Jean-marc baudrelle, de retour sur le devant de la scène

Autres informations / 16.04.2016

Jean-marc baudrelle, de retour sur le devant de la scène

SPÉCIAL PRIX DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Jean-Marc Baudrelle, de retour sur le devant de la scène

Rambranlt, Pain Royal, Silver BreakAutant de très bons sauteurs préparés par Jean-Marc Baudrelle, ancien moniteur d’équitation devenu entraîneur. Installé à Savigné-l’Évêque depuis cette année, après avoir exercé à Maisons-Laffitte, il présentera Kelthomas (Keltos), lauréat du Prix Lutteur III (L), dans le Prix du Président de la République (Gr3). Il nous a accordé une interview dans laquelle nous revenons sur Kelthomas, Rambranlt et, bien sûr, sur sa trajectoire dans le monde des courses.

Jour de Galop. - Vous avez acheté Kelthomas à l’issue d’un "réclamer" sur les haies de Pau. Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à mettre un bulletin pour ce fils de Keltos ?

Jean-Marc Baudrelle. – C’est tout simple. J’ai suivi le cheval lors de ses sorties dans des "réclamers". C’était à la fin de son année de 4ans. Il avait gagné en décembre 2013, associé à un jeune jockey qui revenait d’une grave blessure et il s’était baladé en sautant de très belle façon. À l’époque, il était à réclamer pour 15.000 euros. Puis il a recouru et il a dérobé. Je l’ai acheté après sa quatrième place dans un autre "réclamer" à Pau, en janvier 2014. Il était alors au taux intéressant de 10.000 euros. Il avait conclu derrière un de mes représentants, Uppercut de Sivola, et il affrontait des chevaux plus âgés que lui. J’avais parlé avec son entraîneur de l’époque, Jacques Ortet, qui estimait le cheval en début de carrière. Mais il avait déçu plusieurs fois, en étant monté par tous les cracks jockeys. J’étais alors aux ventes de Clairefontaine, j’ai regardé sa course et nous avons mis un bulletin pour l’acheter 10.000 euros. À l’époque, tout le monde m’a dit : « Mais qu’est-ce qui t’a pris d’acheter ce cheval ? » Avec un ami, ancien gentleman-rider, à chaque fois que nous nous croisons, nous en rions désormais.

Comment se sont déroulés les premiers temps avec le cheval ?

Après avoir acquis Kelthomas, je l’ai ramené dans la Sarthe et je ne l’ai pas recouru. Il y avait pas mal de choses à changer, dans son mental, son physique… Puis il a gagné rapidement pour nous. Je pensais préparer le Prix Fondeur (L), mais il est tombé malade. Il avait couru et j’avais dit à Alain [de Chitray, son jockey, ndlr] de l’arrêter si cela n’allait pas et il avait été arrêté. Nous l’avions couru un peu plus tard, monté par Jérémy Da Silva, et il avait fait plusieurs fautes, devant être de nouveau arrêté. Il n’avait pas de globules rouges et les vétérinaires n’ont jamais su ce qu’il avait eu. Et un matin, la personne qui le montait l’a senti mieux, car c’est le genre de cheval auquel il ne faut pas dire deux fois d’avancer. Je l’ai donc couru dans un "réclamer" sur les haies d’Auteuil et il a gagné, sans me convaincre vraiment, mais en sautant mieux. Il a repris le cours de ses bonnes performances par la suite, se classant notamment troisième du Grand Steeple-Chase de Deauville (L). En fin d’année dernière, j’ai attendu le dernier Quinté de l’année, où il affrontait des chevaux qui avaient déjà beaucoup donné. Il a gagné facilement. Nous avions changé de piste d’entraînement et cela nous a certainement servis.

Comment voyez-vous le Prix du Président de la République ?

Son jockey le connaît puisqu’il a gagné plusieurs fois avec lui. Il va découvrir la piste extérieure, mais ce sera le cas de plusieurs concurrents. Il y a de bons sauteurs et il faut aussi avoir un parcours limpide. Mais le cheval a bien gagné le Prix Lutteur III. Après, faire le doublé est très difficile.

Ce doublé, vous l’avez réussi avec Rambranlt, en 1989. Existe-t-il des points de comparaison entre les deux chevaux ?

Ce sont deux sauteurs que nous avions récupérés et qui n’avaient pas bonne presse, mais il n’y a pas de comparaison possible. Rambranlt avait bataillé avec Katko, ce qui n’est pas rien. À l’époque, il y avait un programme cohérent pour les AQPS. J’étais permis d’entraîner depuis à peine un an et demi lorsque j’ai eu Rambranlt, et je suis passé entraîneur public à cause de lui, pour avoir aussi plus de chevaux. Rambranlt est mort l’an dernier, à 32ans. Hormis lorsqu’il avait connu un souci après le Grand Steeple, il n’a jamais vu un vétérinaire. C’était un drôle de cheval.

Comment êtes-vous passé de moniteur d’équitation à entraîneur de chevaux de courses ?

À cause d’un ami parieur ! Il m’a fait acheter un AQPS pour en faire un cheval de concours et cela n’a pas été du tout. Cet ami m’a dit : « Écoute, j’ai regardé son papier, tu n’as qu’à le courir. » J’étais alors à Maisons-Laffitte avec des chevaux de selle. Je ne connaissais rien aux courses. Du coup, j’ai franchi les portes du centre d’entraînement, j’ai regardé comment faisaient les autres et j’ai demandé conseil aux professionnels qui voulaient bien m’en donner. Mais le cheval que j’avais a fini cinq fois cinquième et, à cette époque, on ne payait pas la cinquième place. Après ce cheval, j’ai pris des poulains inédits et j’ai acheté un cheval chez le boucher, qui était un ancien bon élément.

Où êtes-vous installé ?

Je suis désormais à Savigné-l’Évêque, après avoir été à Maisons-Laffitte. Je connaissais l’endroit où nous nous sommes installés, car j’avais loué une partie du domaine il y a quelques années. Nous y avons une piste en sable, avec un sol naturel extraordinaire. Nous avons aussi une demi-douzaine de poulinières et j’ai acheté un étalon, Indian Daffodil, aux ventes d’élevage Arqana, en décembre dernier. C’est un étalon magnifique, avec la souche base de Poliglote.