Le sport par le temps - signs of blessing, un succès au plus haut niveau qui en appelle d’autres

Autres informations / 09.08.2016

Le sport par le temps - signs of blessing, un succès au plus haut niveau qui en appelle d’autres

LE SPORT PAR LE TEMPS

Signs of Blessing, un succès au plus haut niveau qui en appelle d’autres

Signs of Blessing (Invincible Spirit) a remporté ce dimanche le Prix Maurice de Gheest (Gr1). Il s’agit de sa première victoire au plus haut niveau. Après avoir contrôlé la course dès le départ, il s’est imposé à la manière des forts d'une longueur et un quart, dans un temps brut de 1’16’’74. Désormais âgé de 5ans, le protégé de François Rohaut a atteint le sommet de son art.

Par Bruno Barbereau, éditorialiste à Jour de Galop et animateur de Horse Racing Chrono

https://twitter.com/HorseRacingChro

Photo : Signs of Blessing a nettement dominé le "Maurice de Gheest"

Un temps brut décevant… Comme lors du Prix Rothschild (Gr1) la semaine passée, le temps brut de la course peut paraître, au premier abord, décevant. On est loin du record de la piste et de l’épreuve, 1’14’’33, détenu par Moonlight Cloud (Invincible Spirit) depuis 2013. Mais cette année-là, l’état de la piste était bien différent. Sur cette base, plus de quinze longueurs auraient séparé Moonlight Cloud de Signs of Blessing. Il faut se rendre à l’évidence. Bien que le terrain soit officiellement bon, ce qui est concevable du point de vue du pénétromètre, la surface de la piste peut être considérée comme "dead".  Son état dégradé ne sera donc pas propice à la vitesse et ce sera sûrement le cas également pour le reste du mois d’août. Les 1’16’’74 réalisés par Signs of Blessing – soit près d’une seconde en dessous du Par Time –, sont donc très satisfaisants.

Une performance mémorable dans le "Sigy" 2014. Du point de vue chronométrique, Signs of Blessing avait envoyé un signal fort le 16 avril 2014. Lors de sa victoire dans le Prix Sigy (L), sur les 1.200m en ligne droite de Chantilly, il avait signé l’excellent temps brut de 1’07’’87. L’accélération n’était pas en reste. Il parcourait en effet les quatre cents derniers mètres en 22’’03. Cette performance est à l’heure actuelle la meilleure en termes de pace et de speed sur les 1.200m de Chantilly, en bon terrain. Fort de ce record, il pouvait avoir de légitimes ambitions au niveau Groupe.

Photo : L’édition 2014 du Prix Sigy

2016, l’année du renouveau. Bien que ponctuée de places au niveau des Groupes, "l’après Sigy" fut globalement très en dessous du potentiel qu’avait laissé entrevoir Signs of Blessing lors de sa victoire au niveau Listed. En mars 2016, après castration, le fils d’Invincible Spirit effectue une rentrée. Il n’a pas été revu en piste depuis six mois. Son retour à lieu dans une course A, sur les 1.300m de la P.S.F. de Chantilly. Plus fort que jamais, il remporte la course de cinq longueurs et demie, pulvérisant l’ancien record de la piste de près d'une seconde en 1’15’’56. Après avoir assumé le poids de l’épreuve dès le départ – impulsant un excellent rythme –, il parvient à boucler les quatre cents derniers mètres de manière relâchée en 22’’99. Sur cette performance, le cheval a clairement franchi un nouveau palier qui lui permet d’avoir de gros espoirs au plus haut niveau. On peut à ce moment penser avoir trouvé le successeur du très bon Marchand d’Or (Marchand de Sable). C’est au mois de juin, dans les Diamond Jubilee Stakes (Gr1, 1.200m), que Signs of Blessing entre définitivement dans le cercle restreint des sprinters de très haut niveau. À Royal Ascot, il a décroché une très bonne troisième place. Dans cette course, il n’a échoué que de cinq centièmes de seconde pour la victoire, après avoir supporté le poids de la course. Signs of Blessing a donné longtemps l’impression de pouvoir l’emporter.

Une tactique gagnante. Dimanche, dans le "Maurice de Gheest", Signs of Blessing n’a pas changé la tactique qui lui a souvent réussi : prendre le train à son compte et user ses adversaires sur un rythme élevé. Bien sorti de sa stalle de départ, il s’est immédiatement placé en tête, durcissant la course. Seuls les 200 derniers mètres montrent une légère décélération qui tendrait à penser que le cheval avait atteint la limite de sa distance.

TABLEAU                    

Photo : Signs of Blessing