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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Courses / 23.11.2016

Conseil de l’obstacle de France Galop Jean d’Indy : « Reculer aujourd'hui, c'est se condamner à ne prendre aucune mesure importante alors que la situation l'exige »

Président du Conseil de l’obstacle, Jean d’Indy est revenu sur les principaux points de la réunion du Conseil qui s’est tenue ce mardi dans les locaux de France Galop, à Boulogne-Billancourt. Au lendemain de la dernière réunion d’Enghien, Jean d’Indy a voulu rassurer les professionnels en tournant son regard vers l’avenir.

Pas de remise en cause de la fermeture d’Enghien. Lundi, à Enghien, plusieurs professionnels ont légitimement manifesté leur inquiétude quant à la perte de cet outil de travail. Mais Enghien ne devrait bel et bien plus recevoir de courses d’obstacle. Les professionnels, via les représentants des différentes associations, ont manifesté leur inquiétude quant à la capacité de Compiègne d’accueillir dès le début 2017 l’ensemble des réunions d’Enghien. « L’ordre du jour n’appelait pas à remettre en cause la fermeture de l’hippodrome d’Enghien en obstacle. L’inquiétude se portait davantage sur le fait que France Galop puisse offrir une solution acceptable pour la réouverture de l’hippodrome de Compiègne dès février-mars 2017. Les professionnels étaient légitimement inquiets : on nous a dit que Compiègne pouvait ne pas être prêt, pour des raisons de pousse du gazon par exemple et que, dans ces conditions, il fallait peut-être garder l’hippodrome d’Enghien encore six mois, pour le premier semestre 2017. Nous avons donc fait un exposé pour montrer que les courses pourront bien avoir lieu à Compiègne dès le mois de mars prochain, avec des travaux se déroulant en trois phases.

La première phase aura lieu de mars à mai. Nous utiliserons la piste existante, dont le sol n’aura pas été impacté par les travaux et qui sera donc parfaitement stabilisée. À ce moment-là, nous n’utiliserons donc pas les diagonales. Nous récupérerons ces dernières au second semestre et donc des parcours plus variés sur des pistes en état après l'été. Le plan définitif, intégrant une extension du parcours de steeple dans la ligne d'en face, sera opérationnel début 2018. Ce plan a reçu l'assentiment des membres du Conseil. »

Enghien, une balle perdue dans le dossier du Nouveau Longchamp. « Je suis bien au courant de l’existence de la pétition contre la fermeture d’Enghien, mais elle n’a pas été présentée ce mardi lors du Conseil de l’obstacle. La décision d’arrêter les courses d’obstacle à Enghien a été prise par le Conseil d’administration avant l’été ! La concertation a été largement menée. Cette pétition aurait dû arriver lorsque France Galop a accepté de fermer un hippodrome parisien pour faire le Nouveau Longchamp. Nous étions trois à ne pas vouloir signer à ce moment : moi-même, Philippe Jeanneret et Hubert Tassin. Personne ne voulait nous suivre.

Enghien était une balle perdue dans le dossier de Longchamp. L’hippodrome était en danger depuis un an. Si on ne fermait pas Enghien, quel hippodrome aurions-nous fermé ? Saint-Cloud ? Nous avons vu la mobilisation autour de cet hippodrome il y a quelques mois. Maisons-Laffitte ? Comme je l’ai expliqué à Jean-Paul Gallorini, par exemple, il y aurait eu encore plus de cris ! La fermeture d’un hippodrome est un drame et cela se ressent chez tous. Rien ne serait pire que l'indifférence. Néanmoins cela ne peut nous condamner à ne rien faire face à la situation économique du Galop. Reculer aujourd'hui, c'est se condamner à ne prendre aucune mesure importante alors que la situation l'exige. »

Arrêter l’obstacle à Enghien va-t-il satisfaire les Tutelles ? Le Nouveau Longchamp exigeait la fermeture d’un hippodrome parisien. Enghien ne ferme pas, puisque LeTrot, propriétaire des lieux, continuera d’y organiser des réunions. Des professionnels se sont donc inquiétés de savoir si les Tutelles seraient satisfaites de cette solution. « Les Tutelles ont dit que oui, que cette solution leur convenait. Le ministre Stéphane Le Foll l’a confirmé à un journaliste de Paris Turf lors de sa venue à Auteuil pendant les 48 h de l’obstacle. (…) France Galop a bâti un plan d'économies de l'ordre de 10 millions d'euros. En année pleine, le transfert d'Enghien à Compiègne représente près de 20 % de ce plan. C'est loin d'être négligeable. Cette économie est-elle opportune ? À chacun d'en juger, mais je crois que la qualité de ce que nous allons faire à Compiègne permet de répondre oui. »

Combien les travaux de Compiègne vont-ils coûter ? « Sous réserve de devis en cours de négociation, les travaux concernant les pistes d'obstacle devraient être un peu inférieur à 1 millions d'euro, soit 50 % de l'économie réalisée par le transfert des courses d'Enghien à Compiègne sur une seule année. » L’économie sur une année suite au transfert des courses d’Enghien à Compiègne est estimée entre 1,8 million et 2 millions d’euros.

L’obstacle abandonné ? Lundi, aucun des dirigeants de France Galop n’était présent pour la "dernière" d’Enghien, ce qui a été logiquement très mal vécu par les différents professionnels. « Jean-Paul Gallorini nous a dit que les professionnels se sentaient « orphelins ». Je n'étais pas à Enghien hier, non pas pour fuir la contradiction. Je suis très présent sur les hippodromes et je crois assez accessible à la discussion, mais j'ai aussi un emploi du temps professionnel. Je ne pouvais juste pas être à Enghien et je regrette qu'on ait pu mal l'interpréter. »

Pierric Rouxel : « De la tristesse, mais des personnes responsables »

Membre du Conseil de l’obstacle, Pierric Rouxel nous a également raconté le déroulement de cette réunion d’importance, qui s’est tenue « dans une ambiance triste, où l’amertume s’est exprimée, mais où les membres du Conseil, et notamment les représentants des entraîneurs, se sont montrés très responsables ». Pierric Rouxel a poursuivi : « Concernant le dossier Enghien, on nous a donné les chiffres de l’économie réalisée avec l’arrêt de l’activité obstacle à Enghien. Cette économie s’élève à 2 millions d’euros par an. On nous a redit que cette décision relevait d’une injonction de l’État, ce dernier ayant émis comme condition de la rénovation de Longchamp l’arrêt de l’activité du galop sur l’un des hippodromes parisiens. On nous a également présenté le projet de Compiègne, avec la création de pistes d’obstacle pour en faire un hippodrome réellement sélectif. Le coût de ces aménagements sera au maximum d’un million d’euros. C’est-à-dire que la première année, l’économie sera d’un million d’euros, puis de deux millions les années suivantes. Ces deux millions d’euros représentent 20 % de l’économie annuelle que France Galop doit réaliser, si l’on veut préserver et pérenniser l’activité galop dans sa globalité. Il n’y a pas d’autres alternatives, et chacun a compris l’urgence d’une telle mesure, en se montrant très raisonnable. Au cours de ce Conseil, on a répondu à toutes les questions budgétaires, en nous livrant des chiffres qui ne sont pas faciles à regarder en face… Au-delà des économies à réaliser et de la mutualisation à opérer avec le Trot, il faudra aussi que l’État fasse un geste, pour gommer notamment le différentiel de traitement existant entre la Française des Jeux et le PMU. Tout n’est pas noir pour autant. Octobre a plutôt été un bon mois pour les paris, et l’on a commencé à voir les effets des nouveaux paris et de la nouvelle campagne de publicité du PMU. Aussi bien à France Galop et au PMU, cela travaille dur. Cela donne espoir dans l’avenir. »