Combat gagné pour les anti-gde

Autres informations / 21.05.2016

Combat gagné pour les anti-gde

ACA

Combat gagné pour les anti-GDE

C’est officiel ! Ce vendredi, la Cour d’appel du tribunal administratif de Nantes a annulé l’autorisation de 2011 de l’ouverture de la méga-décharge GDE à Nonant-le-Pin, qui va donc devoir fermer définitivement. L’entreprise Guy Dauphin Environnement a cependant encore un espoir : celui de se pourvoir en cassation, même si les chances de gagner sont quasiment nulles, car la Cour de cassation se concentre avant tout sur les vices de forme et cela ne devrait donc pas changer grand-chose. Pour les anti-GDE, la décision de la Cour d’appel signe presque la fin de près de dix ans de combats. Sybille Gibson nous a expliqué : « C’est vraiment top. Nous sommes très contents. Nous allons fêter cela au Pin ce soir ! Nous sommes soulagés car cela représente dix ans de lutte. Nous avons gagné des batailles, eu des revers. Et nous sommes très fiers car nous sommes des gens dans un petit village qui se sont longtemps sentis seuls. L’appui de la filière hippique a été extraordinaire et nous a permis de financer les avocats et de continuer le combat, via la vente de saillies par exemple. Le soutien est venu du monde entier : le Syndicat des éleveurs a fait retentir l’histoire jusqu’en Argentine, des haras comme Coolmore et Darley nous ont aussi aidés, parmi d’autres… Nous sommes tellement reconnaissants. »

La fin, ou presque… C’est un combat qui s’annonçait désespéré qui touche presque à sa fin ce vendredi. Les éleveurs de Nonant-le-Pin contre la multinationale. David contre Goliath. « C’était le pot de terre contre le pot de fer. Au départ, nous étions un peu seuls, tout le village était contre nous avec toutes les promesses faites par GDE, notamment en termes d’emplois. L’entreprise avait acheté la population. Heureusement, les gens des chevaux se sont mobilisés. Il y a eu un blocage de la décharge grâce à eux et aux agriculteurs. Nous y avons cru. Globalement, nous y avons toujours cru : il y avait trop de bêtises, de malversations et de tricheries pour que cela continue. Nous nous disions : si nous perdons une bataille aujourd’hui, nous la gagnerons demain. Je remercie tous ceux qui nous ont aidés, tous ceux qui ont été présents, ainsi que la presse hippique et nationale qui a aussi permis de faire connaître notre cause. »

Ségolène Royal au haras du Pin pour fêter la victoire. L’histoire arrive à son terme mais n’est pas encore finie, car nul doute que GDE ripostera encore une dernière fois… « Il faut rester vigilants, bien sûr, et nous en aurons certainement encore pour un an avec la cassation. Mais nous étions très confiants après l’audience de mardi, où tout s’est très bien passé. Nous avions de très bons avocats ! Lorsque nous avons su que le délibéré serait annoncé ce vendredi, nous avions confiance : c’est un laps de temps très court. Nous allons être 300 à faire la fête ce soir [lire vendredi, ndlr] au haras du Pin. Nous avons besoin de nous retrouver ensemble, nous sommes un groupe soudé. Ségolène Royal, la ministre de l’Écologie, sera d’ailleurs présente. Elle nous a beaucoup aidés et soutenus. Nous l’avons eue toutes les semaines au téléphone et nous la remercions. »

 

Les responsabilités doivent être assumées. Dans leur communiqué de presse, les associations Sauvegarde des terres d’élevage et Nonant environnement ont expliqué : « À compter de ce jour, la société GDE n’est plus autorisée à trier ou même à stocker le moindre déchet à Nonant-le-Pin. La décision est exécutoire immédiatement. Il s’agit d’une étape décisive, mais non définitive, du combat mené par les associations : Nonant environnement, Sauvegarde des terres d’élevage, F.N.E., Zero Waste ; et de manière générale, par toute la population qui s’est engagée contre ce projet. Effectivement, GDE a d’ores et déjà annoncé qu’elle allait former un pourvoi en cassation devant le Conseil d’État et qu’elle allait solliciter un sursis à exécution de la décision. »

Comme exprimé dans l’article, il y a peu de chance que le pourvoi en cassation soit un succès pour GDE. Les associations appellent à continuer le combat et à trouver les responsables de ce qui aurait pu s’avérer être une grave crise écologique. « Malgré cette décision historique en termes d’évolution du droit de l’environnement, le combat n’est pas terminé car la société GDE n’aura de cesse de rechercher une compensation financière pour un site qu’elle ne mérite pas, tant auprès des citoyens ornais que de l’État. En effet, GDE en est encore à accuser la justice, l’État, la population … la terre entière de l’empêcher d’exploiter le site de Nonant-le-Pin : GDE est décidément un exemple caricatural du déni de responsabilité qui n’est plus acceptable aujourd’hui ! Face à ce comportement, les associations qui se sont opposées à GDE n’entendent à aucun moment baisser la garde et restent pleinement mobilisées pour qu’éclatent au grand jour toutes les responsabilités qui ont permis à la société GDE de s’installer en plein cœur du Versailles du cheval. »