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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Jean-Jacques Taieb : « Je prends les choses à cœur »

Courses / 30.09.2016

Jean-Jacques Taieb : « Je prends les choses à cœur »

Patron d’un restaurant dans le 8e arrondissement de Paris, Jean-Jacques Taieb est aussi manager de Hspirit, la société de son ami d’enfance Jean-Michel Hégésippe, fondateur notamment d’Outremer Telecom. Silverwave (Silver Frost) défendra, dans le Prix de l’Arc de Triomphe, les couleurs roses, étoiles blanches, de cette jeune écurie, représentée pour la troisième année consécutive dans la plus grande course du monde. Il s’est confié à nous à quelques jours de ce rendez-vous majeur.

 

Jour de Galop. – Comment avez-vous rencontré Jean-Michel Hégésippe et comment êtes-vous devenu le manager de son écurie ?

Jean-Jacques Taieb. – Jean-Michel est un ami d’enfance. Sans prétention, je crois pouvoir dire que c’est moi qui lui ai mis le pied à l’étrier dans le monde des courses ! J’ai toujours été passionné par les courses et par cet animal magnifique qu’est le pur-sang. Mes parents m’ont emmené tout jeune sur les hippodromes, et j’ai eu mon premier cheval de course à dix-neuf ans… J’étais associé avec des amis, car j’aime partager les émotions que l’on ressent aux courses. Avec Jean-Michel, on ne parlait pas de courses… Il y a une dizaine d’années cependant, il m’a accompagné à Longchamp, alors que j’avais un partant, en association avec David Salabi et Philippe Druon. Nous avons gagné et il a partagé notre joie. Il a souhaité s’impliquer et s’est associé avec nous, sur cinq ou six chevaux…

 

De simple associé, il est devenu propriétaire à part entière… Pourquoi cette évolution ?

Nos associés du départ ont souhaité voler de leurs propres ailes, tenter quelque chose de leur côté. Jean-Michel a souhaité investir de façon plus importante et, en 2012, nous avons eu notre premier partant avec Satanicjim. C’est sa société à lui, je n’ai aucune part dedans. Moi, je joue le rôle de manager. J’achète les chevaux, je gère l’écurie au quotidien, je suis en contact permanent avec les entraîneurs, je vais aux courses… Jean-Michel est moins présent sur les hippodromes, car il est très pris par ses affaires, mais il suit tout cela de très près. Nous sommes d’ailleurs allés ensemble à l’un des derniers travaux de Silverwave avant le Prix Foy. C’était un moment privilégié, au petit matin, avec une lumière fantastique sur la piste des Aigles. C’est aussi cela qui me plaît… Il n’était pas à Chantilly pour le Prix Foy mais il y sera dimanche, bien sûr !

 

On vous voit toujours très ému avec les victoires des chevaux de Hspirit. Est-ce la même émotion que si c’était les vôtres ?

Oui, je suis toujours très ému, car je prends les choses à cœur. Il y a ce mélange d’amitié forte et de volonté farouche de réussir… Jean-Michel a investi beaucoup d’argent, je crois même que c’est l’un des propriétaires français qui a investi le plus ces dernières années dans des yearlings avec de très beaux pedigrees. Et il m’a accordé sa confiance. J’essaie de faire au mieux pour que cela se passe bien. Et se retrouver pour la troisième année consécutive au départ de l’Arc, face à des casaques si prestigieuses, c’est un rêve ! Nous savons qu’il est très dur de tomber sur un bon cheval, même en investissant de grosses sommes, car il y a un facteur chance important. Jean-Michel a été courageux d’investir autant d’argent, et le retour qu’il a aujourd’hui est totalement mérité.

 

Vous dirigez également un restaurant, rue de Penthièvre à Paris, le J.J. Comment arrivez-vous à tout mener de front ?

J’ai créé mon établissement il y a une quinzaine d’années. C’est beaucoup de travail, évidemment, mais maintenant, cela tourne bien. Nous avons une clientèle de quartier, mais aussi pas mal d’étrangers et des gens des courses ! Je me souviens notamment que cet hiver, le propriétaire de Mongolian Saturday est venu dîner. Quand il a vu les photos de courses au mur, il a sorti son portable et m’a montré la victoire de son cheval dans le Breeders’ Cup Sprint. Nous avons sympathisé et sommes convenus de nous retrouver à Hongkong, dans le cas où Silverwave irait y courir. Cela ne s’est pas fait, mais nous sommes restés en contact !