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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Fabrice Foucher : « Si on a les bons chevaux, il faut montrer que l’on est en mesure de gagner les bonnes courses »

Courses / 11.10.2016

Fabrice Foucher : « Si on a les bons chevaux, il faut montrer que l’on est en mesure de gagner les bonnes courses »

 

L’entraîneur Fabrice Foucher a remporté la première course de Groupe de sa carrière ce dimanche à Auteuil. Son protégé Ultraji (Denham Red) lui a offert le Prix Carmarthen (Gr3). Nous sommes revenus avec lui sur ce succès, sur Ultraji, mais aussi sur sa carrière d’entraîneur.

Jour de Galop. – Que représente pour vous cette première victoire de Groupe ?

Fabrice Foucher. – C’est un énorme plaisir ! Le but, lorsque vous êtes entraîneur de chevaux de course, c’est de gagner un Groupe, que ce soit en plat ou en obstacle, et d’arriver au haut niveau. Remporter un Groupe à Auteuil, c’est superbe, car il est toujours difficile de s’imposer là-bas. C’est l’aboutissement d’un long travail et nous n’avons pas tous la chance de remporter un Groupe.

Comment va Ultraji au lendemain de sa victoire dans le Prix Carmarthen ?

Il est extra. Il a bien récupéré et n’a pas été marqué par sa course. C’est un cheval dur, qui a une force intérieure incroyable. Je ne sais pas d’où cela lui vient. Il n’a pas un gros modèle, mais c’est un beau cheval. Auparavant, j’ai eu un autre fils de Denham Red qui était un peu comme lui. Il s’agit d’Un de Sceaux. Ce sont des chevaux qui ont une grande force intérieure, ils sont volontaires. Depuis que nous avons récupéré Ultraji, il a franchi les paliers. Nous avons pris notre temps avec lui, et à chaque course, on note une progression de sa part. Il est de mieux en mieux.

Quel sera son programme ?

Si le terrain est trop gras, il ne courra pas le Grand Prix d’Automne (Gr1) et disputera le Prix Léon Olry-Roederer (Gr2). En revanche, s’il n’y a pas d’eau, il sera au départ, en fonction de sa récupération. Quatre mille huit cents mètres en terrain lourd, cela pourrait lui faire mal car c’est un cheval volontaire. Tout dépendra donc de la météo, mais aussi de la concurrence qui viendra d’Angleterre. De plus, Alex de Larredya XX (Crillon), sur 4.800m et en terrain lourd, sera également dur à battre.

Comment est Ultraji le matin à l’entraînement ?

Ultraji est allant comme pouvait l’être Un de Sceaux. On ne peut pas aller contre lui. Il prend du rythme et est capable de le tenir. Sur ses obstacles, il s’applique. Déjà, en plat, il courait de cette manière et était dur à aller chercher. C’est un cheval tendu qui a pris de la force.

Parmi vos bons éléments, vous avez aussi Tzar de Noël (Tzar Rodney), deuxième de la Grande Course de Haies de Printemps (Gr3). Comment va-t-il ?

J’ai quatre ou cinq chevaux d’obstacle et j’ai toujours pensé que Tzar de Noël serait mon cheval pour le Grand Prix d’Automne. Il a eu une petite tendinite et j’ai de la chance d’avoir Ultraji qui est bien mieux qu’un remplaçant. C’est une grande chance d’avoir deux chevaux de ce niveau la même année. Deux mille seize se déroule bien pour nous. Nous avons gagné deux tiercés (en plat et en obstacle) et maintenant ce premier Groupe. Si on a les bons chevaux, il faut montrer que l’on est en mesure de gagner les bonnes courses. J’ai la chance d’avoir un bon personnel, on travaille dans une bonne ambiance et ma famille aime aussi les courses. C’est important et bien mieux d’aller aux courses en famille.

De quelle manière êtes-vous arrivé dans le monde des courses ?

Mon père était agriculteur. Lorsque j’avais 12 ans, il a acheté un cheval et j’ai tout de suite aimé cela. Je me suis débrouillé tout seul pour apprendre. J’ai passé mon bac, puis je me suis mis à travailler comme entraîneur. J’entraîne depuis vingt-cinq ans. Pendant une douzaine d’années, j’ai été entraîneur privé pour mon père et je suis entraîneur public depuis plus de dix ans. Nous dépassons rarement vingt-cinq chevaux à l’entraînement.

Où entraînez-vous ? Quelles sont vos installations ?

Nous sommes installés à St Michel-Chef-Chef, en Loire-Atlantique. J’ai toujours les terres de mon père. Nous avons soixante hectares, avec quelques chevaux d’élevage et vingt-cinq chevaux à l’entraînement. Nous avons plusieurs paddocks. Les chevaux sont lâchés dans les champs après le travail. Cela leur permet de garder un moral intact. S’ils sont équilibrés, ils pourront donner ce qu’ils ont à donner. À la maison, nous avons une piste en sable de huit cents mètres avec une montée. On peut travailler le fond et endurcir les chevaux. Nous avons aussi des haies. On alterne les exercices sur la piste avec la plage qui permet de finir le travail.