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Jour de Galop

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La nouvelle vie de Ludovic Gadbin

Courses - Institution / Ventes / 25.11.2016

La nouvelle vie de Ludovic Gadbin

La nouvelle vie de Ludovic Gadbin

C’est un nouveau départ que va prendre Ludovic Gadbin à partir du 9 janvier prochain : celui que l’on a connu longtemps comme bras droit d’Henri-Alex Pantall a décidé de voler de ses propres ailes. Il s’installe comme entraîneur sur l’hippodrome de Nort-sur-Erdre, un an après avoir obtenu sa licence. Il explique : « Je vais louer un barn neuf sur le centre d’entraînement de Nort-sur-Erdre. Commencer dans des installations neuves et fonctionnelles est un plus, d’autant que j’ai pu participer à la finalisation du projet. L’outil de travail me convient parfaitement ! »

Une localisation bien choisie. Ludovic Gadbin a donc choisi de rester dans sa région d’origine, et dans celle où il a appris son métier, après avoir passé une dizaine d’années au service d’Henri-Alex Pantall. « Rester dans l’Ouest répondait à une certaine logique. Les autres centres en province sont déjà très développés, et il n’y aurait pas forcément eu de la place pour un nouvel entraîneur. Nort-sur-Erdre est un centre qui a accueilli jusqu’à 350 chevaux, avec des professionnels de renom comme Roger Crossouard ou Jean Delaplace. Actuellement, 110 chevaux y sont entraînés. Nous sommes près de l’aéroport de Nantes, ce qui est un vrai plus pour accueillir les propriétaires, et également bien desservis par le réseau autoroutier, et surtout, il y a un grand nombre d’hippodromes à proximité. »

Une expérience solide. Ludovic Gadbin saute le pas, fort d’une expérience solide : « Je suis entré au service de M. Pantall en 2005. J’avais découvert le monde des courses grâce à mes grands-parents, agriculteurs, qui m’ont emmené tout jeune sur l’hippodrome de Château-Gontier. J’ai commencé à monter à poney chez Loïc Edon et sa femme Blandine. C’est lui qui m’a réellement transmis le virus des courses. Il avait un permis d’entraîner, et j’allais monter chez lui pendant les vacances. Il m’a inculqué la valeur du travail, indispensable dans la vie. Mes parents, qui étaient un peu réticents à l’idée que je fasse de ma passion mon métier, m’ont incité à faire des études. J’ai passé un bac scientifique, option biologie et agronomie, puis un BTS gestion d’entreprise à l’ESA d’Angers. J’étais en stage chez Gilles Chaignon. C’était l’époque d’Urga, des jockeys comme Raphaël Delozier, Xavier Claude, Michel Maussion ou du gentleman Philippe Brechet… J’ai beaucoup appris. J’ai complété ma formation par un stage à la clinique vétérinaire de Meslay-du-Maine. Puis je suis parti à l’étranger : Angleterre, Australie, chez David Hayes et chez Coolmore, Singapour... J’ai pu découvrir des méthodes d’entraînement différentes. »

De plus en plus de responsabilités. En 2005, quand Ludovic Gadbin décide de rentrer en France, Loïc Edon lui suggère de frapper à la porte d’Henri-Alex Pantall. « C’était, et c’est toujours, une grosse structure, avec une clientèle très diverse… Je suis arrivé comme cavalier d’entraînement, puis des responsabilités m’ont été confiées. En 2006, quand Jean-Michel Lefebvre, qui était son assistant, s’est installé, le poste était vacant. M. Pantall m’a fait confiance alors que j’étais encore jeune et je l’en remercie. Je ne l’ai jamais oublié et moi aussi, j’essaie de donner leur chance aux jeunes. Je n’ai jamais refusé un stagiaire qui se présentait à Beaupreau ! Au fil des années, le poste a évolué et j’ai pris de plus en plus de responsabilités. C’était passionnant. Il y avait l’aspect gestion du personnel (nous sommes 65), le suivi vétérinaire des chevaux, la gestion des stocks, la relation avec les propriétaires et même la presse, l’observation des chevaux au quotidien sur mon poney afin de suivre l’évolution et la préparation d’un athlète, et bien sûr aller aux courses… Plus particulièrement, j’avais aussi la responsabilité des chevaux en meeting à Cagnes. »

Le bon moment. Mais Ludovic Gadbin n’a jamais perdu de vue son idée initiale : s’installer à son compte. « Depuis que je suis entré au service d’Henri-Alex Pantall, je souhaite m’installer. J’ai pris mon temps pour le faire, désirant être bien armé pour réussir. Là, je pense que c’est le bon moment. Je me sens prêt. C’est aussi un projet familial, car mon épouse, Victoria, va pouvoir s’impliquer également dans le projet. Bien sûr, la situation financière de France Galop et les enjeux ne sont pas au beau fixe. Mais il faut regarder devant, et j’ai l’esprit d’entreprenariat chevillé au corps ! Il faut savoir prendre des risques pour provoquer la chance dont on a besoin dans ce métier. Il faut aussi avoir la passion, la persévérance, l’envie d’apprendre, l’éthique professionnelle, la curiosité, la patience et la fiabilité… Mes parents m’ont élevé dans ces valeurs, ma formation chez Loïc Edon et mes diverses expériences professionnelles m’ont permis de les développer. Je sais ce que je leur dois. »