Le temps du courage

Autres informations / 10.03.2016

Le temps du courage

TRIBUNE LIBRE

Le temps du courage

Par Jean-Baptiste Ferricelli, mandataire et turfiste

« J'ai beaucoup apprécié l’éditorial de Mayeul Caire il y a deux jours, qui dit les choses sans détours, ainsi que l'interview hier de Julien Phelippon et la tribune pleine de bon sens et de courage de Marie-France Peltier. Ce courage que l'on ne voit plus beaucoup quand il suffit d'une trentaine de syndicalistes pour bloquer l'hippodrome d'Enghien, creuser encore d'un million d'euros la recette du PMU (*) et ne même pas respecter les chevaux. Et tout cela, juste pour "mettre la pression" aux cadres dirigeants du PMU avant une négociation pourtant programmée...

Autorité vacillante. Je suis à la fois triste et en colère de voir qu'une fois encore, une poignée de manifestants a suffit pour faire plier toute une filière. Le président de France Galop a été bien mal conseillé pour avoir ainsi cédé. Nous voilà encore dans un système où sur le terrain, l'autorité vacille, minée par les renoncements successifs de personnes incapables de prendre leurs responsabilités.

C'est devenu un commun affligeant de constater qu'au prétexte de soi-disant faire entendre ses revendications, il faut désormais user de blocages, de brutalité, voire de violences, et cela en toute impunité. Le refus des règles nécessaires au bon fonctionnement de la démocratie et du dialogue, combinés à un renoncement de l'autorité, ne peut pas apporter de solution.

Laissez le PMU se redévelopper ! Le PMU n'a pas su conserver sa formidable base de joueurs qui s'érode régulièrement et Julien Phelippon a raison de souligner qu'il faut revaloriser le joueur. Le PMU, comme toute entreprise, doit se réformer pour faire face à son environnement sans cesse évolutif. Il doit revoir sa stratégie d'entreprise et sa communication, tout en adaptant son organisation. Ce n'est pas en l'empêchant dans une attitude d'immobilisme et de brutalité que l'on sauvera la filière, comme le fait justement remarquer avec clairvoyance Marie-France Peltier en rappelant le naufrage du port de Marseille.

L’autorité, le pouvoir, le dialogue social, l'adhésion et la responsabilité sont des faits institutionnels fondamentaux et irremplaçables. Alors ne les laissons pas à l'abandon. Que personne ne l’oublie. »

 

 

(*) Note de l’éditeur : précisons que le manque à gagner du Quinté Plus de lundi à Enghien se chiffre à environ 7M€ en termes de chiffre d’affaires ; environ 1M€ en recettes fiscales ; et environ 1M€ en retour filière (qui finance les allocations).