Le jeune champion nyquist face à son plus grand défi

Autres informations / 06.05.2016

Le jeune champion nyquist face à son plus grand défi

INTERNATIONAL

CHURCHILL DOWNS (US), SAMEDI

KENTUCKY DERBY (GR1)

Le jeune champion Nyquist face à son plus grand défi

Nyquist (Uncle Mo) a déjà battu un des mille records que les Américains ont bâti autour du Kentucky Derby (Gr1). Le poulain entraîné par Doug O’Neill a déjà amassé 3.322.600 dollars avant le Derby, soit presque le double de Snow Chief (Reflected Glory) qui, en 1986, s’était rendu au départ avec 1.719.040 dollars. Pour arriver a ce record de richesse, Nyquist a couru sept fois sans une seule défaite, il a gagné trois Groupes 1 à 2ans, dont le Breeders’ Cup Juvenile (Gr1). Nyquist a suivi un parcours un peu spécial pour un poulain entraîné en Californie : il a remporté sa préparatoire à Gulfstream Park, le Florida Derby, en touchant en plus de 589.000 dollars du premier prix ainsi qu’un bonus d’un million réservé aux chevaux achetés à la Breeze up de Fasig Tipton, sur le même hippodrome, un an avant.

Les gains de Nyquist reflètent bien sa supériorité. Il a toujours dominé ses courses, sauf à ses débuts, en juin 2015, à Santa Anita, où il a dû lutter pour garder une tête d’avance sur un certain Annie’s Candy (Twirling Candy). Il a remporté le Breeders’ Cup Juvenile en faisant le "tour du monde", ayant hérité du douze à la corde, et il s’est promené dans le Florida Derby, course qui pour beaucoup d’analystes était un Kentucky Derby avant l’heure, couru un mois avant le Gr1 de Churchill Downs. Nyquist peut gagner et rester invaincu, comme Smarty Jones (Elusive Quality) et Seattle Slew (Bold Reasoning), mais sa tâche ne sera pas facile.

Un seul doute : la tenue. Il est bel et bien le meilleur du lot, mais le Kentucky Derby est toujours une guerre. Le risque majeur pour un cheval comme Nyquist, qui court en mettant la pression sur les leaders, est de tomber dans un "speed battle", c’est-à-dire de vider son seau trop vite et trop tôt. Le jockey Mario Gutierrez a déjà gagné le Kentucky Derby pour la même casaque (Paul Reddam) et le même entraîneur (Doug O’Neill) ; il n’est pas un premier couteau, mais c’est un pilote assez froid. La seule question à laquelle Nyquist n’a pas encore répondu est celle de la tenue. Il a bien gagné à Gulfstream Park une épreuve disputée sur 1.800m, mais à un rythme sage : dans le Derby, il doit tenir 2.000m à un train d’enfer. Côté pedigree, on peut douter. Mais les champions ont la bonne habitude de casser les règles.

Exaggerator et Creator en embuscade. Les adversaires les plus dangereux sont des adeptes de la course d’attente. Exaggerator (Curlin) a bien profité du voyage en Floride de Nyquist pour gagner le Santa Anita Derby (Gr1) sur un sable détrempé par la pluie. L’entraîneur Keith Desormeaux a déjà dévoilé son plan tactique : « Je demanderai à mon frère Kent de le garder loin de la tête, comme d’habitude, et de venir comme toujours en progression dans le dernier tournant. » À Santa Anita, Exaggerator a refait beaucoup de terrain, mais il n’avait que six chevaux à doubler, alors qu’il devra cette fois remonter un peloton de vingt entités. L’Arkansas Derby (Gr1), préparatoire très importante, a fourni un autre lauréat local : le gris Creator (Tapit), un poulain ayant ouvert son palmarès à sa sixième sortie et qui ne cesse de progresser. Steven Asmussen espère remporter son premier Kentucky Derby avec lui ou Gun Runner (Candy Ride), le lauréat du Louisiana Derby (Gr1), confié au Français Florent Geroux, de plus en plus une valeur sûre, comme Julien Leparoux qui sera associé au gros outsider Oscar Nominated (Kitten’s Joy). Le poulain de Florent Geroux a tiré un bon numéro – le cinq dans les boîtes – et il a assez de vitesse pour prendre une position pas loin de la tête. Il est maniable et il tient.

Les malheureux du tirage des places à la corde. Un autre entraîneur est à la recherche de son premier Derby : il s’agit de Dale Romans. Son cheval, Brody’s Cause (Giant’s Causeway), gagnant des Blues Grass Stakes (Gr1) est peut-être assez bon, mais il a joué de malchance au tirage au sort des places à la corde et il sera obligé de s’élancer du 19. Ne parlez pas du tirage au sort à Bob Baffert, l’entraîneur qui a gagné quatre fois le Derby. Son protégé Mor Spirit (Eskendereya) est un poulain très régulier et il a peut-être la pointure de ce Derby, mais il sera obligé de partir avec le numéro 17, soit un zéro gagnant de réussite !

Côté outsiders. Todd Pletcher a déjà gagné son Kentucky Derby, mais son record (1 sur 43) n’est pas excitant. Il nous présente le gagnant du Wood Memorial (Gr1) Outwork (Uncle Mo) ainsi que le lauréat du Tampa Bay Derby (Gr2), Destin (Giant’s Causeway). Ils ne sont que des outsiders.

La famille Maktoum a essayé de gagner le Kentucky Derby une douzaine de fois, avec des résultats assez moyens. Cette année, c’est le cheikh Hamdan qui a deux partants. Le premier est Shagaf (Bernardini), décevant, mais avec des excuses, dans le Wood Memoria et entraîné par le jeune Chad Brown. Le second est Mohaymen (Tapit) : il était le favori de la course avant le Florida Derby, où il n’a pas fourni sa valeur et a eu un mauvais parcours, constamment en épaisseur. Kiaran McLaughlin a beaucoup travaillé pour redonner du poids et de la confiance au gris, qui représente un vrai point d’interrogation.

Et Lani ? Le Kentucky Derby peut aussi parler japonais avec Lani (Tapit), le gagnant du UAE Derby (Gr2). Le Japon et Yutaka Take, le jockey de Lani, n’en sont pas à leur première participation. En 1995, Ski Captain (Storm Bird) avait fini quatorzième. Lani a les moyens de faire mieux : il n’a pas problème de tenue, mais le départ est par contre son point faible et, dans un Kentucky Derby, cela peut ne pas pardonner.

Départ de la course : 0 h 34. 

Gr1, 3ans, 2.000m, 2.000.000 $