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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Courses / 22.09.2016

Tribune libre – souvenirs d’enfance – par jacques le dantec

TRIBUNE LIBRE Souvenirs d'enfance Par Jacques Le Dantec, président de l'Association des propriétaires permis d'entraîner. « Suite à la parution des deux tribunes libres contradictoires concernant les courses de Rochefort-sur-Loire, des souvenirs jaillissent de ma mémoire. Enfant, mes sorties dominicales à la belle saison avaient pour décor les "petits" hippodromes de Bretagne : Loudéac à Pâques, Guingamp à l'Ascension, Rostrenen à la Pentecôte, Carhaix au tracé de piste phonétiquement éponyme... et tant d’autres, dont certains disparus. La 11 CV familiale nous emmenait sur les champs de courses pour une après-midi de fête. C'est à cette époque que j'ai contracté ma "maladie", ma passion – sans laquelle, aujourd'hui, je ne serais pas impliqué dans l’Institution – grâce aux hippodromes de l’Ouest qui fleurent bon la traditionnelle "galette-saucisse". Face à un souci impératif d’économie, certains ont pensé fermer des hippodromes et plus particulièrement les plus modestes. Mais supprimer les petits hippodromes, pour réduire le déficit, procède plus du syllogisme que de la dialectique comptable. En effet, sacrifier sur l’autel de la récession nos petits champs de courses est une hérésie. Ce sont ceux qui coûtent le moins à l'Institution et qui drainent des milliers de spectateurs à chaque réunion. En termes de fréquentation, on est loin des hippodromes parisiens désertés (hormis quelques réunions de prestige)... Et en terme de coût, on peut imaginer à combien reviendra l'organisation d'UNE journée à Longchamp (hors allocations) quand on inclura l'amortissement des investissements en cours sur la durée du bail, sans oublier la coquette somme annuelle allouée à la mairie de Paris... On dépassera le million d'euros ? Amputer le maillage de nos petits hippodromes provinciaux, c'est abattre un pan de l'économie locale induite. C'est gaspiller l'argent du contribuable, car beaucoup de ces sociétés ont bénéficié d'aides des collectivités territoriales – notamment pour se mettre aux normes –, c'est supprimer le lien vivant et affectif entre le jeu (dont on a tant besoin) et le spectacle des courses ; celui qui pourvoit au renouvellement des bénévoles suscite des vocations et génère la passion. Notre patrimoine hippique provincial doit rester intact. C'est notre ancrage, n'en déplaise aux parisianistes grincheux. »