Levy board : en avril 2017, c’est fini

Autres informations / 06.03.2016

Levy board : en avril 2017, c’est fini

INTERNATIONAL

LEVY BOARD : EN AVRIL 2017, C’EST FINI

C’est une grande nouvelle pour les courses britanniques : lors de la séance de questions au gouvernement au Parlement, jeudi, il a été annoncé qu’un nouveau système (Horse Betting Right) viendrait remplacer l’actuel Levy Board en avril 2017.

C’est une annonce importante, car le Levy Board a montré ses limites ces dernières années. Mis en place en 1961, il est clairement devenu obsolète : l’institution hippique britannique ne touche pas d’argent sur le chiffre d’affaires des paris en ligne de certains bookmakers. Ceux-ci, ayant délocalisé leur plate-forme, majoritairement à Gibraltar, échappent ainsi à la législation du Levy Board. Or, les paris hippiques online représentent environ la moitié du chiffre d’affaires des bookmakers. Cela n’empêche pas certaines firmes de "bookies" de se plaindre de payer trop de taxes...

Selon le British Horseracing Authority (BHA), le manque à gagner pour les courses britanniques est évalué à 30 millions de livres par an , alors que le Levy récoltait encore 100 millions de livres en 2004/2005. Si rien n’est fait, il ne pourrait collecter plus de 53 millions selon les estimations 2016/2017. Le nouveau système de financement tombe donc à pic et doit permettre de prélever de l’argent sur tous les paris placés sur une course britannique par un citoyen basé dans le pays.

Le système Authorised Betting Partners va se poursuivre

Dans l’attente de la mise en place de ce système, les courses anglaises doivent encore composer avec le Levy Board. British Racing (British Horseracing Authority, the Racecourse Association et Horsemen’s Group) va donc poursuivre le système de l’Authorised Betting Partner (APB) : cela consiste à récompenser les bookmakers reversant à l’Institution une somme jugée raisonnable sur les bénéfices de leurs paris online. L’un des effets les plus médiatiques de cet APB est le sponsoring des courses : un bookmaker n’étant pas APB ne peut plus sponsoriser de courses sur les hippodromes du Jockey Club, ainsi que sur la majorité des hippodromes britanniques. Les conséquences ont été d’emblée visibles sur deux des plus grandes courses de Cheltenham : le Gold Cup (Gr1) était auparavant sponsorisé par Betfred et le World Hurdle (Gr1) par Ladbrokes. Les deux firmes ayant refusé de devenir APB, c’est la société Timico qui a récupéré le sponsoring du Gold Cup et Ryanair celui du World Hurdle.

Une annonce historique

Nick Rust, directeur général du British Horseracing Authority (BHA), a déclaré : « L’annonce de ce jour [lire jeudi, ndlr] devrait devenir historique. Ce nouveau modèle de financement assurera un transfert juste des fonds vers British Racing (…) Sur le plus long terme, cela est synonyme de plus grande sécurité financière pour le sport, de croissance… soit un grand coup de pouce pour tous les participants et les dizaines de milliers de personnes qui vivent des courses. Nous attendons avec impatience de travailler avec le Gouvernement sur les détails de cette proposition et de nous assurer que le délai de mise en place est respecté. Nous avons désormais une belle opportunité de réunir les courses et les opérateurs de paris en résolvant les problèmes de financement du sport, et ce, au bénéfice des deux parties (…) Nous souhaitons joindre les efforts côté courses et côté paris sur l’innovation et la croissance de notre sport comme support de paris. »

Un modèle qui devra obtenir l’approbation au niveau européen

Malgré les différentes menaces de Brexit, qui font régulièrement la Une des médias, la Grande-Bretagne fait encore partie de l’Union européenne et ce nouveau système de financement devra donc être validé au niveau européen. Voici la retranscription de la séance de questions au Parlement de jeudi. Elles sont posées par le député Chris Green à John Whittingdale, secrétaire d’État à la Culture, aux Médias et au Sport, avec en bonus quelques formules de politesse que nous n’avons guère l’habitude d’entendre dans notre Assemblée nationale... et un intérêt marqué pour les courses qui n’existe pas dans la vie politique française.

Chris Green. – L’industrie hippique britannique a un impact économique estimé à trois milliards et demi de livres par an. Les hippodromes d’Aintree et de Haydock sont très populaires chez mes électeurs. Mon honorable ami peut-il confirmer la date où il prévoit de demander aux bookmakers offshore de fournir une contribution financière aux courses, comme ceux basés en Grande-Bretagne le font ?

John Whittingdale. – Mon honorable ami a tout à fait raison d’attirer mon attention sur l’importance des courses hippiques dans notre pays. Je peux lui dire que notre but est d’introduire un nouveau mode de financement pour British Racing d’ici à avril 2017. Nous allons faire en sorte que les bookmakers basés en Angleterre et ceux offshore se retrouvent sur un pied d’égalité et qu’un retour juste de tous les bookmakers, même offshore, soit assuré. L’Institution hippique sera chargée de prendre les décisions quant à l’utilisation de ce fonds et nous ferons plus d’annonces prochainement.

Est-ce que le Gouvernement tient son engagement du budget 2015 ?

Oui (…) cette annonce signifie que le Gouvernement a tenu les promesses annoncées lors de son budget 2015. Elle prend en compte toutes nos volontés quant à un nouveau modèle de financement : (…) juste, durable, applicable, solide légalement, et qui permet au gouvernement de se retirer de son processus d’administration.

Est-ce que cette nouvelle législation va devoir obtenir un accord au niveau européen ?

Nous pensons que toute nouvelle législation devant remplacer le Levy (…) doit demander une approbation de l’État. Nous sommes confiants. Cela va être réalisé, étant donné que la Commission européenne a déjà approuvé un cas similaire, avec la France, en 2013.

Combien d’argent supplémentaire cela va-t-il permettre d’apporter à British Racing ?

Nous sommes enchantés que le Gouvernement ait déclaré que cette nouvelle législation va assurer un retour juste des bookmakers aux courses hippiques, y compris ceux offshore. Nous avons compris que le Gouvernement ferait plus d’annonces en temps voulu.

Comment les nouveaux fonds seront-ils distribués ?

Les fonds levés par ce nouveau modèle passeront par l’Institution qui déterminera comment ils doivent être répartis dans le sport.

Qu’est-ce que cela signifie pour le plan Authorised Betting Partner mis en place par l’Institution ?

British Racing a mis en place l’APB comme une mesure intérimaire (…) dans l’attente de la mise en place de ce Racing Right. Il est essentiel que nous continuions à renforcer les progrès que nous avons déjà effectués avec l’APB. Nous poursuivons nos discussions avec les bookmakers en ce qui concerne la politique de l’APB.

Qu’est-ce que cela signifie pour les bookmakers ?

Cette annonce crée plus d’assurances entre l’Institution des courses et celle du pari. Elle devrait poser les jalons d’un dialogue constructif sur les opportunités que le sport a à offrir. Nous voulons travailler en partenariat avec les bookmakers pour la croissance des paris. La relation entre les courses et les paris est symbiotique. Elle doit profiter aux deux parties.