Le sport par le temps - deauville remporte la bataille des "poules

Autres informations / 17.05.2016

Le sport par le temps - deauville remporte la bataille des "poules

LE SPORT PAR LE TEMPS

Deauville remporte la bataille des "Poules"

Disputées pour la première fois de leur histoire sur les 1.600m en ligne droite de Deauville, les Poules d’Essai ont livré un verdict sans appel où la meilleure pouliche et le meilleur poulain ont gagné. Il est incontestable que cette version des Poules d’Essai a connu un grand succès, aussi bien au niveau du public qu’au niveau sportif.

1.600m ligne droite : la fin de la tombola. Les courses disputées en ligne droite ont enfin mis un terme à l’injustice des numéros de corde à laquelle nous avons pu assister pendant des années, surtout en bon terrain, lors des Poules d’Essai disputées à Longchamp. La Cressonnière (Le Havre), partie de la stalle numéro un, a remporté la Poule d’Essai des Pouliches, tandis que The Gurkha (Galileo), s’élançant de la stalle numéro onze, a remporté la version masculine. Sur une piste parfaite et un terrain jugé bon (pénétromètre 3,2, cet outil effectuant son grand retour), les courses en ligne droite jouent parfaitement leur rôle : un rythme régulier pendant les 1.000 premiers mètres, permettant de faire une première sélection, puis une phase d’accélération où les meilleurs peuvent en découdre. Comme dans les "Guinées" anglaises ou le "Jacques Le Marois" (Gr1), disputés sur la même distance en ligne droite, vous pouvez recourir la course dix fois, vous obtiendrez toujours le même résultat. Il n’y a pas d’excuse, le meilleur gagne, car ce type de course est nettement plus sélectif.

De sérieux doutes concernant les temps bruts des "Poules". Après avoir de nouveau chronométré les deux courses, on peut avoir de sérieux doutes concernant les temps bruts officiellement publiés. Il s’avère que l’écart entre les pouliches et les poulains serait de 0’’30 seconde et non 0’’97 seconde, ce qui paraît infime, certes, mais donne un écart de deux longueurs en faveur des pouliches, et non de cinq longueurs… À noter que nos amis anglais abondent eux aussi en ce sens. Les pouliches auraient donc parcouru les 1.600m en 1’35’’70 et non en 1’36’’00. Du côté des mâles, l’erreur est encore plus importante, le temps brut serait de 1’36’’00 et non de 1’36’’97. Du coup, en l'absence de marque sur la piste, les temps partiels publiés deviennent douteux. Les deux cents derniers mètres de la Poule d’Essai des Poulains, parcourus en 11’’18 par The Gurkha, sont probablement faux, une marque indiquerait plutôt 11’’80. Concernant la phase d’accélération, la seule section fiable paraît être celle des derniers six cents mètres, à condition de corriger le temps brut.

La preuve la plus flagrante. Lorsque l’on observe les temps partiels de la Poule d’Essai des Poulains, le temps officiel de la section des six cents mètres aux quatre cents mètres indique 11’’34, puis 12’’45 des quatre cents mètres aux deux cents mètres, et enfin 11’’18 de deux cents mètres à l’arrivée. Cette information est forcément erronée. Vous ne pouvez pas avoir un cheval qui accélère fortement en fin de parcours pendant deux cents mètres (17,64 m/s) puis décélère pendant les deux cents mètres suivants (16,06 m/s.), pour réaccélérer de plus belle pour finir (17,90 m/s)… Ces partiels indiquent clairement un dysfonctionnement des cellules chronométriques. Il suffit d’observer la vidéo de la fin de la course pour s’en apercevoir.

À l’heure où France Galop a fait un pas en avant sur la transparence en publiant enfin l’état réel du terrain par le biais du pénétromètre, il est largement temps de mettre en place un système de tracking fiable, ne serait-ce que pour éviter d’être la risée de nos voisins anglais...

La Cressonnière en acier trempé. Gagnante à l’âge de 2ans sur tous les types de terrain, corde à droite ou gauche, mais aussi en ligne droite sur quatre hippodromes différents, La Cressonnière demeure invaincue en remportant la sixième course de sa carrière, la Poule d’Essai des Pouliches (Gr1). Son expérience et sa maniabilité ainsi que sa longue phase d’accélération, des atouts essentiels sur ce type de parcours, lui ont permis de s’imposer brillamment, officiellement en 1’36’’00, et ce par une longueur (personnellement en 1’35’70). Elle permet à Jean-Claude Rouget de remporter sa troisième Poule d’Essai des Pouliches consécutive, et au tandem Gérard Augustin Normand & Antonio Caro de signer en l’espace de trois ans un doublé dans cette épreuve.

La Cressonnière est bien sortie de sa stalle, dans une course rythmée dès le départ, les six cents premiers mètres sont franchis en 37’’16 sous l’impulsion de Positive Vibration. La marque des 1.000m est à son tour franchie sur un rythme très régulier en 60’’95. C’est dans les six cents derniers mètres, franchis en 34’’45, que La Cressonnière s’impose à la manière des forts.

The Gurkha, un ovni venu d’Irlande. La génération des milers de 3ans en France cherche encore un leader. La brillante victoire par cinq longueurs et demie de The Gurkha, qui restait sur un succès dans un maiden à Navan, a quelque peu surpris. Le fils de Galileo remporte la course en 1’36’’97, soit un temps officiel brut supérieur de près d’une seconde par rapport aux pouliches. Le pointage vidéo de la course opterait plutôt pour un temps brut de 1’36’’00. Sur cette base plus plausible, une longueur et demie sépare La Cressonnière de The Gurkha. C’est dans les premiers six cents mètres de la course que cet écart s’est produit, en raison de l’absence de leader. À ce moment du parcours, La Cressonnière devance The Gurkha d’environ six longueurs.  The Gurkha franchit les six cents derniers mètres sur un très bon temps de 33’’80. Finalement, il réalise une très belle performance, balayant une opposition qui s’est révélée décevante.

(tableau)

Évidemment, tous ces chiffres sont à prendre avec les réserves qui s’imposent...