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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

La grève préventive est l’ennemie du dialogue social

Autres informations / 08.03.2016

La grève préventive est l’ennemie du dialogue social

La grève préventive est l’ennemie du dialogue social

Ce qui m’a le plus choqué dans ce qui s’est déroulé aujourd’hui à Enghien, c’est la dimension "préventive" du mouvement social qui a conduit à l’annulation du Quinté Plus  (et de la neuvième course). Je veux dire que les salariés et les syndicalistes de PMU ont bloqué les courses alors que la négociation n’a même pas encore commencé… Il s’agit d’un mouvement social dit "de pression", comme celui du 9 mars prochain dans les rues de Paris, contre la réforme du Code du travail annoncée par le gouvernement.

Or la prévention est l’ennemi du dialogue social. Ce même dialogue social qui est la fierté d’un pays comme la France. À chaque fois que l’on méprise le dialogue social – que ce soit côté patrons ou côté syndicats – on foule aux pieds un des fondements de notre démocratie. Eh oui camarades syndicalistes, c’est bien vous qui avez jeté plus bas que terre le dialogue social aujourd’hui à Enghien. Quand on connaît les conditions de travail des salariés du PMU, la convention collective, le C.E., les avantages acquis et le dialogue social fructueux et fréquent, ce que vous avez fait est une honte. Qui vous a refusé le dialogue ces dernières années ? Personne. Vous n’aviez pas le droit de faire ce que vous avez fait.

Marchands de tapis. Dialoguer socialement, ce n’est pas se bagarrer dans la rue. Messieurs les syndicalistes, vous nous répétez à longueur de journée que l’homme n’est pas une marchandise et vous vous comportez comme des acheteurs de tapis à Marrakech, en mettant la pression avant même qu’on ne vous ait servi le thé !

La France n’est déjà pas très en forme et la filière hippique non plus. Aujourd’hui, une centaine d’énergumènes aura coûté 1M€ à la filière. Pourquoi ? Pour rien ! La "négo" n’a pas commencé ; elle est prévue le 10 mars… Alors puisque leur mouvement était illégal et hors cadre social, va-t-on leur demander de rembourser ? Ce ne serait pas difficile : il suffit de retrancher cette somme de leurs futures indemnités de départ. Ah non, pardonnez-moi, je suis en plein délire : les seuls qui ne sont jamais virés, dans une boîte, ce sont les leaders syndicaux. Bon eh bien tant pis : ce sont les autres – ces salariés qui n’ont pas manifesté aujourd’hui mais prendront la porte demain – qui paieront pour eux. Ils ont l’habitude mais ne s’en plaignent jamais. On appelle cela le Syndrome de Stockholm : les otages s’attachent à leurs ravisseurs jusqu’à aller les défendre devant le tribunal.

En 2016, mon petit doigt me dit que ce n’est ni la première ni la dernière journée de friction. Car on ne réforme pas une vieille maison sans casser des œufs. Et si cela doit coûter 50M€ à la fin de l’année, ce sera notre participation involontaire – à nous professionnels – à l’effort de guerre.

Finissons avec une touche positive : les choix politiques de France Galop ont permis, en ce lundi, de sauver la majorité des courses. C’est un progrès.