Le sport par le temps - il faudra compter sur l’accélération de mekhtaal dans le prix du jockey club

Autres informations / 24.05.2016

Le sport par le temps - il faudra compter sur l’accélération de mekhtaal dans le prix du jockey club

LE SPORT PAR LE TEMPS

Il faudra compter sur l’accélération de Mekhtaal dans le Prix du Jockey Club

Mekhtaal XX (Sea the Stars) avait gagné le 12 mars dans un style prometteur pour ses premiers pas. Grâce à une belle accélération, dans ce maiden en terrain lourd, il avait parcouru les 2.000m de Saint-Cloud en 2’18’’34. Le poulain d’Al Shaqab Racing a ensuite clairement laissé ses nombreux supporters sur leur faim dans une course B. Sur 2.000m, à Maisons-Laffitte, il n’avait pu finir mieux que deuxième. Sa prestation sur 2.000m, en bon terrain, dans le Prix Hocquart (Gr2), était très attendue. Le 15 mai, à Deauville, on allait enfin savoir si Mekhtaal était capable de valider les espoirs placés en lui au début de la saison.

Photo : La victoire de Mekhtaal dans le Prix Hocquart

Par Bruno Barbereau, éditorialiste à Jour de Galop et animateur de Horse Racing Chrono

https://twitter.com/HorseRacingChro

Une position stratégique. Dans une course partie sur un rythme lent – 1.000m en 1’07’’29 – Mekhtaal s’est aussitôt porté en tête. Cette position est idéale en bon terrain avec une lice à 0 mètre. Il a fallu attendre le poteau des 1.400m, franchi à un rythme toujours modéré (1’33’’30), pour que l’allure s’accélère enfin. Les hostilités se sont alors lancées. Dans ce type de course, la position au moment de l’accélération est une option pour la victoire. En effet, la sélection n’a pas eu lieu dans la phase d’early pace et tous les concurrents sont encore capables d’accélérer. Si le cheval de tête possède une bonne accélération, espérer refaire son retard devient tout simplement impossible. Le même scénario avait eu lieu trente minutes plus tôt lors de la victoire de Craven’s Legend (Invincible Spirit).

Photo : Mekhtaal

Une vitesse en plus. C’est dans les six cents derniers mètres que Mekhtaal a fait parler sa brillante accélération, alignant successivement trois fractions de deux cents mètres en 12’’03 ; 10’’70 ; 11’’00, soit deux cents mètres en 33’’73. Il gagne sans un coup de cravache et l’on peut penser qu’il aurait pu nettement descendre en dessous des 11’’00 dans les deux cents derniers mètres. Le poulain franchit la ligne d’arrivée de façon relâchée et l’emporte de six longueurs en 2’07’’03. Son temps brut est supérieur de plus de deux secondes par rapport au standard. Mais cette donnée est logique si l’on considère le rythme de la course dans les premières sections. Il faudra aller plus vite dans le French derby, mais Mekhtaal possède une accélération dévastatrice qui peut faire la différence.

Photo : L’arrivée du Pour Moi Coolmore Prix Saint-Alary

Mekhtaal face aux filles. Le "Saint-Alary" (Gr1) et le "Hocquart" (Gr2) se sont disputés à vingt-quatre heures d’intervalle dans les mêmes conditions de terrain. Il est intéressant de comparer les sections des deux courses.

Au niveau du temps brut, Mekhtaal devance clairement les deux premières du "Saint-Alary", avec une avance de 0,90 seconde, soit près de cinq longueurs. Après 1.600m de course, Mekhtaal, Jemayel, Camprock se tiennent en quinze dixièmes de seconde, soit moins d’une longueur. C’est dans les quatre cents derniers mètres que Mekhtaal (21’’70) creuse un net écart qui aurait pu encore être plus important grâce à son accélération sur Jemayel (22’’45) et Camprock (22’’60). L’atout de Mekhtaal, c’est une forte puissance d’accélération.

Photo : Exaggerator en tête à l’arrivée des Preakness Stakes

La défaite de Nyquist ou regarder les anges tomber… Invaincu jusqu’alors en huit sorties, gagnant du Kentucky Derby 2016, Nyquist a subi la première défaite de sa carrière dans la deuxième épreuve de la Triple crown : les Preakness Stakes (Gr1, 1.900m). Ce week-end, à Pimlico, la piste en dirt était détrempée. Nyquist est très bien parti grâce à son excellente vitesse de base. Il a franchi les quatre cents premiers mètres dans un train suicidaire, en 22’’38. Il s’agit du premier quart de mile le plus rapide jamais enregistré dans cette épreuve depuis 1909, année où cette section fut officiellement enregistrée pour la première fois. À titre de comparaison, c’est le type de vitesse que vous constatez au bout de quatre cents mètres pour un sprinter de niveau Gr1 sur 1.000m, en très bon terrain et sur le turf… On l’avait déjà remarqué lors du Kentucky Derby, l’atout principal de Nyquist est sa vitesse, dès le début de course. Son talon d’Achille est sa tenue limitée, assortie d’une forte décélération en fin de parcours. Au jeu dangereux qui consiste à placer l’aiguille du compte-tour immédiatement dans la zone rouge, vous vous exposez à des défaillances. Samedi, dans les Preakness Stakes, Nyquist est allé trop loin et trop longtemps dans la zone rouge. Le poulain passe la ligne des huit cents mètres en 46’’56. Il touche la marque des trois quarts de mile sur l’excellent temps de 1’11’’97 avant de commencer à perdre du terrain.

Exaggerator ne laisse pas passer sa chance une deuxième fois. Pointé à plus de six longueurs de Nyquist après 800 mètres de course, Exaggerator a commencé à refaire son retard, faisant parler ses qualités de finisseur. Il vient prendre l’avantage à l’entrée de la ligne droite pour s’imposer de trois longueurs et demie, en 1’58’’31. Sa fin de course lors du Kentucky Derby avait laissé quelques regrets. Cette fois-ci, Exaggerator n’a pas laissé passer l’occasion de gagner un nouveau Gr1.