Avec des si...

Autres informations / 03.03.2016

Avec des si...

CHANTILLY, JEUDI

PRIX MONTJEU (A)

AVEC DES SI...

Pas besoin de chercher longtemps l’attraction de ce Prix Montjeu (A) : c’est Solow (Singspiel), qui est aujourd’hui le meilleur cheval du monde sur le gazon (puisque ceux qui étaient devant lui dans les ratings officiels ne sont plus à l’entraînement). Auteur d’une année 2015 vierge de toute défaite, le top miler reprend son année 2016 là où il avait commencé celle de 2015, c’est-à-dire à Chantilly, début mars.

Solow, c’est la vedette des courses françaises et même son meilleur porte-drapeau. Tout le monde veut et s’attend à ce qu’il gagne ce jeudi, ce qui serait d’une logique sportive implacable. Mais une course n’est jamais gagnée avant d’être courue, même pour les vedettes, comme nous le raconte Franco Raimondi dans cette édition de Jour de Galop. L’histoire du turf est faite de courses imperdables perdues et, avec des si, on peut tout à fait aller à contre-courant de la logique et imaginer Solow battu ce jeudi...

Et si André Fabre avait (encore) raison ?

Au papier, chacun désignera Vadamos (Monsun) comme l’adversaire numéro un de Solow. L’an dernier, quand Vadamos avait survolé son Gr2 en Allemagne, André Fabre avait déclaré que Vadamos lui rappelait énormément Manduro. Vadamos ne lui a pas donné raison ensuite dans les Champion Stakes (Gr1) d’Ascot, terminant treizième et dernier. Une performance bien trop mauvaise pour mettre, sur cette seule sortie, la parole de l’entraîneur en doute.

Manduro avait réalisé sa meilleure année à l’âge de 5ans et c’est justement l’âge de Vadamos. Alors, comme André Fabre sait ce qu’il dit, Vadamos doit faire l’année de sa vie en 2016 et il pourrait frapper un grand coup dès sa rentrée, face à Solow.

Et si Solow trouvait enfin un adversaire à sa hauteur ?

Invaincu, quasi invincible en 2015, Solow n’a jamais vraiment trouvé d’adversaire à sa hauteur l’an dernier. Et avec du recul, c’est tout à fait normal quand on regarde les chevaux qui lui ont été opposés dans les Grs1 :

- À Meydan, Solow a sans doute réalisé sa meilleure performance en termes de valeur. Il a battu le classique The Grey Gatsby (Mastercraftsman) très facilement, mais ce dernier effectuait une vraie rentrée et n’était sans doute pas dans son élément sur 1.800m ;

- Dans le Prix d’Ispahan (Gr1), Cirrus des Aigles (Even Top) s’était déferré, aussi cette épreuve ne compte-t-elle pas. Solow a donc principalement disposé de Gailo Chop (Deportivo), qui rentrait et avait été retardé dans sa préparation.

- Dans les Queen Anne Stakes (Gr1), Solow a devancé la pensionnaire d’André Fabre Ésotérique XX (Danehill Dancer). Cette dernière gagnera ensuite le "Jacques Le Marois" (Gr1), mais n’oublions pas qu’André Fabre voulait y présenter Vadamos. Et, selon certains "bruits", l’entraîneur préférait le mâle... Présent à Ascot, Able Friend (Shamardal) ne sera que l’ombre de lui-même et le match avec Solow n’aura pas eu lieu.

- À Goodwood, dans les Qatar Sussex Stakes (Gr1), Solow a battu d’une demi-longueur Arod (Teofilo), qui venait juste de gagner son Gr2 et compte – depuis – deux échecs en Australie. Derrière, c’est le néant intégral.

- Enfin, dans les Queen Elizabeth II Stakes (Gr1), Solow a devancé Belardo (Lope de Vega), qui renaissait de ses cendres après une année 2015 complètement ratée.

La réalité des faits en faveur de Solow

"Avec des si", on pourrait aller plus loin encore. Mais la vérité des faits observés jusqu’à présent montre que Solow est un cheval tout à fait extraordinaire. On ne gagne pas neuf courses de suite, dont cinq Grs1, sans être très bon.

Toutefois, avec du recul, on comprend pourquoi "les vieux garçons qui attribuent les ratings" ne l’ont pas placé à un niveau si élevé que cela, comparé aux épreuves qu’il a gagnées. En effet, il n’a jamais été opposé à des chevaux qui sont vraiment à sa hauteur. Et ce cheval, c’est peut-être Vadamos ?