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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Le propriétariat au cœur des préoccupations des autorités hippiques internationales

Institution / Ventes - International / 03.10.2016

Le propriétariat au cœur des préoccupations des autorités hippiques internationales

À LA 50e CONFÉRENCE INTERNATIONALE DES AUTORITÉS HIPPIQUES

Le propriétariat au cœur des préoccupations des autorités hippiques internationales

L’un des sujets majeurs de la 50e conférence internationale des autorités hippiques, qui a eu lieu ce lundi au siège de France Galop, concernait le propriétariat, et notamment la meilleure façon d’attirer de nouveaux investisseurs. Olivier Delloye était l’un des deux orateurs sur ce sujet, en compagnie de Barry Irwin, directeur du syndicat américain Team Valor.

Olivier Delloye a commencé ainsi son intervention : « Recruter de nouveaux propriétaires, c’est certainement la tâche la plus difficile qu’il m’ait été donné de relever ! Il ne faut jamais oublier que les propriétaires sont les sponsors de l’industrie : des éleveurs, des entraîneurs et des jockeys. » Le directeur de France Galop a expliqué que la clé pour conserver les propriétaires était de soigner leur moral. Mais il s’agit là d’une démarche globale, de l’ensemble de l’industrie. L’Institution a son rôle à jouer, mais les éleveurs, les courtiers et les agences de vente également, ainsi que les entraîneurs, lesquels sont les mieux placés pour prendre soin des propriétaires. Oliver Delloye a insisté sur l’importance d’un effort coordonné, et des structures comme le FRBC en France sont là pour ça.

Olivier Delloye a ensuite développé son expérience, acquise à Arqana, pour recruter de nouveaux propriétaires étrangers. « Deux tiers des acheteurs de la vente d’août sont étrangers et la moitié des chevaux restent ensuite en France, a-t-il rappelé. La première chose, c’est de s’intéresser à l’attractivité de la destination que nous essayons de vendre. En France, nous sommes bien lotis, avec le montant de nos allocations, la réputation de nos entraîneurs… Il faut aussi insister sur sa singularité. Là aussi, avec des meetings comme celui de Deauville, des centres d’entraînement comme celui de Chantilly, des événements comme celui du Prix de Diane Longines ou du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, la France a de nombreux atouts. Acheter un cheval, pour un investisseur étranger, est relativement facile. Devenir propriétaire, avec tous les aspects administratifs que cela implique, est beaucoup plus difficile. Cette personne doit être chouchoutée, prise en main, et surtout ne pas être exposée à la complexité du système administratif. »

Une application en développement à destination des entraîneurs. Le directeur de France Galop a aussi insisté sur l’importance du fait que les entraîneurs communiquent avec leurs propriétaires, et ce avec les nouveaux outils technologiques. Il a même révélé : « Nous sommes en train de réfléchir au développement d’une application qui serait un outil simple pour que les entraîneurs puissent communiquer avec leurs clients : des informations basiques comme les engagements, les résultats, ou plus interactives comme des photos, des vidéos, des notes vocales… Nous travaillons sur le sujet et cette application pourrait voir le jour d’ici une année. » France Galop jouera là le rôle de facilitateur.

Les syndicats, l’avenir du propriétariat. Pour le recrutement de propriétaires français, Olivier Delloye a rappelé qu’il croit beaucoup dans la formule des syndicats, où l’on partage les risques et les coûts, mais aussi l’émotion, sans avoir besoin de gérer les aspects administratifs. Depuis leur création, les trois syndicats d’Arqana Racing Club ont recruté 79 personnes, nouvellement venues dans le monde du propriétariat.

À la suite de l’intervention d’Olivier Delloye, Barry Irwin, président fondateur du syndicat américain Team Valor International, a lui aussi vanté les qualités de cette forme de propriétariat, moins développée aux États-Unis qu’elle ne l’est en Europe, et a ironisé : « Aux États-Unis, dans le pays du capitalisme, nous sommes en fait la seule société à vendre des actions basées sur le sport et l’ambiance ! » L’Américain a insisté sur le changement d’esprit de ce nouveau genre de propriétaires : « Ils n’investissent plus pour faire sauter la banque. On investit pour passer un bon moment, on est fier du cheval et de l’écurie. Mais il ne faut pas que les hippodromes traitent ces propriétaires comme des citoyens de seconde zone. »

Enfin, Brian Kavanagh a révélé une étude récente du HRI (Horse Racing Ireland) effectuée sur des propriétaires actifs ou non. Elle révèle que le niveau des allocations n’arrive pas en premier lieu dans leurs motivations de propriétaire. C’est l’expérience qui leur est proposée sur l’hippodrome qui prédomine, notamment la manière dont ils sont traités quand ils sont sur le site.

Le bien-être du cheval, incontournable. L’autre grand sujet a concerné la vie des chevaux après les courses, notamment leur reconversion, mais aussi leur fin de vie. Les différents interlocuteurs ont insisté sur la nécessité de mener des politiques volontaristes sur ce point, non seulement parce que c’est la responsabilité de tout homme de cheval, mais aussi parce que la société n’accepte aucune dérive là-dessus. Les courses ne peuvent se passer de l’approbation du public sur la façon dont les chevaux sont traités. Elles ne doivent pas non plus avoir peur de travailler avec des organismes reconnus s’occupant du bien-être animal.

 

Une invitée de marque pour le 50e anniversaire de la conférence internationale

La princesse Haya bint Al Hussein a prononcé un discours dont le thème principal était l’importance de la collaboration entre les différentes instances en relation avec le cheval. Le partenariat entre la FIAH et la Fédération équestre internationale dans le domaine des déplacements internationaux des chevaux en est l’une des illustrations. La princesse Haya a conclu en racontant les émotions qu’elle a ressenties lorsque New Approach a remporté le Derby d’Epsom, remerciant les courses pour lui avoir fait vivre de tels moments.