Le pmu prépare son "e-avenir

Autres informations / 05.07.2016

Le pmu prépare son "e-avenir

ACA

Le PMU prépare son "e-avenir"

Du 30 juin au 2 juillet, le PMU était partenaire du salon Viva Technology à Paris, nouveau grand rendez-vous international des start-up sur le sol français. Le directeur général délégué du PMU nous explique comment l’opérateur de paris construit des opportunités de croissance reposant sur les nouvelles technologies.

PHOTO : Alain Resplandy-Bernard

Jour de Galop. – Vous êtes le partenaire du salon Viva Technology pour le gaming. Comment le PMU gère-t-il au quotidien la question de l’innovation technologique et numérique ?

Alain Resplandy-Bernard. – Nous travaillons depuis un moment sur les innovations avec Xavier Hürstel et toutes les équipes du PMU, tout en échangeant avec nos administrateurs. Tous les collaborateurs du PMU doivent se sentir concernés. C’est pourquoi nous avons créé un réseau social interne, sur lequel tout le monde peut poster ses idées. Depuis son lancement, cent cinquante idées ont été postées. Le principe ensuite est de les analyser assez rapidement, puis de mettre les meilleures en phase de test. Par exemple, nous testons actuellement l’idée d’un de nos salariés : il s’agit d’un système d’enceintes directionnelles implantées dans un point de vente PMU du 1er arrondissement de Paris. Elles permettent au titulaire de laisser le son d’Equidia allumé toute la journée… mais ce son n’est perceptible que pour les personnes qui se placent devant la télévision. Quand on se tient à distance de cette "douche sonore", on n’entend pas Equidia. C’est une innovation très intéressante pour nos points de vente. De plus, permettre à tous de s’exprimer est un excellent moyen pour motiver les équipes.

PHOTOS : Au PMU Lab, les conférences se sont enchaînées

Le petit journal publié par le PMU pendant l’événement

Comment choisissez-vous vos futurs prestataires ?

Nous sommes à la recherche de start-up qui ont envie de travailler sur nos problématiques, sans pour autant nous placer en investisseurs dans ces jeunes entreprises. Je préfère laisser la start-up gagner de l’argent et en gagner avec elle, plutôt que d’essayer de mettre la main sur cette start-up. On voit trop souvent des grands groupes qui, en rachetant une petite structure, en réduisent la vivacité créative et industrielle.

Nous avons observé ce qu’a fait William Hill en 2015, qui a posé de très larges questions aux start-up avant de choisir, parmi les réponses qui lui ont été apportées, la solution qui l’intéressait. Ainsi, lorsqu’on nous a proposé d’être partenaires de Viva Technology, nous avons tout de suite accepté car la puissance de Publicis et des Echos nous permettait d’élargir notre champ de recherche parmi les start-up. Nous avons ouvert six challenges (*) et nous avons reçu 153 réponses émanant de start-up issues de quatorze pays. Sur l’addiction au jeu, je craignais que nous ayons peu de candidats, mais même sur ce sujet, nous avons eu plusieurs propositions.

PHOTO League of Legends PMU

Vous avez aussi organisé une compétition de e-sport, le League of Legends PMU Challenge. Pourquoi être présent dans ce domaine, assez éloigné du sport hippique ?

Le e-sport est un phénomène colossal, en très forte progression. En France, une grande compétition peut remplir Bercy… et en Allemagne, où c’est plus développé encore, les organisateurs quittent les "arenas" comme Bercy pour migrer vers de grands stades, tant la demande du public est importante. Le législateur n’a pas encore ouvert la possibilité de parier sur les e-sports mais un jour, ce sera sans doute le cas. Le e-sport est sans doute le poker de demain. C’est pourquoi nous nous devions de répondre présent sur ce terrain. D’autres innovations, comme le baby-foot connecté, fonctionnent également très bien. Et nous avons encore beaucoup de projets sur le plus long terme.

(*) Inventer l’expérience client dans les enceintes sportives ; écrire l’avenir en points de vente ; faciliter les transactions ; prévenir l’addiction au jeu ; sports et datas ; imaginer les jeux de demain.

Deux exemples d’innovations invitées à Viva par le PMU

PHOTO : Julien Galvez et Bruce Vibert de WeFan

Plusieurs dizaines de start-up, en rapport avec le gaming, le sport ou le sport hippique, avaient été invitées par le PMU sur le salon Viva Technology. L’occasion pour chacune d’entre elles de rencontrer de futurs investisseurs, partenaires et/ou clients, mais aussi d’échanger entre jeunes pousses. Parmi elles, nous en avons choisi deux, qui innovent dans deux domaines très différents : WeFan travaille sur la stimulation des fans dans les enceintes sportives et en dehors ; et Arioneo a construit un système de tracking des chevaux très perfectionné adapté à l’entraînement.

PHOTOS : L’équipe de foot sur l’application WeFan

L’écran envahi par les fumigènes sur WeFan

WeFan : l’émotion du stade, comme si vous y étiez. WeFan est une application smartphone gratuite qui vous permet d’interagir avec vos amis ou avec une population plus large de fans pendant un événement sportif. Grâce à WeFan on peut, devant sa télévision, faire tout ce que l’on peut faire dans un stade : lancer une ola, siffler un joueur, faire des commentaires… On peut même lancer un fumigène, qui apparaîtra sur le téléphone de vos amis connectés en direct ! On peut aussi noter les joueurs… et regarder les notes mises par l’ensemble des fans du réseau. Pour l’instant, l’application tourne sur le football, mais l’idée de ses créateurs est de l’étendre à d’autres sports, par exemple aux courses. Dans un avenir, les développeurs de WeFan imaginent même de greffer des solutions de e-commerce pour pouvoir proposer du pari en live.

Arioneo : un outil révolutionnaire pour assister les entraîneurs.

Arioneo est encore en phase de test et ne sera disponible que début 2017, mais on en salive d’avance ! La société a en effet développé un petit boitier portatif, à fixer sur la sangle du cheval lors de ses travaux du matin. Ce boitier permet de mesurer un très grand nombre de données : cardio, respiratoires, vitesse, amplitude de foulée, axe de poussée, vitesse de récupération, etc. Mais surtout, l’utilisateur – l’entraîneur – peut préprogrammer des éléments extérieurs (dénivelé, type de piste, état du terrain, météo…) qui vont lui permettre de pondérer les données récupérées. Cela est rendu possible par la triple expertise de cette jeune société française en matière d’objets connectés, d’algorithmes et de logiciels.