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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES P.P. - La fin de l’obstacle à Enghien et les paris hippiques au centre des débats

Courses / 16.11.2016

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES P.P. - La fin de l’obstacle à Enghien et les paris hippiques au centre des débats

 

Ce dimanche à Auteuil, les P.P. – Province-Paris pour le galop français – organisaient leur Assemblée générale annuelle, en présence d'Hervé d’Armaillé, président des AQPS, Jean-Jacques Chiozzi, vice-président de l’Association des propriétaires permis d’entraîner, et Pascal Boey, président du Syndicat national des propriétaires de trotteurs.

Un bilan provisoire un an après les dernières élections. Selon Hubert Tassin, président des P.P., les effectifs sont stables, avec un peu plus de 600 adhérents. L’association se donne pour objectif de fonctionner comme boîte à idée, afin de défendre la croissance et les acteurs du galop. D’une manière plus générale, au sein de l’Union pour le galop français, les P.P. souhaitent représenter les éleveurs et les propriétaires qui jouent le jeu de la filière française. Après ce préambule, Hubert Tassin a évoqué en détail la situation actuelle de la filière course : « Après les années de croissance, de 1996 à 2012, l’augmentation de l’offre et du prélèvement a servi de relais. À présent, les paris hippiques sont entrés dans une période de décroissance et le Nouveau Longchamp a "grillé" les réserves du galop. Un plan de productivité a été présenté mais il est très incomplètement mis en œuvre. L’illusion de la relance par le marketing et les entrées payantes a été privilégiée, afin de compenser la décroissance des enjeux. Dans le même temps, on a laissé l’écart entre le trot et le galop se creuser, aussi bien au niveau du nombre de courses que du chiffre d’affaires. »

Les réformes ne vont pas assez vite. Hubert Tassin a déclaré : « On ne peut pas dire que la nouvelle équipe n’est pas à l’œuvre. Mais comme je le répète souvent au président de France Galop, il faut aller plus vite. Sur le plan de la gouvernance, les choses évoluent aussi. Le nouveau directeur, Olivier Delloye, apporte une vision neuve de la situation, mais il est tenu d’appliquer la stratégie dictée par le Conseil d’administration. La direction des ressources humaines travaille sur un plan de départ volontaire. Mais cela ne va pas assez vite. Un projet de mutualisation des moyens des hippodromes de l’Ouest parisien est en cours. En province, les sociétés de courses mettent en place la même prestation avec des effectifs beaucoup plus réduits. Avec une perte de 35 millions d’euros par an, on tient les encouragements en 2017. Mais ensuite ? Il faut trouver des solutions, ou ce sera la récession, la baisse des allocations, voire la mise sous tutelle. »

Tout miser sur le sport hippique. Pour Hubert Tassin :  « Baisser les allocations, c’est modifier l’équilibre de la filière. C’est un message négatif pour tous les acteurs et un risque de déchirement, car il faudra alors faire des choix entre recette et sélection. Dans ce contexte, on a pu sentir une forme de résignation, une panne stratégique de 2012 à 2015, mais le PMU s’est depuis réveillé. France Galop doit pleinement jouer son rôle et stimuler la création de nouvelles formes de jeu. Le PMU a demandé de l’aide au cabinet McKinsey dans l’élaboration d’un plan stratégique qui pourrait être dévoilé d’ici la fin du mois. Il ne faut pas faire mal ce que la Française des Jeux fait bien et prohiber le hasard. Il faut tout miser sur le sport hippique, sur le cheval et sur le jeu aux courses. Nous devons négocier un accord gagnant-gagnant qui répartisse mieux les prélèvements du PMU, entre la filière hippique et l’État, qui prend 62 %. »

La T.V.A. « La T.V.A va être revue à la hausse après les élections, que la droite ou la gauche passe. Bercy a encore en mémoire la réforme ratée de la T.V.A. de la restauration qui n’a pas eu les effets attendus. Plus qu’espérer être dans le taux réduit, la solution réside dans la récupération pour les propriétaires. Néanmoins, toutes les initiatives visant à obtenir un taux réduit seront soutenues. »

Auteuil et Longchamp. « Face à un Longchamp qui sera neuf, Auteuil va un peu souffrir de la comparaison. Il faut mettre cet hippodrome aux normes. » Franck Deliberos a alors annoncé la création d’un groupe de réflexion en faveur d’Auteuil, afin de trouver des idées visant à rendre l’hippodrome plus convivial et plus ouvert vers l’extérieur.

Le programme d’obstacle et la situation d’Enghien. Jean d’Indy, le vice-président de l’obstacle à France Galop, a alors pris la parole : « Il est naturel que la fin de l’obstacle à Enghien suscite des réactions vives. Je suis attaché à cet hippodrome, mais on demande au galop de faire des économies. C’est un acte important qui atteste des efforts de l’obstacle. Dès lors la discipline pourra s’exprimer haut et fort dans toutes les grandes décisions stratégiques qui concernent la filière hippique. Nous avons accepté la fin d’Enghien en ayant l’assurance d’avoir un deuxième hippodrome pour l’obstacle proche de la région parisienne. Compiègne présente plusieurs avantages, dont un bon parcours de haies et un steeple aménageable. Dans le même temps, Maisons-Laffitte est très sollicité par le plat, surtout en l’absence de Longchamp. De plus, cet hippodrome est situé en zone inondable et il aurait fallu créer des parcours. Par rapport à la répartition des courses d’Enghien en province, Compiègne présente l’avantage de pouvoir concentrer préparatoires et finales sur un même lieu, tout en n’accentuant pas le phénomène de décentralisation des effectifs qui est déjà très fort vers la province. »

Le trot attaché à la parité des prélèvements du PMU. Pascal Boey, président du Syndicat national des propriétaires de trotteurs, a expliqué : « En ce qui concerne la T.V.A., il faut se mobiliser car nous nous sommes fait endormir il y a 4 ans. » Il a regretté un manque de concertation sur la fin de l’obstacle à Enghien qui laisse le trot dans une situation un peu délicate. Il a par ailleurs demandé un retour des noms des propriétaires et éleveurs à l’arrivée des courses sur Equidia et demandé qu’une réflexion soit menée sur la répartition du fonds équitation. Pascal Boey a enfin rappelé l’attachement du président Bellaigue à la parité de la répartition entre trot et galop des prélèvements du PMU.

LES NOUVEAUX ÉLUS DU COMITÉ DES P.P.

Francis Alloncle

Agnès Audebert

Hervé d’Armaillié

Pierre Marie Charier

Olivier de La Garoullaye

Jean-Marie Plassan