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L'obstacle quitte Enghien et se cherche un avenir - L’éditorial de Christopher Galmiche

Courses / 20.11.2016

L'obstacle quitte Enghien et se cherche un avenir - L’éditorial de Christopher Galmiche

L'obstacle quitte Enghien et se cherche un avenir

L’éditorial de Christopher Galmiche, journaliste à Jour de Galop

Juillet 2016 : France Galop annonce sa décision de ne plus courir à Enghien. Par mesure d’économie, l’État a demandé de fermer un hippodrome. Certes, mais Enghien continuera à courir au trot. Il n’y aura donc pas d’économies pour le monde des courses dans son ensemble. Cette décision est difficile à lire, dans le sens où le plat a quatre hippodromes à Paris (sans compter Deauville) et l’obstacle seulement deux, avec un vrai rôle différent pour chacun. Cette annonce passe mal auprès des professionnels de la discipline. L’obstacle souffre d’une sinistrose aiguë et logique, alors que l’élevage français de sauteurs est le meilleur du monde, que les ventes de ce type de chevaux sont au beau fixe et que nous avons assisté à du grand spectacle lors des 48 h de l’obstacle. La perte d’Enghien a plus qu’affecté le monde des sauteurs qui a le sentiment légitime de payer pour Longchamp. Un Longchamp qui rouvrira au printemps 2018 alors que les caisses seront peut-être vides à ce moment-là…

Il serait peut-être temps de relever les tablettes, d’attacher les ceintures et d’atterrir pour proposer un vrai plan d’avenir pour l’obstacle, d’avoir des projets pour cette discipline et de ne pas se satisfaire simplement du spectacle auquel nous avons assisté lors des 48 h de l’obstacle… Heureusement que, de la province (en particulier de l’Ouest) qui vit en partie grâce à l’obstacle, nous est arrivée la Crystal Cup avec des épreuves populaires. C’est sans doute encore de la province que viendra le salut de l’obstacle. Mais à l’avenir, il faudra songer à cette discipline lors des Epic Series (si ce dispositif existe encore à l’avenir). L’histoire de Milord Thomas (Kapgarde) serait une excellente publicité pour le monde des courses dans sa globalité et France Galop le sait parfaitement puisqu’elle vient de commander un très joli clip vidéo qui lui est consacré (visible en cliquant ici). 

https://www.facebook.com/FranceGalop/videos/vb.110554342371031/1203061606453627/?type=2&theater

La longévité des sauteurs, semblable à celle des trotteurs, est un atout. Alors, pour tous les professionnels et les passionnés de l’obstacle, merci de ne pas laisser la discipline sur le bord de la route. Et étant donné que c’est un ATOUT, il faut s’en servir ! Désormais nous ne prendrons plus le chemin d’Enghien, mais celui de Compiègne. Il faudra s’y faire. Le monde des courses et de l’obstacle n’a pas été solidaire pour sauver le plateau de Soisy, ou l’a été à moitié, mais trop tard. On ne pourra pas refaire l’histoire et le 21 novembre sera la date tristement historique de l’abandon de l’obstacle à Enghien.

Tournons-nous vers l’avenir et donc vers Compiègne. Les parcours compiégnois ont révélé de très bons sauteurs par le passé, à l’instar de Djakadam (Saint des Saints), deux fois deuxième du Cheltenham Gold Cup (Gr1) ou encore de Douvan (Walk in the Park), lauréat de l’Arkle Chase (Gr1) et du Supreme Novices’Hurdle (Gr1). Compiègne est une très bonne piste et les parcours pourront être de bons compléments pour Auteuil. Sa position géographique est en revanche un problème qui va au-delà du sentiment d’abandon de l’obstacle à Paris à cause d’Enghien. Mais à moins d’un glissement de terrain, Compiègne ne sera pas à Enghien, comme aurait pu le dire Philippe Noiret dans Les Ripoux.

Pour que Compiègne soit une vraie alternative à Auteuil, il faudra décaler l’ancien calendrier d’Enghien et le faire débuter en avril pour une fin en juin, voire en juillet. Ce n’est pas impossible : par le passé, Enghien courait jusqu’en juillet avec des réunions mixtes très appréciées. Idem en automne où les courses d’obstacles de Compiègne pourraient commencer au début du mois de septembre pour une conclusion à la mi-novembre. Pourquoi décaler le calendrier ? Tout simplement pour avoir une piste qui se rapproche le plus possible de celle d’Enghien, c’est-à-dire qui ne soit pas trop lourde. Désormais, Compiègne va créer des champions populaires et permettre à de jeunes sauteurs d’apprendre leur métier en toute sécurité. Espérons que cela fonctionne, car nous allons dans l’inconnu.