Christian aubry : « faire découvrir les courses à travers l’hippodrome de josselin. »

Autres informations / 19.07.2016

Christian aubry : « faire découvrir les courses à travers l’hippodrome de josselin. »

LES HIPPODROMES DE VACANCES

Nous vous proposons de partir à la rencontre des présidents de sociétés de courses dites « de vacances. » Ces hippodromes, qui accueillent de une à quatre réunions par an, organisent au moins une journée de courses pendant les mois d’été. Ces associations sont en première ligne des profondes mutations de notre modèle économique et industriel. Leur existence, aux quatre coins du territoire, a façonné le paysage hippique français et leur pérennité est un véritable défi.

JOSSELIN

Christian Aubry : « Faire découvrir les courses à travers l’hippodrome de Josselin. »

L’hippodrome de Josselin est à un kilomètre de la cité médiévale éponyme, dans le Morbihan. Au pied de l’abbaye de Saint-Jean-des-Prés, il occupe quatorze hectares dans un cadre bucolique. Une réunion par an est organisée sur cet hippodrome pluridisciplinaire. Cette unique journée de courses aura lieu cette année le 14 août. Pour Jour de Galop, Christian Aubry, le président, revient sur le fonctionnement et les évolutions de cet hippodrome.

Jour de GalopPouvez-vous nous parler de votre hippodrome, de sa création et de son histoire ?

Christian Aubry - L’hippodrome de Josselin fêtera son soixante-septième anniversaire le 14 août prochain. Il se situe à Saint-Jean-des-Prés, sur les terres du château de Josselin. Plus précisément à la place des anciennes fermes. C’est un endroit magique, car au fond de l’hippodrome se situent les anciennes dépendances du château qui sont aujourd’hui des maisons d’habitation. L’hippodrome est bordé par le bois du château. Les personnes qui viennent à Josselin disent que c’est un cadre bucolique. Jusqu’à l’année dernière, il était présidé par le duc de Rohan, le propriétaire du château. Atteint par la limite d’âge, il m’a laissé sa place.

Quelles sont les caractéristiques de votre hippodrome ?

Nous avons seulement une journée annuelle de courses. On y court au trot attelé, en plat et sur les obstacles. Par tradition, les courses se courent le week-end avant le 15 août. Cette année, ce sera le 14 août. Il y aura quatre courses de trot attelé (dont une épreuve réservée aux amateurs), deux de plat et deux steeples ainsi qu’une course de poneys.

Quelle est la répartition entre les courses de galop et de trot ?

Durant notre journée de courses, nous essayons d’alterner les trois disciplines.

Pourquoi avoir une réunion estivale ?

La date est ancestrale. Mais le fait qu’elle soit durant le mois d’août, lors de la présence de touristes, nous aide à avoir plus de monde. Ainsi, nous comptons deux mille entrées. En termes d’entrées payantes, nous en avons entre 1.100 et 1.200.

Comment faites-vous pour attirer les spectateurs sur votre hippodrome ?

Nous avons la fête des courses organisée par la Fédération de l’Ouest. Grâce à cela, nous proposons des activités telles que des balades à poneys, du grimage et des jeux pour enfants. Nous avons aussi une grande campagne de communication, avec de l’affichage et de la publicité dans les journaux locaux comme régionaux (avec Ouest France, par exemple). La ville compte 2.500 habitants, donc nous comptons aussi sur le bouche-à-oreille.

Combien de personnes s’occupent de l’hippodrome, avant et pendant la réunion ?

L’hippodrome n’est tenu que par des bénévoles qui font un travail formidable. De mars à septembre, ce sont une quinzaine de bénévoles qui travaillent tous les lundis. Cela représente quatre mille heures de travail. Il faut entretenir les pistes et les obstacles pour les professionnels. Ainsi, cette année, nous avons refait le brook. Pendant la journée de courses, nous pouvons compter sur une centaine de bénévoles. Ce jour-là, ils font un travail remarquable. Sans eux, cette journée ne pourrait pas exister. J’aurais envie de citer M. Camille Tanguy. Cela fait plus de cinquante ans qu’il est bénévole à Josselin. Il a été secrétaire et est maintenant notre trésorier.

Pour un hippodrome qui n’est utilisé qu’une fois par an, quel est le plus grand défi à relever pour qu’il continue d’exister année après année ?

Nous avons l’habitude de nous baser sur quatre choses importantes. La première est l’accueil du public. C’est une journée festive, ludique. Les gens doivent se sentir bien à Josselin. Deuxièmement, nous devons donner aux professionnels une piste et des obstacles parfaits. Certaines personnes regrettent même qu’il n’y ait pas d’autres journées de courses. Troisièmement, la sécurité doit être garantie, pour le public comme pour les personnes s’occupant des chevaux. Et enfin, les bénévoles sont la base de notre hippodrome.

Avez-vous une anecdote à raconter, quelque chose qui vous a marqué ?

En décembre 2013, notre hippodrome a été détruit, sinistré. Nous avions deux mètres d’eau sur les pistes. Grâce au travail acharné des bénévoles, il a été quand même possible de courir en août. Pour une note plus positive, ce qui me plaît est de voir des personnes étrangères aux courses de chevaux se rendre sur notre hippodrome, car elles sont en vacances dans les environs. Faire découvrir ce monde particulier à travers l’hippodrome de Josselin est une chose merveilleuse.