Alban chevalier du fau : « cette vente a acquis une vraie spécificité. »

Autres informations / 14.05.2016

Alban chevalier du fau : « cette vente a acquis une vraie spécificité. »

SPÉCIAL BREEZE UP ARQANA

Alban Chevalier du Fau : « Cette vente a acquis une vraie spécificité. »

La breeze up Arqana de 2015 avait confirmé la position dominante parmi les vendeurs de The Channel Consignment, une structure créée par Alban Chevalier du Fau et Jamie Railton. À la veille de l’édition 2016 de cette vente, Alban Chevalier du Fau livre quelques recettes de leur réussite.

Jour de Galop – Vous aviez enregistré d’excellents résultats lors de la breeze up 2015. Comment abordez-vous l’édition 2016 de cette vente ?

Alban Chevalier du Fau – Si nous avons effectivement bien vendu l’an dernier, c’est pour la simple et bonne raison que nous avons vendu de bons chevaux ! Les résultats sur la piste des chevaux que nous avons présentés par le passé nous ont permis de gagner la confiance des acheteurs. Nous prenons tous les ans des risques financiers importants, qui reposent sur notre capacité à choisir les yearlings. Alors, chaque année, c’est un nouveau pari que nous nous lançons. En ce qui concerne notre lot cette année, je pense que la qualité est présente et j’espère que la demande sera au rendez-vous. Le transfert de cette vente à Deauville est une chose positive. Les infrastructures nous permettent de travailler dans d’excellentes conditions, et les professionnels sont toujours contents de venir ici.

Pensez-vous qu’il existe une spécificité française dans la préparation des poulains aux breeze up, et quelle est votre méthode à vous ?

Pour moi, il n’existe pas de préparation spécifique aux Français, chacun a sa propre méthode. Ce qui diffère en revanche par rapport aux années précédentes, c’est l’offre que l’on propose à Arqana. Cette vente a acquis une vraie spécificité, et dorénavant, les pinhookers achètent spécialement pour aller à Arqana en mai. Cette offre se caractérise par des poulains dont la qualité première n’est pas forcément la vitesse pure. On recherche plutôt des chevaux aux profils plus classiques, pouvant être moins précoces et de distances intermédiaires. L’offre a beaucoup progressé en qualité et elle se rapproche maintenant de ce que l’on trouve au mois d’août. En ce qui concerne le travail que nous effectuons à The Channel Consignment, je dirais que le maître mot est l’individualisation. Nous faisons du cas par cas, de façon à ce que le 2ans continue sa courbe de progression après la vente. Nous respectons le métabolisme du cheval, ses aptitudes. C’est pour cette raison que certains de nos lots peuvent paraître un peu verts ou enrobés au moment de la vente.

Vous vous êtes investis dans l’association des consignors européens de breeze up. Pourquoi cette démarche ?

La quasi-totalité des consignors-pinhookers sont regroupés dans cette association. Il me semblait important de soutenir la cause des breeze up, qui souffrent encore de préjugés infondés. Il est avéré statistiquement que cette vente produit de bons chevaux, et qui durent dans le temps. Il est certain qu’une breeze up est une expérience délicate pour un jeune poulain, mais cela reste un moyen de sélection efficace. Outre la vitesse intrinsèque et la qualité de l’action, cela permet notamment de juger le tempérament, l’une des premières qualités que l’on demande à un cheval de course. Nous avons pris en compte la demande des acheteurs qui, à cette vente d’Arqana, semblent demander plus de « classicisme » et de cohérence avec le travail des entraîneurs. La préparation de ce type de chevaux est certainement moins facile que celle d’un poulain très précoce et vite, mais il faut coller à la demande et j’espère que la réponse des acheteurs sera positive !