Battre un record… et ensuite ?

Autres informations / 11.07.2016

Battre un record… et ensuite ?

AU CŒUR DE L’ACTUALITÉ

Battre un record… et ensuite ?

Zelzal (Sea the Stars) a pulvérisé le record du Prix Jean Prat (Gr1), mais aussi celui du parcours, ce dimanche à Chantilly. Le précédent temps de référence pour cette épreuve était celui de Turtle Bowl (Dyhim Diamond), lauréat en 2005. Ce dernier avait ensuite mis presque onze mois à réapparaître en compétition. Battre un record est-il pour autant synonyme de mise en péril du potentiel du lauréat ?

Photo : Turtle Bowl avait mis beaucoup de temps à refaire surface après avoir battu le record dans le Prix Jean Prat

Le Grand Prix de Paris de Scorpion et de Montmartre. Suite à la victoire de Zelzal, son entraîneur, Jean-Claude Rouget, a expliqué : « Sa force, c’est son accélération. Le temps de la course est très bon. Ils ont battu le record, mais je n’aime pas trop cela. Cela laisse des traces. Et puis je me souviens toujours de l’édition de la Poule d’Essai des Poulains remportée par Victory Note. Ils avaient battu le record et les chevaux n’ont pas répété ensuite... Pour l’instant, nous allons réfléchir concernant le programme de Zelzal. Nous verrons comment il rentre de sa course. » Les exemples de chevaux ayant battu des records en se mettant dans le rouge ne manquent pas. Ce mercredi, Saint-Cloud accueille le Juddmonte Grand-Prix de Paris (Gr1) 2016. Depuis que l’épreuve se court sur 2.400m, deux éditions ont laissé des traces. En 2005, Scorpion (Montjeu) s’est imposé en 2’24’’30. Il a été revu deux mois plus tard en compétition. Desideratum (Darshaan), le deuxième, et Plea Bargain (Machiavellian), le quatrième, n’ont pas été revus en course. Orion Star (Sternkoenig), le troisième, a été absent des pistes pendant plus d’un an. Sans battre le record de l’épreuve, Montmartre (Montjeu) a réalisé un très bon temps en 2008, en 2’26’’20. Cette performance, réalisée en bon terrain et sous une forte chaleur, avait propulsé le représentant de Son Altesse l’Aga Khan comme favori de l’"Arc de Triomphe" (devant Zarkava qui avait gagné le Prix de Diane). Montmartre n’a plus jamais été revu en épreuve publique après cette victoire. Prospect Wells (Sadler’s Wells), le deuxième, a été absent pendant deux mois, avant d’enchaîner quatre sorties infructueuses. Magadan (High Chaparral), le troisième, n’a pas paru en compétition pendant neuf mois.

Photo : La victoire de Flotilla dans la Poule d’Essai des Pouliches

La "Poule" de Flotilla. En 2013, Flotilla (Mizzen Mast) a établi le nouveau temps de référence en bon terrain dans la Poule d’Essai des Pouliches (Gr1), en 1’34’’77. Elle n’a ensuite plus répété cette valeur. Ésotérique XX (Danehill Dancer), sa dauphine, a eu besoin de douze mois avant de retrouver son niveau de performance. Dans la Poule d’Essai des Poulains (Gr1) 1998, celle évoquée par Jean-Claude Rouget, Victory Note (Fairy King) a battu le record précédent en 1’34’’50. Il a été "transparent" lors des trois dernières sorties de sa carrière.

Photo : Trêve détient le record du Prix de Diane

Le contre-exemple des "Diane" de Trêve et Zarkava. En 2008, Zarkava XX (Zamindar) avait remporté une grand édition du Prix de Diane. Elle établissait un nouveau record, avant de remporter les Qatar Prix Vermeille et de l’Arc de Triomphe (Grs1). Sa dauphine, Gagnoa (Sadler’s Wells), s’est ensuite classée troisième des Darley Irish Oaks (Gr1). La championne Goldikova (Anabaa), qui était troisième de cette édition du Prix de Diane, a ensuite gagné le Prix du Haras de Fresnay-le-Buffard - Jacques Le Marois (Gr1) de six longueurs en 2009. Elle battait alors le record de l’épreuve devant Aqlaam (Oasis Dream), lauréat le mois suivant du Prix du Moulin de Longchamp (Gr1). En 2009, Arcano (Oasis Dream) a signé le meilleur temps de l’histoire du Darley Prix Morny (Gr1). Si ses deux sorties suivantes ont été décevantes, après un an d’absence, les battus ont ensuite réalisé de grandes choses : Special Duty (Hennessy) et Canford Cliffs (Tagula) ont tous les deux gagné cinq Grs1.

Pour battre le record d’un Gr1, il faut nécessairement un bon cheval. Mais pour sortir indemne d’une telle performance, il faut avoir des moyens peu communs, souvent ceux d’un galopeur hors norme, comme Zarkava, Trêve ou Goldikova.

Photo : Le Prix Jacques Le Marois de Goldikova