Où est l’argent qui permettra de relancer france galop ?

Autres informations / 19.02.2016

Où est l’argent qui permettra de relancer france galop ?

OÙ EST L’ARGENT QUI PERMETTRA DE RELANCER FRANCE GALOP ?

Par Philippe Jeanneret

Président de la Fédération Nord/Île-de-France/Haute-Normandie/Basse-Normandie

« J’ai été, pendant quatre ans, administrateur de France Galop. Dans ce cadre, j’ai voté contre le projet de nouveau Longchamp et je voudrais expliquer pourquoi.

Pour beaucoup, à l’époque, il en allait de la survie du galop. Soutenir le nouveau Longchamp, c’était montrer sa confiance et parier sur l’avenir des courses. Longchamp nous était présenté comme un levier pour redynamiser la filière et son modèle économique. Ce serait, enfin, la vitrine internationale du galop français.

Voter pour, c’était donc le signe d’un optimisme qui mobiliserait tous les acteurs de France Galop, les professionnels et les propriétaires. Ceux qui en doutaient – dont je fais partie – furent taxés de pessimisme et, chose pire, de vils calculs électoraux.

À fond de cale dès 2018…

En réalité, mes arguments étaient simples et je tiens à les préciser aujourd’hui, parce qu’aujourd’hui, la trajectoire financière de notre filière est plus jamais préoccupante. Savez-vous, par exemple, que nos réserves financières seront consommées d’ici 2018 ? Voilà pourquoi les trois administrateurs "P.P." ont considéré qu’il s’agissait d’une aventure financière, et se sont donc singularisés par leur opposition au projet.

Le modèle économique de France Galop est trop coûteux. Nos charges sont structurellement trop importantes et conduisent inexorablement à nous plonger dans des déficits chroniques. Certains rétorquent que nos problèmes trouvent leurs racines dans une crise qui impacte les moyens des parieurs et que les distorsions fiscales amplifient. Cela joue aussi. Mais une bonne gestion du structurel peut aussi nous mettre à l’abri d’un problème conjoncturel. Pour moi, la règle d’une bonne gestion est de compter sur ses forces et de ne pas attendre sa survie des autres.

Imaginer que le nouveau Longchamp générera des recettes marketing exceptionnelles et qu’il constituera un réel pôle d’attraction est très incertain… mais ce qui est parfaitement certain, c’est que nos marges de manœuvre financière deviendront nulles. Et quand nous n’aurons plus d’argent, comment financerons-nous notre indispensable révolution digitale ? Comment accompagner l’indispensable plan social, qui devra remettre nos centres de coûts à un standard acceptable ? Comment soutenir efficacement le PMU dans son indispensable politique de développement ?

Vendre Saint-Cloud plutôt que fermer Maisons-Laffitte

Notre avenir reste à écrire mais, en tout état de cause, le pari du nouveau Longchamp nous impose un changement drastique de modèle économique. Avec lui, le temps des renoncements va venir.

Aujourd’hui, je préside la grande région Nord/Île-de-France/Normandie ; j’entends les inquiétudes des professionnels, qui attendent de la part de la nouvelle gouvernance des orientations courageuses. La fermeture d’un hippodrome parisien, demandée par les pouvoirs publics, imposera donc des choix. Il faudra une politique qui concilie baisse des coûts et perspectives pour les professionnels.

Dans cette optique, je pense profondément que fermer Maisons-Laffitte ne constitue pas le meilleur choix car, dans la situation financière actuelle, les conséquences politiques, sociales et sportives de cette fermeture s’avèreront trop élevées au regard des futures économies éventuelles. Je pense que s’il faut fermer un site, le choix devrait se porter sur Saint-Cloud. Car en vendant l’hippodrome, nous retrouverions une autonomie financière qui nous permettra à la fois de gérer la nécessaire mutation de France Galop – sociale et digitale – et de maintenir nos allocations, ce qui est notre objectif majeur.

Pour conclure, je veux dire que – sur ce sujet comme sur tous les autres – France Galop a besoin urgemment de fixer sa stratégie, de communiquer sur sa feuille de route, de dire haut et fort quels sont ses objectifs, ses moyens, son calendrier. »