C’est sagan qu’on assassine !

Autres informations / 23.03.2016

C’est sagan qu’on assassine !

ACA

C’est Sagan qu’on assassine !

France 5 diffusait lundi soir le téléfilm Françoise Sagan, Des bleus à l’âme, réalisé par Diane Kurys. Une scène nous a un peu choqués. Une amie de l’écrivain se trouve dans sa cuisine ; la télévision est allumée ; elle tourne la tête vers l’écran. La télé diffuse une course de Longchamp, semble-t-il un gros handicap. La femme se met à crier : « Françoise, Françoise, viens voir, Hasty Flag est en train de gagner ! » Françoise Sagan entre dans la cuisine, s’anime, pousse son cheval au poteau. Il gagne et les deux amies sautent dans les bras l’une de l’autre, folles de joie.

Sauf que Hasty Flag, entraîné par Robert Collet, n’a jamais gagné à Longchamp et que l’épisode que prétend raconter la séquence du téléfilm, c’est sa victoire dans la Grande Course de Haies de Printemps à Auteuil en 1981… On peut se dire que cela n’a pas d’importance. Mais, une fois de plus, cela montre à quel point notre sport a disparu des écrans radars.

De plus, cela fait un peu de peine pour Françoise Sagan elle-même, qui été animée d’un authentique amour des courses et aurait été déçue qu’on les malmène de la sorte. Son fils, Denis Westhoff, en témoigne parfaitement dans son livre Sagan et fils : « Hasty Flag fit quelques courses en queue de peloton, jusqu’au jour où il remporta la Grande Course de Haies de Printemps à Auteuil. Il gagna ensuite d’autres courses moins importantes, une notamment sur l’hippodrome de Clairefontaine, à Deauville, où il battit allègrement ses concurrents de plusieurs longueurs. Les couleurs de Hasty Flag étaient casaque bleue, toque et épaulettes noires. Ma mère n’éprouvait pas de plus grand bonheur ni de plus grande excitation que lorsqu’elle allait le voir courir, quand, au loin, elle distinguait la petite toque noire se détacher du peloton et que l’on entendait la voix du speaker annoncer "Hasty Flag remonte" ou "Hasty Flag reprend du terrain"… C’était une véritable passion dont je regrette beaucoup qu’elle n’ait pas été davantage révélée dans le film que l’on tira de sa vie, occultant l’un des traits les plus saillants de sa personnalité. »

Notons enfin que Françoise Quoirez avait choisi le pseudonyme de Sagan en référence au duc du même nom. Lequel duc – ou prince – fit bâtir l’hippodrome d’Auteuil sous sa présidence de la Société des Steeple-Chases… et dont le nom survit aujourd’hui par le biais d’une Listed disputée sur la butte Mortemart !