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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Les femmes en selle dans les courses en 15 dates clés

Courses / 23.10.2016

Les femmes en selle dans les courses en 15 dates clés

Lorsque dans les années 1930, l’idée de mettre en place des courses réservées aux femmes fit son chemin en France, c’est la préfecture de police qui "monta sur ses grands chevaux" pour cause de "crainte d’incidents". Ce dimanche, Saint-Cloud accueillait le premier Quinté réservé aux femmes. Pauline Dominois est la première lauréate du Grand Prix des femmes jockeys. En presque huit décennies, la situation a beaucoup évolué.

1939 -  Anna Lee Aldred est la première femme jockey à décrocher une licence de professionnelle aux États-Unis.

1961 -  Au début des années 1960, les femmes ne furent acceptées qu’au titre d’amateur. Le port de la casaque leur fut refusé car jugée « trop suggestive ». Lors de la première course officielle pour cavalières, en 1961 à Cagnes-sur-Mer, on suggéra aux participantes de « ne pas adresser la parole aux joueurs », de produire « l’autorisation de leur mari, le cas échéant », de s’interdire « tout maquillage et rouge à lèvres » et de « ne pas laisser flotter leurs cheveux ». Micheline Leurson était en selle. Elle fut l’une des pionnières de la féminisation, à cheval mais également en tant que commissaire. Elle a gagné douze titres chez les cavalières, ce qui constitue un record.

1984 - Darie Boutboul est la première femme à remporter une course support du tiercé, le Prix de la Plaisance. Elle montait Abdonski (Bolkonski).

1988 - Béatrice Marie, en selle sur Goodea (Goodland), remporte la Grande Course de Haies d’Auteuil.

1993 - Julie Krone  s’impose dans les Belmont Stakes (Gr1) avec Colonial Affair (Pleasant Colony).

1995 - Helen Johansson est la première femme à remporter le Prix d’Amérique, avec Ina Scot.

1997 & 1998 - Anne-Sophie Madeleine et Mon Romain (Nerio), réalisent un doublé dans le Grand Prix d’Automne (Gr1)

2003 -  Julie Krone remporte le Breeders’s Cup Juvenile Fillies (Gr1) avec Halfbridled (Undbridled).

2004 -  Nathalie Desoutter s’impose dans le Prix Héros XII (Gr3) en selle sur Kario de Sormain (Gunboat Diplomacy). Ce tandem a aussi remporté le Prix Georges Courtois (Gr2) la même année. Au trot, Nathalie Henry a multiplié les succès dans les Groupes en 2004, décrochant notamment le Prix du Président de la République (Gr1) avec Migraine (Alligator).

2006 -  Création d’un programme réservé aux femmes par France Galop.

2011Hayley Turner gagne le July Cup (Gr1) avec Dream Ahead (Diktat).

2012 -  Jadey Pietrasiewicz (Néerlandaise) remporte le Prix Dragon (Gr2 PA) sur Poulain Kossack (Nougatin) à Longchamp (sous le nez d'Olivier Peslier). À cette époque, Jadey courait comme cavalière amateur, depuis elle est passée professionnelle.

2015 - Le 27 juillet, Amélie Foulon, 22 ans, décroche son 70e succès. En selle sur Elliptique (New Approach), elle remporte le Grand Prix de Vichy (Gr3). Il s’agit de la première victoire d’une femme dans un Groupe en plat chez les pur-sang anglais en France.

2016 - Pauline Dominois remporte le premier Grand Prix des Femmes Jockeys en selle sur Djiguite (Makfi).

 

Pauline Dominois : « Une super bonne idée »

Pauline Dominois restera dans l’histoire des courses hippiques comme la toute première à avoir remporté un Quinté réservé aux femmes-jockeys. Cette première édition a été dans l’ensemble une jolie réussite et cette initiative mérite d’être renouvelée assez régulièrement. Dans l’équitation, la femme a été l’avenir du cheval et qui sait si elle ne pourrait pas donner un coup de pouce à une filière hippique cherchant un nouveau public. L’initiative a en tout cas atteint les médias généralistes, comme par exemple France Info, qui a interrogé Nathalie Desoutter sur cet événement. Pauline Dominois nous a déclaré : « C’est une super bonne idée qu’a eue France Galop et je suis très heureuse de m’être imposée. Je crois que les femmes jockeys ont besoin d’un petit coup de pouce et il y a ce sujet autour d’une éventuelle décharge en course. Nous avons une façon d’aborder l’animal qui est peut-être parfois moins brutale que les hommes, on nous les confie aussi pour leur redonner du moral. Les femmes sont désormais très présentes dans le milieu du cheval : à l’Afasec, le matin, sur les pistes d’entraînement, dans les centres équestres… Il est temps de faire bouger les choses. »