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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Une Assemblée générale des AQPS riche en débats

Courses / 28.11.2016

Une Assemblée générale des AQPS riche en débats

L’Association des éleveurs et propriétaires d’AQPS a tenu, dimanche dernier à Auteuil, sa 94e Assemblée générale, sous la présidence d’Hervé d’Armaillé. Ce dernier a souligné les bons résultats des chevaux de la race en France comme dans les îles anglo-britanniques, avant de laisser la parole aux différents intervenants extérieurs.

Le réveil de la stratégie du PMU. Hubert Tassin, intervenant comme administrateur du PMU, a exposé la nouvelle stratégie de l’opérateur : « Les enjeux hippiques ont enregistré une baisse de 14 % entre 2012 et 2015. Lorsque nous sommes arrivés, avec Édouard de Rothschild, en tant qu’administrateurs, nous avons senti une certaine résignation des équipes. Les résultats du plan PMU 2020 initiés par Philippe Germond étaient en deçà des objectifs… En 2016, le PMU versera 790 millions d’euros aux sociétés de courses. C’est bien loin du milliard annoncé pour 2020 par ce plan. En continuant sur cette pente, cela voudrait dire une forte baisse des allocations… Mais depuis le début de l’année, on sent un réveil de la stratégie du PMU. Un plan stratégique, réalisé avec le cabinet de conseil McKinsey, a été validé la semaine dernière. Ce plan comporte trois axes majeurs. D’abord revitaliser le cœur de métier, c’est-à-dire le pari hippique. Pour cela, il faut travailler sur le programme et le calendrier. Mc Kinsey a développé un modèle à partir de cinq années d'historique de courses premium. Ce modèle est prédictif des enjeux à 2-3 % près. Cela a permis d'identifier les variables les plus sensibles et cela doit donner des clés pour améliorer l'offre fournie aux parieurs en travaillant avec le Trot et le PMU sur le calendrier et le programme. L’étude montre aussi que le grand nombre d’hippodromes pouvant accueillir des réunions premium est un atout, alors qu’instinctivement, on aurait imaginé le contraire. Tout n’est pas noir, et l’obstacle a sa carte à jouer, puisque les recommandations sont de passer de 10 % à 14 % de courses événements sur les obstacles. Le deuxième axe concerne l’international, et plus particulièrement le rayonnement des courses françaises à l’international. Le dernier axe se rapporte aux paris sportifs, qui doivent être une porte d’entrée pour recruter de nouveaux parieurs hippiques. Si toutes ces mesures fonctionnent, l’objectif est d’arriver à un chiffre d’affaires de 900 millions en 2021. Mais cela devra être accompagné par une aide de l’État en matière de fiscalité des paris. »

Une année difficile pour France Galop, mais des équipes mobilisées. Olivier Delloye assistait à sa première Assemblée générale des AQPS en tant que directeur général de France Galop. Intervenant en toute fin de réunion, après que de nombreux sujets ont été déjà abordés, Olivier Delloye a centré son discours sur le bilan 2016 de France Galop et les perspectives pour 2017 : « Deux mille seize a d’abord été une année sans Longchamp. Le calendrier de construction de l’hippodrome est tenu, et attendre 2018 pour l’ouverture du site est une sage décision. Longchamp ne sera pas seulement la vitrine du plat. Cela sera la locomotive du galop, et un outil de promotion formidable pour notre sport. Nous avons appris à courir sans Longchamp et ce fut plutôt réussi. Je pense au week-end des Poules d’Essai à Deauville, mais aussi à l’Arc très bien organisé à Chantilly.

Le contrat signé avec le groupe TF1 est une belle avancée. Un reportage de 15 minutes en direct de l’Arc a été diffusé, avec 1,5 million de téléspectateurs. Il y a très longtemps que les courses n’avaient pas bénéficié d’une telle audience. Le Quinté quotidien, diffusé sur une chaîne gratuite, est regardé par 100.000 spectateurs. TF1 a aussi joué le jeu avec la minute hippique tous les dimanches soirs, et une quinzaine de sujets sur les courses dans les journaux du week-end, les plus vus.

Deux mille seize a aussi été une année de décisions difficile. Le produit des paris hippiques représente 90 % des recettes de France Galop. Quand il s’enrhume, c’est toute l’institution qui tousse. On s’attendait à une légère reprise, or cela s’est dégradé dans le réseau de points de vente, celui qui est le plus rentable. Sur les paris en ligne, les résultats ne sont pas franchement meilleurs, en raison notamment de l’impact de la séparation des masses. La vraie note positive réside dans la poursuite de la croissance internationale. Nos courses s’exportent bien à l’étranger, on l’a vu avec l’Arc, qui a attiré 35 millions d’euros d’enjeux au Japon. Le relais de croissance est là.

Cette année, le budget de France Galop enregistrera 33 millions d’euros de perte. Il s’agit d’un déficit insoutenable sur la durée. France Galop est engagé dans un plan d’économie pour protéger les encouragements. On agit sur beaucoup de fronts : l’organisation du travail, le marketing dont le budget va diminuer, les frais de fonctionnement… Nous visons des 10 millions d’économie par an d’ici trois ans. Il s’agit d’un effort nécessaire mais insuffisant. Même si le PMU est mobilisé avec un plan de marche que les sociétés de courses soutiennent, ces économies ne permettront pas de passer le cap. Je dresse un tableau noir, mais toutes les équipes de France Galop sont mobilisées, et pas dans un mode repli. […]

France Galop accélère sur le digital. Le nouveau site internet va sortir le 5 décembre. Suivra sa version mobile, puis la refonte du site pour les professionnels, pour le premier semestre 2017. Nous allons aussi développer l’agrément en ligne des propriétaires. Enfin, nous travaillons avec une start-up qui développe une application pour les professionnels pour mieux communiquer avec les propriétaires.

France Galop se remet aussi en question sur la construction de son calendrier et de son programme. Pour les 2ans, le premier bilan est positif. Nous comptons l’étendre pour les 3ans l’an prochain.

Deux mille dix-sept est une année électorale importante et peut-être aussi une année d’espoir pour les courses. »

 

Des ajustements nécessaires au niveau du programme et du calendrier. François Boulard, responsable des programmes plat et obstacle à France Galop, a détaillé les évolutions du calendrier 2017 : « Le travail qui a été fait s’inscrit dans un contexte difficile, avec notamment une baisse des effectifs de 3 % cette année par rapport à 2015. Il faut réduire les courses les moins productives d’enjeux, c’est-à-dire celles en dessous de 8 partants. Pour ce faire, il faut aménager le programme et le calendrier. Concernant le programme, on a commencé avec les 2ans, et nous allons poursuivre avec les 3ans l’an prochain. En obstacle, nous avons mené la même réflexion en développant un programme plus porteur, avec plus de handicaps divisés. Pour le calendrier premium et P.M.H., les mesures pour 2017 ont pour objectif un lissage de l’offre des courses dans l’année, de manière à déplacer des épreuves pendant des périodes trop chargées vers des périodes moins chargées. Ainsi, un certain nombre de courses P.M.H. seront transférées sur des hippodromes premium. Nous avons aussi demandé aux fédérations régionales de faire attention au problème de concurrence de réunions entre elle. En ce qui concerne le programme des AQPS, 23 courses P.M.H. en plat ont été supprimées en 2016. Les résultats sont positifs, avec une moyenne des partants dans les courses pour 4 et 5ans qui passe de 8,5 à 9,2. Pour 2017, nous avons prévu de déplacer la date de quelques courses pour 3ans qui ne fonctionnaient pas. Une étude est en cours sur un challenge réunissant les trois principales courses de l’automne des 3ans avec pour objectif de faire progresser le nombre de partants. Certaines courses de 4ans seront par ailleurs réouvertes aux 5ans. »

Enfin, Jean d’Indy a axé son intervention sur la fermeture d’Enghien, reprenant les arguments qu’il a déjà développés dans nos colonnes à l’issue du Conseil de l’obstacle.