Où en est la recherche équine en 2016 ?

Autres informations / 27.03.2016

Où en est la recherche équine en 2016 ?

LE MAGAZINE

Où en est la recherche équine en 2016 ?

La journée de la recherche équine a été créée en 1975 par le CEREOPA puis reprise par l’Institut du cheval, les Haras nationaux et l’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE). Toujours organisée en collaboration avec l’Inra, cette journée représente une interface privilégiée. Elle permet de présenter les derniers résultats de recherche concernant tous les aspects de la filière équine, de l’élevage à la compétition en passant par la santé, mais aussi les sciences économiques et sociales... Cette année, la thématique "Bien-être des équidés" a rassemblé cent cinquante personnes au FIAP, à Paris, le 17 mars 2016, ainsi que trois cent cinquante personnes, bénéficiant d’une retransmission en direct dans une quinzaine de sites en régions. Vendredi, nous vous avons proposé la première partie des sujets présentés pendant l’édition 2016. Voici aujourd’hui la suite de cette sélection.

Le sevrage : Préparer en valorisant fourrages, matières grasses et minéraux, sevrer en groupe, manipuler aussitôt après. Le sevrage artificiel peut engendrer stress, perte d’état et apparition de stéréotypies. Préparer la transition alimentaire en valorisant fourrages, matières grasses et minéraux engendre moins d’agitation et de hennissements le jour J qu’une transition à base de concentrés riches en amidon (céréales). Le sevrage au pré, en groupe et en présence d’adultes, est également plus bénéfique. À défaut, sevrer à deux au box, sous réserve d’une bonne entente. Des essais récents de séparation progressive des jeunes et de leurs mères, dans deux paddocks voisins, permettant des contacts tactiles entre mère et poulain pendant le mois précédant le sevrage définitif, ont montré des résultats positifs. Les poulains étaient nourris pendant chaque séparation quotidienne, dont la durée augmentait progressivement. Profiter de la période immédiatement post-sevrage pour manipuler les poulains, particulièrement réceptifs, est également recommandé.

Présenté par Léa Lansade, IFCE Inra

Quand les états émotionnels donnent des informations sur l’état de bien-être : les chevaux peuvent être optimistes ou pessimistes. Au-delà de l’émotion qui est, par définition, fugace, l’accumulation des émotions peut conduire à des états affectifs prolongés, ressentis positivement ou négativement. Les études menées sur les biais cognitifs de jugement, chez l’homme et chez l’animal, montrent que les individus, en état de stress chronique, tendent à juger les informations ambiguës de façon négative et sont dits pessimistes. Des tests de biais cognitifs ont été réalisés sur deux groupes de chevaux, vivant soit en conditions restreintes (centres équestres), soit en conditions semi-naturelles. Ces derniers présentent un état de bien-être supérieur. Après avoir entraîné les chevaux à s’approcher ou à éviter un seau contenant un aliment appétant et un autre contenant un aliment aversif, ces seaux étant placés dans des positions spatiales bien séparées. Un seau a été placé en trois positions intermédiaires différentes, dites ambiguës. Par rapport aux chevaux vivant en conditions semi-naturelles, les chevaux vivant en conditions restreintes se sont approchés beaucoup moins facilement du seau en position ambiguë, la plus proche du seau contenant l’aliment aversif, ce qui montre leur humeur pessimiste. Les biais cognitifs de jugement sont donc un outil intéressant pour comprendre la façon dont le cheval perçoit ses conditions de vie.

Présenté par Séverine Henry, Université de Rennes 1

Des boxes "sociaux" permettent aux étalons d’avoir des interactions sociales accrues. La plupart des étalons sont maintenus en isolement social, par peur de blessures graves, alors qu’en conditions naturelles ils sont en contact en permanence avec d’autres chevaux. Un modèle de box "social" a été testé au haras suisse d’Agroscope (Avenches) sur des étalons Franche-Montagne. La paroi mitoyenne entre deux boxes "sociaux" est constituée d’une partie avec des barreaux de haut en bas dont les intervalles (30 cm) permettent des contacts physiques avec un congénère, et d’une partie pleine. Seize étalons ont été mis alternativement dans ces boxes "sociaux" et dans des boxes conventionnels dont la paroi mitoyenne comporte une partie pleine en bas et des barreaux en haut, ne permettant pas de contacts tactiles. En boxes "sociaux", les étalons ont eu beaucoup plus d’interactions entre eux par 24 heures (51 min) avec une grande majorité d’interactions positives (37 min) que quand ils étaient en boxes conventionnels : 6 min et 1 min, respectivement. Seules des blessures légères ont été constatées. En augmentant considérablement la durée des interactions, le box social représente un enrichissement substantiel de l’environnement relativement pauvre du cheval détenu en box individuel.

Présenté par Anja Zollinger, Agroscope, Suisse

La musique aurait un effet relaxant lors d’événements générateurs de stress. Cette étude a testé les effets de la musique, dispensée grâce à des oreillettes maintenues sous un bonnet anti-mouches, lors d’un transport ou d’une séance de maréchalerie. En comparaison avec la situation "musique", deux autres situations ont été évaluées : la situation "atténuation phonique", avec des bouchons d’oreilles et la situation "contrôle", sans aucun dispositif. Des paramètres comportementaux et physiologiques (variabilité de la fréquence cardiaque, cortisol) ont été mesurés. La diffusion de musique pendant le transport a eu des effets favorables sur le comportement – plus souvent oreilles droites et moins souvent en arrière, encolure plus souvent haute et sans tension – et sur la récupération cardiaque qui a été plus rapide après les deux types de stress. Par ailleurs, le dispositif a été bien toléré.

Présenté par Claire Neveux Ethonova