nous avons actuellement trente-cinq hectares et nous ambitionnons de nous agrandir. Nos juments bénéficient de boxes de vingt-cinq mètres carrés. Nous avons mis à la disposition de nos pensionnaires un grand marcheur moderne, un solarium, etc. Et nous avons des vaches de race Salers, des rouges et des noires, pour l’entretien écologique de nos pâtures. En plus de nos poulinières, nous avons quelques juments de clients fidèles. »