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HISTOIRE, HISTOIRES…  -  Le Prix Georges Courtois, une consolante pour les revanchards

Courses / 26.11.2016

HISTOIRE, HISTOIRES… - Le Prix Georges Courtois, une consolante pour les revanchards

HISTOIRE, HISTOIRES…

 

Le Prix Georges Courtois, une consolante pour les revanchards

Ce dimanche, l’hippodrome d’Auteuil accueille la 68e édition du Prix Georges Courtois (Gr2). Si le Prix La Haye Jousselin est une revanche du Grand Steeple-Chase de Paris, le Georges Courtois est une "consolante" à La Haye Jousselin. Vu sa date, cette épreuve se court assez souvent sous des conditions climatiques peu clémentes. Pour mémoire, lors de trois éditions successives, de 1967 à 1969, l’épreuve avait dû être annulée, la faute à la neige, au verglas et au froid glacial.

 

Xavier Bougon a consacré toute sa vie aux courses, cultivant sa passion pour l’histoire de notre sport, en complément de ses activités professionnelles dans le cadre de l’Institution. Depuis le mois de janvier 2016, il vous propose une rubrique régulière consacrée à l’histoire des courses.

 

Les trois revanchards. Trois des cinq premiers du Prix La Haye Jousselin se retrouvent trois semaines plus tard à l’occasion de la consolante. Storm of Saintly (Saint des Saints) y participe pour la première fois, Shannon Rock (Turgeon) pour la seconde. Le 5ans Djagble (Astarabad) tentera sa chance pour la première fois.

 

Storm of Saintly sous une montagne de plomb. Le pensionnaire de Guillaume Macaire portera le poids maximum, c’est-à-dire 72 kg. En cas de succès, il rejoindrait trois autres vainqueurs aussi lourdement chargés, Al Capone (1996), Spirou (1964) et Brazza (1947), qui avait devancé d’une tête son dauphin, Rideo (Deiri) à poids égal. Rappelons qu’Al Capone (Italic) portait, lors de son premier succès en 1993, 71 kg et qu’il devançait un certain Ucello II (à l’honneur en ce dimanche) au même poids.

 

Une question d’âge ? Shannon Rock (Turgeon) et Bel La Vie (Lavirco) sont les candidats les plus âgés. Ils sont nés en 2006. Le tenant du titre, Pythagore (Kahyasi), avait 10ans lors de son succès, tout comme Oteuil (Djarvis) en 1990.

A contrario, les 5ans Djagble, Bipolaire (Fragrant Mix) et Bob and Co (Dom Alco) sont les plus jeunes. Un autre fils de Dom Alco, Vézelay (apparenté à Bipolaire et Bob and Co) est le dernier vainqueur âgé de 5ans. Rappelons qu’Al Capone avait également 5ans lors du premier de ses trois succès.

 

Le Grand Steeple et les Drags en mémoire... Deux anciens vainqueurs du Grand Steeple-Chase de Paris, Storm of Saintly et Bel La Vie, seront rangés (ou à peu près) derrière les élastiques de ce Prix Georges Courtois. Les deux protagonistes sont aussi les deux derniers vainqueurs du Prix des Drags. Pour mémoire, aucun vainqueur des Drags n’a gagné, à l’automne suivant, le Georges Courtois.

 

Un président candidat. Si les présidentiables occupent l’actualité, Auteuil aura le privilège d’accueil un président fraîchement élu. Kelthomas (Keltos), un ancien "réclamer", est le tenant du titre dans le Prix du Président de la République. Il a aussi gagné la préparatoire, le Prix Lutteur III. À ce jour, aucun vainqueur du Prix Georges Courtois n’avait remporté printemps ce gros handicap.

Valtor (Nidor) et Lachlan Bridge (Dubawi) sont deux lauréats du Prix Montgomery, la revanche automnale du Prix du Président de la République. En 1964, le pensionnaire d’André Adèle, Spirou - sous la monte de Jean-Claude Desaint au poids de 73 kg - a gagné le handicap avant de s’imposer dans le Prix Georges Courtois. En 1986, monté par Michel Chirol, l’élève de Victor Gréco, Tobol (Cupids Dew) a réalisé la même performance.

 

En hommage à Michel Postic. Nous aurons une pensée toute particulière pour Jemy Baie (Crillon), le deuxième de cette même épreuve l’an dernier. À l’époque, son propriétaire-entraîneur, Michel Postic, était encore de ce monde.

 

La réussite des demi-sang. Trois demi-sang sont au départ, dont deux 5ans. Huit "AQ" se sont imposés dont les 5 ans Ultra Rochelais (Kings Road), Al Capone, Jerico Vallis (Murmure), Rubi Ball (Network) et Vézelay.

 

Pas de femelle. Lors des cinq dernières éditions, au moins une femelle avait été déclarée partante. Cette année, aucune ne sera au départ.

 

Les Cyprès, une histoire de famille. La famille Cyprès est représentée par deux élèves, Bipolaire (élevé par Jacques et Thierry) et Bob and Co (élevé par leur sœur aînée, Michèle). Les deux poulains de 5ans sont issus de la même famille maternelle, celle de Judy (Laniste), la mère d’Ucello II (Quart de Vin). C’est aussi la famille de Vézelay qui avait formé le jumelé gagnant 2014 avec Vieux Morvan, un élève de Jacques Cyprès.

 

Jean-Paul Gallorini domine chez les entraîneurs. Shannon Rock (Turgeon) pourrait bien terminer sa carrière ce dimanche sur une victoire. Après de multiples accessits, il mériterait de partir au pré par la grande porte. Ce roc n’a plus gagné depuis novembre 2013, date de son succès dans le Prix La Haye Jousselin. Comme chacun le sait, il est entraîné par Jean-Paul Gallorini. Ce dernier détient le record de victoires dans cette épreuve : neuf succès en comptant celui de Croissant Chaud (Beaugency), le tout premier en 1981.

En 2011, Quarouso (Lavirco) devançait un autre Gallorini, Remember Rose (Insatiable). Ce jumelé gagnant fut le premier depuis celui de Bernard Sécly en 1996 avec Al Capone et Cumberland (Cyborg)

Storm of Saintly et Bel La Vie sont les deux premiers partants de Guillaume Macaire depuis 2007, l’année de la quatrième place de Moka de l’Isle (Video Rock). Le charentais ne compte qu’un seul succès, celui de Golden Flight (Saint Cyrien), en 2005, sous le poids de 71 kg. Un autre de ses pensionnaires, Kifill (Fill My Hopes), avait pris la deuxième place en 1998.

 

Le Prix de France, une préparatoire ? Dos Santos (Smadoun) nous vient tout droit des épreuves réservées aux gentlemen-riders. Monté par Maxime Denuault, il a terminé à la troisième place du Prix du Duc d’Alburquerque, avant de s’incliner face au pensionnaire de François Nicolle, Bazille (Panoramic), dans le Grand Steeple-Chase des amateurs, le Prix de France. Si aucun vainqueur de l’épreuve pour amateurs n’a encore fait le doublé avec le Prix Georges Courtois, quelques battus l’ont ensuite remporté dans le Gr2.

En 1970, les deux premiers du Prix de France sont au départ du Prix Georges Courtois. Tereda (monté par Jean-Hughes de Chevigny) et Cricri IV (monté par André Fabre) forment le jumelé gagnant de l’épreuve réservée aux gentlemen-riders. Entraîné par André Adèle, Cricri IV (Cambremer) prendra sa revanche, huit jours plus tard, laissant le pensionnaire de Noël Pelat (monté par Daniel Merle) sur la deuxième marche du podium. Le demi-sang de Georges Pelat, Rivoli (Burgos), monté par Pierre Costes, complète le trio gagnant.

Le lauréat du Prix de France 1975, De Gat (monté par l’officier Bernard Marlin), terminera, un mois plus tard, au deuxième rang du Prix Georges Courtois pour les couleurs de Robert Weill et l’entraînement de Bernard Sécly.