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Jour de Galop

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Un colloque pour une meilleure intégration des équidés dans la politique agricole

Autres informations / 19.07.2016

Un colloque pour une meilleure intégration des équidés dans la politique agricole

Un colloque pour une meilleure intégration des équidés dans la politique agricole

Les équidés sont des animaux de rente à caractère agricole. Ils sont légalement reconnus comme tels et les personnes qui travaillent dans le milieu ont un statut agricole. Et pourtant, cet état de fait est régulièrement remis en cause par la société civile et les entreprises de la filière cheval ne bénéficient que partiellement des dispositifs de la politique agricole. SAF agr’iDées, un think tank du monde agricole, a organisé le 2 juin 2016 une journée consacrée à la filière équine, intitulée « Mieux intégrer les équidés dans la politique agricole ».

D’animal de rente à animal de compagnie. Patrick Ferrère, délégué général du think tank SAF-agriculteurs de France, a rappelé en ouverture du colloque : « Les équidés ont perdu une part de leur qualification d’animaux de rente pour celle d’animaux de compagnie. La consommation de la viande de cheval a par exemple énormément décliné au cours des cinquante dernières années. En 2014, 17.000 chevaux ont été abattus en France, contre 3,2 millions de gros bovins. L’Union Européenne a entériné cette évolution dans certains de ses textes et décisions. Cela se retrouve dans le contenu de la politique agricole commune et dans les dispositions fiscales relatives aux équidés. Pourtant, les équidés sont profondément liés au monde agricole. Il y a l’histoire, mais il y a aussi la réalité du monde d’aujourd’hui. SAF agr'iDées, en sa qualité de laboratoire d’idées, s’est trouvé être un lieu adéquat pour rappeler la nécessité de mieux intégrer les équidés dans les dispositifs de la politique agricole. »

Dissocier éleveur professionnel et éleveur amateur ? Thierry Sodoir, étalonnier, président du C.E.E.P. et du G.E.S.C.A., était le grand témoin de ce colloque. Il a expliqué : « Nous avons besoin des éleveurs qui n’ont qu’une ou deux juments. Ces gens-là font vivre notre filière. On se doit de les respecter, mais dans le même temps il est nécessaire de savoir qui sont les professionnels. Pour continuer dans la dynamique du mouvement agricole, il faut définir qui est agriculteur ou non. Cela ne veut pas dire pour autant qu’il faut les exclure. » Magali Bogaert, chargée de mission pour la FNCC, a précisé : « Le mot cheval est absent des règlements en faveur des agriculteurs dans le cadre de la politique agricole commune (…) On est dans le flou au niveau du premier pilier (…) Pour le deuxième pilier, c’est au cas par cas, en fonction des régions. » Jean Lesne, polyculteur-éleveur dans le nord de la France et ancien président des Haras nationaux, a précisé : « Nous avons besoin d’être représentés, les éleveurs équins ne sont pas suffisamment défendus (…) Les politiques doivent pouvoir faire la différence entre les vrais professionnels et les amateurs pour que les demandes de la filière puissent être prises en considération (…) Il faut aussi décloisonner le monde du cheval, sortir de l’entre soi (…) Nous devons être présents dans les instances, même au niveau local, en faisant par exemple partie du conseil municipal de sa commune. »