Télécharger l'édition du jour
Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Tribune libre -  lettre à france galop et programme de redressement du président de france galop , par françois corda, propriétaire

Autres informations / 18.07.2016

Tribune libre - lettre à france galop et programme de redressement du président de france galop , par françois corda, propriétaire

TRIBUNE LIBRE

Lettre à France Galop et programme de redressement du président de France galop

Par François Corda, propriétaire

« J'ai découvert Olivia Saelens, propriétaire, éleveuse, joueuse, passionnée et angoissée qui est venue s'installer en Pays d'Auge par sa lettre à France Galop parue dans l'édition du 11 juillet 2016 de JDG. Elle a un cheval à l'entraînement chez un entraîneur avec un petit effectif, Édouard Thueux. Sa lettre est révélatrice de la déconvenue des petits propriétaires qui investissent sur les chevaux de course au galop. Son cheval court à Deauville, un jour de semaine, le vendredi dans la 8e course. Elle fait la constatation de la désertification de l'hippodrome au "Jardin des propriétaires" en juillet et note l'absence des spectateurs sur nos hippodromes avec les prix dissuasifs des entrées. Elle fait référence à l'excellent article d’Éric Blaisse qui revendiquait la gratuité sur l'hippodrome les jours de grandes réunions pour les repeupler de parieurs turfistes ! Elle fait aussi référence à l'article fondateur de Mayeul Caire dans JDG qui prône l'association retour du public et paris hippiques. Elle regrette le budget consacré à l'hélicoptère qui filme bruyamment les courses! Elle supplie avec justesse nos dirigeants d'investir dans la publicité et d'attirer les familles avec leurs enfants sur nos hippodromes! Elle milite pour la survie des courses ! La lecture de l’introduction de l'interview du président de France Galop, Édouard de Rothschild, dans JDG du 13 juillet, n'a pas dû lui redonner le moral lorsqu'il explique que, dès la fin de l'année 2018, « le galop sera peut-être à sec » (!) après les pertes de 2015 de 45 millions et de 33 millions en 2016.

Quand JDG demande au président les mesures qu'il propose, il répond que  « c'est le PMU qui est en panne stratégique (…) avec la baisse des paris hippiques dans le réseau ». Le président  compte sur la conjoncture générale de la reprise économique en France et une nouvelle négociation avec l'État... sur la redéfinition de la politique des jeux en France pouvant aller jusqu’à l’abandon de tous les monopoles. Le PMU répond avec l'arrivée du Digital, omniprésent sur le nouveau Longchamp pour faciliter la prise de paris... Mais pour réussir ce challenge, il faudra faire revenir les parieurs et surtout éduquer les nouveaux parieurs car ce n'est pas facile de jouer sur les bornes des hippodromes lorsque vous êtes néophyte.

France Galop va faire une première économie de 1,8 millions : arrêt du galop à Enghien et non remplacement au siège de France Galop des prochains départs. Le président va instaurer une nouvelle politique d'achat. Il indique qu’il y aura une mise en commun de moyens entre les hippodromes de France Galop et une nouvelle adaptation des moyens des centres d'entraînement de Maisons-Laffitte et de Chantilly.

L'objectif étant d'atteindre 10 millions d'euros d'économies par an... Ce qui est bien mais ne permettra pas à France Galop de retrouver l'équilibre de ses comptes au rythme actuel des pertes annuelles ! La refonte du calendrier et du programme des courses contribuera à augmenter le nombre de partants dans les courses pour relancer les paris hippiques du PMU. D’abord pour les chevaux de 2ans, puis les 3ans en 2017. La réduction du nombre de courses de 2ans au deuxième semestre 2016 répondra à la réduction des effectifs avec 15 courses de 2ans en moins à Paris et 10 courses de moins en régions.

Comme propriétaire, nous comprenons, en filigrane, que ce sont les allocations qui baisseront progressivement pour faire face au déficit chronique prévisionnel annuel de France Galop.

La dette à rembourser par France Galop pour le nouveau Longchamp viendra s’ajouter avec son budget de 130 millions. France Galop n'a pas encore attiré de sponsor majeur à Longchamp comme les nouveaux stades du Football en France si bien préparés pour l'Euro 2016. Heureusement, les grands événements demeurent les piliers fondateurs de l'Institution hippique comme Ascot, Epsom et Newmarket le démontrent chaque année avec des centaines de milliers de spectateurs et des prises de paris dans tout le Royaume-Uni. Alors, nous avons l’espoir que nos dirigeants investiront sur un grand meeting fondateur pour lancer le nouveau Longchamp en 2018 ! Notre nouveau président reste optimiste, mais il lui faudra mettre en place un programme complet de redressement pour redonner confiance à Olivia Saelens ! »