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VENTE D’OCTOBRE ARQANA - Éric Hoyeau : « Le Critérium vise à dynamiser le propriétariat en France »

Institution / Ventes / 17.10.2016

VENTE D’OCTOBRE ARQANA - Éric Hoyeau : « Le Critérium vise à dynamiser le propriétariat en France »

 

 La vente d’octobre Arqana débute ce mardi avec une grande nouveauté, le Critérium de la vente d’octobre, une course pour 2ans qui aura lieu l’an prochain au cœur du week-end du Prix de l’Arc de Triomphe. Elle sera réservée aux chevaux ayant été présentés à cette vente. Éric Hoyeau explique les objectifs de cette innovation, et ses attentes pour l’édition 2016 d’une session qui n’a cessé de prendre de l’ampleur depuis 2013.

 Jour de Galop. – La grande nouveauté cette année, c’est le Critérium de la vente d’octobre. Pouvez-vous rappeler de quoi il s’agit ?

Éric Hoyeau. – Le Critérium de la vente d’octobre est une course pour poulains et pouliches de 2ans, dotée d’une allocation totale de 250.000 €, et réservée aux chevaux ayant été présentés à la vente d’octobre. La course se disputera lors du week-end du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, avec des allocations distribuées jusqu’au huitième, dont 125.000 € pour le lauréat, soit un montant équivalent à celui de nombreux Grs1. Pour être éligibles à cette course, les yearlings auront dû être inscrits par leurs vendeurs, pour un montant de 250 euros. Trois stades de confirmation de l’engagement sont prévus, pour un coût maximum de 1.000 €, sachant qu’en cas d’élimination, Arqana rembourse les frais d’engagement. Le huitième percevant une allocation de 2.500 €, l’espérance de gain est bien réelle ! En fait, il s’agit ni plus ni moins du concept de financement participatif : chacun met un peu dans le pot commun pour un gain final bien plus important. Quatre-vingt-seize pour cent des yearlings catalogués ont été inscrits au Critérium, la preuve que les vendeurs ont adhéré très naturellement à cette innovation.

Que répondez-vous aux critiques qui vous ont été faites à ce sujet, notamment celles protestant sur le fait que c’étaient les éleveurs qui devaient financer la course ?

D’abord, comme je vous l’ai dit, le pourcentage de yearlings inscrits témoigne qu’à une très large majorité, les vendeurs ont bien accueilli cette innovation. Ensuite, je rappellerai qu’Arqana finance également la course, en garantissant le montant de l’allocation, et en assurant tous les frais de promotion d’un tel événement, avant l'épreuve mais aussi le jour-même, avec un dispositif de réception conséquent. Enfin, on ne peut pas d’un côté déplorer les difficultés que la filière traverse actuellement, notamment la crise des vocations de propriétaires, et s’opposer à ce type d’initiative…

Avec quels objectifs avez-vous lancé ce Critérium, et pourquoi le faire sur la vente d’octobre ?

Le Critérium de la vente d’octobre fait partie de l’une de nos actions pour dynamiser le propriétariat en France, à l’image de ce que nous avions fait avec les Racing Clubs par exemple. Les acheteurs auront en tête qu’ils peuvent s’offrir un partant lors du week-end de l’Arc de Triomphe. D'une certaine façon, on achète une part de rêve, et c’est le rêve qui incite à acheter des yearlings. En dynamisant la demande, cela devrait permettre de mieux valoriser la production française.

Après avoir étudié ce qui se faisait à l’étranger, nous nous sommes rendu compte que ce genre de mesure fonctionnait le mieux sur le marché intermédiaire, donc, nous concernant, celui de la vente d’octobre. Elle concerne un nombre de yearlings important, avec une grande profondeur de clientèle, et un rapport très favorable entre le coût du poulain et la perspective de gains. Cela aurait eu moins de sens en août.

Revenons à la vente en elle-même. Depuis trois ans, elle enregistre un volume d’affaires aux environs de 15 millions d’euros. Pensez-vous qu’elle a encore une marge de progression ?

Pour évaluer le potentiel de progression d’une vente, il faut s’intéresser aux deux leviers à notre disposition : l’offre et la demande. Concernant l’offre, nous savons que nous sommes un peu limités dans la population de poulains correspondant aux standards de la partie 1. Néanmoins, nous avons des raisons objectives d’espérer pouvoir étoffer cette gamme à l’avenir, grâce à l’amélioration du parc étalons français et des efforts des éleveurs pour faire progresser leur jumenterie. Nous commençons à en ressentir les effets et ce n’est sans doute qu’un début. Pour ce qui est de la demande, nous faisons notre possible pour rendre l’"expérience propriétaire" en France la plus attractive possible, afin de donner envie aux investisseurs étrangers de faire exploiter sur notre sol. Le Critérium fait partie de ces actions. Finalement, je dirais que nous espérons consolider les résultats de ces dernières années.

La vente d’octobre bénéficie désormais d’une image beaucoup plus positive que celle qui était la sienne il y a une dizaine d’années. Comment l’analysez-vous ?

Si l’on revient à l’étude du chiffre d’affaires de cette vente, on se rend compte qu’elle a vécu trois phases : de 2000 à 2005, son C.A. tournait autour de 5 millions. Il est passé à 10 millions dans les années 2006 à 2012. Et depuis trois ans, nous en sommes à 15 millions. La qualité de l’offre a définitivement progressé au cours des années. La segmentation de notre marché de yearlings, mise en place en 2013, a très bien fonctionné. Nous avons réduit la partie 2 du mois d’août, pour permettre aux poulains pas encore assez matures d’être présentés sous le meilleur jour en octobre. La segmentation de l’offre, c’est trouver les bons réglages entre la population à vendre et la capacité d’absorption du marché, sachant que ces réglages doivent être affinés en fonction de l’état du marché. Vu les résultats que nous avons enregistrés depuis 2013, nous pouvons raisonnablement être satisfaits de cette segmentation. Depuis plusieurs années également, cette vente sort régulièrement de très bons gagnants : c’est un cercle vertueux. La progression de la qualité de l’offre se traduit par les résultats en course. Ces derniers sont un facteur d’attractivité de la vente pour les acheteurs. La présence de ces acheteurs donne confiance aux vendeurs qui n’hésitent pas à inscrire les yearlings correspondant parfaitement aux standards de la vente…

D’autres événements se dérouleront à Deauville la semaine prochaine. Cela concourt aussi à faire de cette vente un rendez-vous important…

Deauville devient en effet une véritable ruche lors de la semaine des ventes en octobre. Cela commence dès le lundi avec la conférence de l’Avef qui aborde des sujets d’actualité comme la maladie de Lyme et les anomalies respiratoires. On continue avec Galop Expo, un salon qui fait la part belle à l’innovation, mais aussi le mini-meeting de courses… Tout cela concourt à créer une animation constante et à donner encore plus d’attractivité à cette vente qui ne peut plus être considérée comme le parent pauvre de celle d’août.

Cette vente est aussi très prisée des pinhookers. Que viennent-ils chercher à Deauville qu’ils ne trouvent pas ailleurs ?

Les pinhookers sont en effet toujours très actifs en octobre. C’est une vente qui leur réussit bien. Nous avons mené une étude qui révèle que depuis 2006, 86 % des chevaux achetés à cette vente et présentes à notre breeze up l’année suivante ont enregistré un prix de revente supérieur à leur prix d’achat. Pour 45 % d’entre eux, la marge bénéficiaire est supérieure à 30.000 €. Ils sont séduits par le rapport qualité/prix, dans un marché caractérisé par une diversité d’acheteurs importante. Les primes propriétaires constituent un facteur d’attractivité très important également. Enfin, compte tenu des taux de conversion, ils ont aussi plutôt intérêt à acheter en euros.

LES HORAIRES

Partie 1              Mardi 18 octobre                 Vente à 11 h

Partie 2              Mercredi 19 octobre             Vente à 14 h 30

Jeudi 20 octobre                   Vente à 11 h

Vendredi 21 octobre            Vente à 11 h

LES GRANDS INDICATEURS DES ANNÉES PRÉCÉDENTES

                 Présentés             Vendus (%)                   Prix moyen                 Prix médian                C.A.

2015         551                       433 (78,58 %)               35.829 €                      25.000 €                     15.514.000 €

2014         573                       435 (75,92 %)               36.203 €                      26.000 €                     15.748.500 €

2013         543                       449 (82,69 %)               33.468 €                      25.000 €                     15.027.000 €

2012         478                       345 (72,18 %)               31.655 €                      23.000 €                     10.921.000 €

2011         551                       375 (68,06 %)               27.533 €                      20.000 €                     10.325.000 €