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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Institution / Ventes - Élevage / 27.09.2016

Tour des haras – haras du Lieu des Champs

HARAS DU LIEU DES CHAMPS

Richard Powell

14140 Coupesarte

Richard Powell a repris en 2013 le haras du Lieu des Champs, qui était précédemment dirigé par son père, David Powell. Entre Lisieux et Falaise, cette structure a élevé des lauréats au meilleur niveau en plat et en obstacle : Pennekamp (triple vainqueur de Gr1 dont les 2.000 Guinées), Nasr El Arab (quadruple gagnant de Gr1), Gravières (Santa Ana Handicap, Gr1), Milord Thomas, Blue Dragon, Still Loving You Le haras du Lieu des Champs est également un vendeur reconnu sur le marché de Deauville.

1) TERRE D'ÉLEVAGE

Jour de Galop. – Êtes-vous plutôt étalon, poulinière ou yearling ?

Richard Powell. – Actuellement poulinière. Elle est au cœur du cycle d’élevage et de sélection. Tout se fait par rapport à elle.

Barn ou paddock ?

Idéalement un maximum dehors. J’aime pouvoir travailler dans l’extensif, avoir une surface largement suffisante par cheval pour élever en plein air, puisque la vocation première des chevaux est de manger de l’herbe. C’est comme cela qu’ils profitent et qu’ils se valorisent de façon optimale.

Bai, alezan ou gris ?

Bai. J’ai tendance à me dire qu’on a un peu moins de soucis avec les bais. Les alezans, surtout en obstacle, sont parfois un peu boudés – par erreur – dans le commerce. Les gris sont en sous-nombre.

Pedigree ou modèle ?

Modèle. Le physique d’une jument doit me plaire d’abord, et peu importe son pedigree. C’est ma priorité.

Vitesse ou tenue ?

Plutôt tenue. Il est plus facile de ramener de la vitesse avec l’étalon que le contraire. Quand on essaie d’apporter de la tenue dans une souche maternelle de vitesse, on ne sait jamais sur quoi on peut tomber.

L'éleveur qui vous a le plus marqué ?

Il y en a deux, à la fois dans leur politique, dans leur manière d’élever et pour leur apport à l’élevage français. Le premier, c’est Alec Head. Pour moi, c’est une superstar parce qu’il a excellé dans tous les domaines : comme jockey, comme entraîneur et comme éleveur. Il a fait énormément pour la reconnaissance de l’élevage français au niveau international. Et ensuite, par rapport à sa vision de l’élevage, quelqu’un que j’aimais beaucoup à l’époque, et qui a fait de très grandes choses aux États-Unis, c’est John Gaines, le créateur de Gainesway. Il a été un grand importateur d’étalons français comme Lyphard ou Trempolino. Très tôt, il avait compris l’importance de rapporter du sang européen aux États-Unis pour diversifier et améliorer ses souches. Et il a aussi été un des créateurs, avec Alec Head également, des championnats Breeders’ Cup.

Le métier que vous auriez fait si vous n'aviez pas été éleveur ?

Vétérinaire ! J’ai travaillé pour beaucoup de vétérinaires et ce que j’aime, c’est que mes chevaux se portent bien. Même vétérinaire dans un zoo, cela ne m’aurait pas déplu : la variété doit être formidable. Pour moi, le bien-être de l’animal prime avant tout.

Le conseil que vous donneriez à un ami souhaitant se lancer dans l'élevage ?

« Ta patience sera récompensée et tu seras content de l’avoir fait. » L’élevage, c’est de la passion et de la patience.

Votre première mesure si vous deveniez président du Syndicat des éleveurs ?

Promouvoir l’élevage auprès du grand public. Pour l’instant, je ne leur jette pas la pierre, mais les responsables de l’Institution recherchent d’abord des joueurs et c’est vrai que l’on en a besoin. France Galop cherche aussi des propriétaires. Mais nous vivons une désertification des personnes qui veulent faire de l’élevage. Il faut faire comprendre que l’élevage est un vecteur d’emplois très important, que l’on n’est pas juste là pour faire grossir des bêtes. Nous sommes là aussi pour optimiser la chance de chaque individu, et pour tenter de finir avec des étoiles plein les yeux !

Votre lieu préféré à Deauville ?

Clairefontaine, un hippodrome très familial, où je ne crains pas d’emmener mes enfants pour passer du temps avec eux, comme on irait dans un parc d’attractions. On arrive à allier le plaisir de venir voir les chevaux, de profiter des amis et des enfants. Et c’est un site remarquable.

Votre adresse secrète en Normandie ?

J’aime bien faire un tour à Cambremer, notamment au festival des AO.C. J’espère à l’avenir pouvoir participer à la course de caisse à savon de Cambremer ! (rires) Mais il faut que j’aie le temps de bricoler un bon kart… On cherche tous de l’authenticité et ce village en a gardé, tout en étant très dynamique. Généralement, quand j’ai des clients étrangers, je les emmène là-bas. Il y a deux très bons restaurants : Le Petit normand et Les Saisons. Et, juste en face, une épicerie fine extraordinaire, avec pâtés, saucissons, fromages… L’endroit est chaleureux, les gens sont sympas, c’est très bien pensé pour le tourisme.

2) CHAMP DE COURSES

Turf ou P.S.F. ?

Turf. Sans hésitation.

Ligne droite ou parcours avec tournant ?

J’aime bien les lignes droites. Une bonne ligne droite 1.600m Deauville, c’est sympa. Franchement, les avis étaient unanimes cette année : laissez-nous les Poules d’Essai à Deauville ! La course a été limpide. L’hippodrome est fait pour ça. Ç'a été une révélation pour tout le monde. Au départ, c’était du dépannage, mais à présent, c’est devenu une évidence.

Longchamp ou Deauville ?

Je suis Normand…

Sprinter, miler, classique ou stayer ?

Classique. La sélection, pour moi, se fait sur 2.400m.

Prix de l'Arc de Triomphe ou Prix Morny ?

L’Arc, l’Arc, l’Arc et l’Arc.

Votre pur-sang favori dans l'histoire des courses ?

Ce n’est pas un pur-sang ! C’est un AQPS : Blue Dragon. C’est le cheval qui m’a fait le plus vibrer et qui a fait vibrer beaucoup de gens. Certes, je manque un peu de recul par rapport à lui puisqu’il a été élevé ici. Mais quand on le voyait galoper… Pour moi, Blue Dragon représente un accomplissement et un avenir. J’aurais pu dire Zarkava. Ou Arazi, qui nous avait tous époustouflés dans le Breeders’ Cup. Le Gold Cup de Long Run, aussi, c’était incroyable. Mais je reste sur Blue Dragon et sur le travail d’équipe qui a permis d’amener le cheval à un tel niveau.

Entraîneur ?

Je vais citer un entraîneur qui a été polyvalent et qui a été un maître d’apprentissage pour beaucoup d’entraîneurs. Vous en avez d’ailleurs parlé récemment dans Jour de Galop : c’est André Adèle. Il a été au top-niveau en plat et en obstacle. Après, au niveau international, il y en a un autre qui m’a vraiment épaté et qui a lui aussi formé beaucoup de gens, c’est Angel Penna. Il a été tête de liste dans trois pays différents [Argentine, Venezuela et France, ndlr], avec une philosophie des courses qui était assez intéressante. Mon père, qui était très proche de lui, lui avait un jour demandé : « Comment fait-on pour être tête de liste dans chaque pays que l’on visite ? » Angel Penna avait répondu : « Il faut regarder ce que font les autres… et s’adapter ! » Répondre ce genre de choses alors que l’on est le meilleur, c’est assez paradoxal, mais il avait raison : on apprend bien en observant.

Jockey ?

Lester Piggott. Il a apporté une certaine manière de monter et j’aimais son aura internationale. Il a été l’un des premiers Européens à voyager dans le monde entier. J’aimais aussi Cash Asmussen. Et Pat Day aux États-Unis. Mais dans cinquante ans, de qui parlera-t-on encore ? De Lester Piggott.

Casaque ?

L’Aga Khan. C’est une casaque qui, historiquement, fait rêver. Elle a fait rêver, elle fait rêver et va continuer à faire rêver. Elle a été là, elle est là et elle sera toujours là.

La dernière émotion que vous avez ressentie sur un champ de courses ?

Le "Grand Steeple" de So French. Avant le coup, pour un 5ans, ce n’était pas fait. Comme le cheval avait eu une bleime dans le pied avant le "Murat" et n’avait pas pu le courir, il a finalement disputé le "Grand Steeple". Ç'a été une course pas facile, mais le cheval a gagné ! Comme quoi l’entraîneur et le manager ont raison de tenter des paris, parfois.

Votre première mesure si vous deveniez président de France Galop ?

Réformer complètement le programme. Pour retrouver un programme comme on en a connu dans les années 1970-1980. Avec des vraies courses de sélection et des engagements logiques sur toutes les distances et dans toutes les catégories. Si on veut retrouver une certaine aura, il faut déjà que le programme soit logique. Il l’était ; il ne l’est plus.

3) JARDIN SECRET

Votre mot préféré dans la langue française ?

Le rêve. C'est la base pour un éleveur passionné.

Sans rêve, il ne peut pas avancer.

On se lève tôt le matin afin de s'occuper des chevaux pour accomplir son rêve.

Vacances,

La proximité de Pau et des stations de ski des Pyrénées, ça permet de revoir les copains durant le meeting...

Le rêve que vous n'avez pas encore accompli ?

Gagner l’"Arc". Mais je me donne ma carrière entière pour le faire ! J’aimerais le remporter une fois dans ma vie. Vraiment, je ne veux pas mourir avant de gagner l’"Arc" ! (rires)

Votre plus grande qualité ?

Le perfectionnisme.

Votre plus grand défaut ?

Même réponse. Perfectionniste ou casse-pieds, c’est une question de contexte ! (rires) Parlez-en à ma femme !

La qualité que vous préférez chez les autres ?

L’honnêteté. Quand quelque chose ne me plaît pas, je le dis toujours, tout de suite. Je préfère percer l’abcès.

Votre devise ou citation préférée ?

« Pourquoi remettre à demain ce qui peut être fait le jour-même ? »

Votre plat ou vin favori ?

Le veau Orloff. C'était une spécialité de ma grand-tante et Hélène l'a remis au goût du jour. C’est ma femme qui le cuisine. Moi, à part cuire des pâtes ou réchauffer une pizza, je ne sais pas faire grand chose... Je suis juste très au point pour le barbecue, surtout pour cuire une côte de bœuf de race normande avec de la fleur de sel !

Votre porte-bonheur ou objet fétiche ?

Mon épouse, Hélène. Elle ne m’a apporté que des bonnes choses et a toujours été mon premier soutien.

Vacances : mer, montagne ou campagne ?

Sports d’hiver. Vivifiant. Décompression. Ski. Grand air. La campagne, je suis en plein dedans ; la mer je ne suis pas loin ; donc ce qui me change vraiment, c’est la montagne. Je suis plutôt Pyrénées d’ailleurs. La proximité de Pau et des stations de ski des Pyrénées, ça permet de revoir les copains durant le meeting...

Votre peintre, chanteur ou écrivain favori ?

Le peintre anglais George Stubbs. Il a été précurseur dans les études d’anatomie du cheval, et même des animaux en général. Stubbs est encore une référence aujourd’hui.

En quel animal /végétal aimeriez-vous vous réincarner ?

Un chat dans un haras. Il est tranquille et il profite du luxe de vivre dans un haras ; mais lui, c’est sans travailler ! (rires)

 

Les yearlings de la vente d’août

Lot       sexe     Origines

144      F          Intello & Vizinga

272      M        Planteur & Parisian Princess

283      M        Siyouni & Question

 

Les yearlings v.2

Lot       sexe     Origines

453      M        Bahamian Bounty & Scarlet Buttons

487      M        Orpen & Anna Deesse