Jean-claude rouget : « je n’en menais pas large dans le parcours... »

Autres informations / 19.06.2016

Jean-claude rouget : « je n’en menais pas large dans le parcours... »

PRIX DE DIANE LONGINES (Gr1)

Jean-Claude Rouget : « Je n’en menais pas large dans le parcours... »

La Cressonnière a terminé en beauté le printemps classique de l’écurie de Jean-Claude Rouget. Au total, l’écurie paloise a brillé dans cinq Grs1 : la Poule d’Essai des Pouliches (La Cressonnière), Le "Saint-Alary" (Jemayel), le "Jockey Club" (Almanzor), les Coronation Stakes (Qemah XX) et le "Diane" (La Cressonnière). C’est encore plus fort qu’en 2009, année exceptionnelle pour Jean-Claude Rouget et qui l’avait vu décrocher son premier Cheval d’Or. En allant chercher La Cressonnière sur la piste, Jean-Claude Rouget a été félicité par de nombreux professionnels. La phrase du jour revient à Christophe Soumillon qui lui a lancé : « Jean-Claude, faut arrêter maintenant ! »

L’entraîneur palois avait annoncé depuis longtemps qu’il détenait dans ses boxes une génération de 3ans exceptionnelle. Tout le printemps s’est déroulé sans accroc, mais cela tient à peu de chose : comme il l’a rappelé après la course, il « n’en menait pas large... 

Jour de Galop. – Comment avez-vous vécu la course ?

Jean-Claude Rouget. – Je n’en menais pas large durant la course... La Cressonnière a toujours gagné en étant montée devant ou près de la tête. Ce que La Cressonnière fait là, en revenant d’aussi loin, est exceptionnel. C’est une "vraie vraie". Elle a tout.

C’était voulu de monter La Cressonnière aussi loin ?

Nous étions entre la chèvre et le chou, puisque La Cressonnière n’avait jamais couru sur 2.100m. Et je pense qu’on perd plus de courses qu’on en gagne quand on enferme le jockey dans les ordres. Ce n’était pas une course facile à monter et j’étais inquiet de la voir si loin dans le parcours. Mais la seule règle, c’est d’avoir un cheval détendu. C’est la seule condition pour qu’il puisse faire son effort.

Vous aviez annoncé que vos 3ans sortaient de l’ordinaire. Vous vous attendiez à une telle réussite ?

J’avais senti depuis l’an dernier que les 3ans de 2016 étaient très bons. Mais tout dépend aussi de la concurrence. En France, beaucoup d’autres entraîneurs peuvent également avoir dans leurs boxes des 3ans très bons et dans ce cas, j’aurais pu terminer deuxième ou troisième des épreuves que nous avons remportées. Je peux en avoir dix bons et cela peut ne pas suffire. Je pensais en gagner une ou deux belles cette année. Mais pas autant. Deux mille neuf avait déjà été une année extraordinaire et 2016 l’est autant. En 2009, nous avions cinq chevaux capables de gagner un Groupe. Cette année, nous en avons douze. Toutes les années ne sont pas comme ça et il faut savoir les savourer, car l’année prochaine ne sera peut-être pas aussi réussie.

Dans quel état d’esprit avez-vous abordé ce Prix de Diane ?

Ce matin, je ne pensais pas gagner. Au papier, je voyais Swiss Range et Ballydoyle comme de "vrais morceaux". Après la dernière quinzaine que nous avons vécue, on pouvait se dire que trop c’est trop, et que nous allions passer à côté du "Diane". Il suffit d’un rien pour perdre une course ou se retrouver les fesses dans le gazon. On l’a vu aujourd’hui avec Pierre-Charles Boudot qui est tombé. Pour que tout se passe bien, il faut la forme, c’est important, et nous l’avons.

Vous aviez donc quelques doutes ?

Le seul doute concernait la distance que La Cressonnière n’avait jamais abordée. Nous pensions qu’avec son pedigree, La Cressonnière le ferait. Elle l’a fait et elle est très bonne. Je remarque d’ailleurs que si l’on enlève Star of Seville, les six ou sept dernières gagnantes du "Diane" étaient invaincues. Cela n’a pas été assez évoqué, mais La Cressonnière était la seule pouliche invaincue dans cette édition.

Par rapport aux chevaux que vous avez entraînés ou vus, comment jugez-vous La Cressonnière ?

J’ai entraîné Stacelita que j’adorais. C’était une vraie gazelle. Ma référence, c’est Zarkava XX. C’est mon point de repère, ce que j’ai vu de mieux. La Cressonnière est partie pour ressembler à Zarkava. Nous verrons si elle tiendra 2.400m...

Justement, savez-vous déjà si vous allez présenter La Cressonnière dans l’"Arc" ?

Le programme, nous aurons tout le temps d’en parler. À chaud, on a tendance à annoncer des choses hâtivement. Le Havre a gagné le Prix du Jockey Club et huit jours après, un de ses tendons a fait clic-clac. Alors voyons déjà comment La Cressonnière rentre de sa course…