Aux origines de - de highest honor à silverwave… un week-end signé "o'reilly

Autres informations / 06.07.2016

Aux origines de - de highest honor à silverwave… un week-end signé "o'reilly

AUX ORIGINES DE

De Highest Honor à Silverwave… un week-end signé "O'Reilly"

Quel lien entre Silverwave (Silver Frost), Siljan's Saga (Sagamix), Al Wathna (Nayef), Sans Équivoque (Stormy River), Jimmy two Times (Kendargent), Caointiorn (Stormy River) et Dandy d'Arcis (Silver Frost) ? Ces sept chevaux, aux profils très différents, ont ajouté récemment une mention black type à leur palmarès et ils sont tous issus d’au moins un courant de sang développé par Lady O'Reilly. Cinq le sont au minimum par l’intermédiaire de Highest Honor (Kenmare).

Par Adrien Cugnasse, journaliste à Jour de Galop

Photo : Highest Honor

Sept "black types" en trois jours. Ce dimanche, Silverwave a gagné le Grand Prix de Saint-Cloud (Gr1). Siljan's Saga s’est classée troisième de la même épreuve. Une demi-heure plus tôt, Al Wathna remportait le Prix de Malleret (Gr2). La veille, Sans Équivoque s'octroyait le second accessit du Prix du Bois (Gr3). Trente minutes plus tard, Jimmy two Times a remporté le Prix de la Porte Maillot (Gr3), trois longueurs devant Caointiorn, qui monte sur la troisième marche du podium. Ce lundi, à Nantes, Dandy d'Arcis s’est classé deuxième du Derby de l'Ouest - Haras du Saz (L). Le tableau ci-dessous vous présente le lien entre ces sept sujets, l’élevage de Lady O'Reilly et Highest Honor en particulier.

Photo : Lady O'Reilly

Tableau Cheval/Lien avec l’élevage de Lady O'Reilly/Descendant de Highest Honor/Éleveur          

Photo : Pascal Bary, l’entraîneur de Highest Honor et de Silverwave

Un ton en dessous des meilleurs en course. Highest Honor est à ce jour l’étalon issu de l’élevage de Lady O'Reilly qui a le plus marqué la France hippique. Ce représentant de l’écurie Farès est né en 1983. Il a gagné l’une de ses trois sorties à 2ans, le Prix de Saint-Patrick (L). À 3ans, il a remporté le Prix Djebel (L) avant de se classer deuxième de la Poule d’Essai des Poulains et du Prix Jean Prat (Grs1). Nettement dominé dans les grands événements lors de sa deuxième saison de course, il est plutôt maltraité par les chroniques de l’époque. Mais il va pourtant continuer sa progression à 4ans en remportant le Prix d’Ispahan (Gr1). Lors de cette même saison, il s’est classé deuxième du Prix de la Forêt (Gr1). Sa carrière compte deux échecs, le Prix Maurice de Gheest et le Breeder’s Cup Mile (Grs1). Son entraîneur, Pascal Bary – qui est aussi celui de son descendant, Silverwave –, nous a expliqué : « Il était né très tard, ce qui n’a pas été un atout à 2ans. Il a été un bon 3ans et un très bon 4ans. C’était un sujet très sympa, avec un bon mental. Physiquement, il était équilibré et compact. C’était un beau poulain. Il a transmis sa générosité et son bon tempérament. Sa production s’est illustrée de 1.600 à 2.400m. C’est également un bon père de mères. Sa présence dans un pedigree est toujours appréciable. »

Photo : Alec Head

Des débuts mitigés au haras. À défaut d’avoir été une vedette en piste, Highest Honor fut tout de même un très bon cheval de course. Ses premiers pas en tant qu’étalon, à la fin des années 1980, au haras du Quesnay, ne furent pas faciles. Sa mère et sa deuxième mère n’avaient produit aucun black type en plat. De plus, sa génitrice était une sœur de Bulgakov (Pharly), un sauteur qui s’était classé deuxième du Prix Amadou et troisième du Prix Jean d’Indy. Il fallait remonter assez loin dans son pedigree pour retrouver des gagnants à haut niveau, sa troisième et sa quatrième mère étant lauréates de Gr1 outre-Atlantique. Le manque d’éclat de son pedigree et de son palmarès, accompagnés de commentaires assez mitigés pendant sa carrière dans la presse spécialisée, peuvent expliquer ses débuts hésitants au haras. Alec Head s’était exprimé en juin 2009, dans les colonnes de Jour de Galop, suite à la disparition du cheval : « Ce n’était pas un cheval de course de top-niveau, mais il a su se faire lui-même comme étalon. C’était un reproducteur exceptionnel qui faisait des chevaux solides et beaucoup de gagnants. Il n’a jamais sailli de grandes poulinières et n’a jamais eu la cote au top-niveau. Il n’était d’ailleurs pas rentré au haras comme un "top" mais comme un bon cheval. Je l’avais pris car il avait une mère par Riverman, un cheval que j’aimais beaucoup et que j’avais eu. Je disposais également d'une place cette année-là… Il est de la même génération que Bering et, avec ces deux-là, j’ai traversé un bon passage de ma vie. Highest Honor était un cheval très attachant, sans problème, qui produisait des chevaux au bon mental. Il croisait très bien avec le sang de Northern Dancer [dont il était exempt, ndlr]. Le fait qu’il soit devenu un très grand étalon est toujours une chose mystérieuse. C’est bien le mystère de la nature car c’est elle qui commande. »

Photo : Verglas, le meilleur fils d’Highest Honor

Deux fois tête de liste des étalons français. Highest Honor a fait la monte de 1988 à 2008. Petit à petit, sans avoir eu accès à une jumenterie de premier plan, il a progressé au sein du classement des étalons français. Il fut même deux fois tête de liste en France, en 1995 et en 2000 (devant Sadler’s Wells). On lui doit une soixantaine de Stakes winners. Highest Honor a donné six lauréats de Gr1, Admise (Oak Tree Turf Championship), Medaaly (Racing Post Trophy), Rêve d’Oscar (Prix Saint-Alary), Sagacity (Critérium de Saint-Cloud), Dédication (Prix de la Forêt) et Marotta (Prix Saint Alary). Le sire du Quesnay, dont le harem n’a dépassé les 60 juments qu’à huit reprises en vingt et une saisons de monte, est aussi le géniteur de Verglas (2e des Irish 2.000 Guineas), certainement son meilleur fils au haras, étant lui-même père de trois lauréats de Gr1. À son tour, Silver Frost (Verglas) – lui aussi élève de Lady O'Reilly – a donné un lauréat de Gr1 avec Silverwave. Le pedigree de Silver Frost, qui fait la monte au haras de la Hêtraie, est très marqué par les courants de sang "O'Reilly" (en orange dans son pedigree, les chevaux issus de cet élevage). Stormy River, également issu de Verglas, officie quant à lui au haras de Saint-Arnoult. C’est le frère utérin de Silverwave. Leur mère, Miss Bio (River Mist), a produit de manière exceptionnelle, donnant cinq black types sur sept poulains ayant couru. Ce week-end, Stormy River a étoffé son palmarès grâce à Sans Équivoque et Caointiorn. Highest Honor s’est aussi distingué en tant que père de mère. On lui doit les génitrices de Bethrah (Irish 1.000 Guineas), Cavalryman (Grand Prix de Paris, Grosser Preis von Baden, Gran Premio del Jockey Club), Vahorimix (Jacques Le Marois,  Poule d'Essai des Poulains), Vettori (Poule d'Essai des Poulains)…

 

De Lawman à Al Wathna. Le premier achat de Chryss Goulandris date de la fin des années 1970. Depuis cette date, Lady O'Reilly a développé un élevage de très haut niveau, en Europe et aux États-Unis, sous plusieurs appellations, comme le haras de la Louvière, l'écurie Skymarc Farm, Castlemartin Stud et Petra Bloostock Agency. Al Wathna, la lauréate du Prix de Malleret, est issue d’une souche développée depuis cinq générations par la famille Goulandris. C’est Constantin Goulandris, l’oncle de Lady O'Reilly, qui a acheté la jument fondatrice, Lighted Glory (Nijinsky) alors qu’elle était foal. Cette élève de Clairbone Farm s’est classée deuxième du Prix Saint-Alary (Gr1). Elle est à l’origine de Lights Out (Prix Jean de Chaudenay, Gr2), L'Amour de ma Vie (Balanchine Stakes, Gr2), Light the Light (Prix de Pomone, Gr2), Lawman (Prix du Jockey Club & Prix Jean Prat, Grs1), Latice (Prix de Diane, Gr1) et Satri (Prix du Palais Royal, Gr3).

Photo : La victoire de Lawman dans le Prix du Jockey Club

Tableau - Les lauréats marquants de Gr1 élevés ou coélevés par Lady O'Reilly (*)