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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Le discours de Jean d’Indy en ouverture du Conseil de l’obstacle

Institution / Ventes / 23.11.2016

Le discours de Jean d’Indy en ouverture du Conseil de l’obstacle

Président du Conseil de l’obstacle et vice-président de France Galop, Jean d’Indy a ouvert la réunion de ce mardi 22 novembre avec un billet d’humeur, que vous pouvez lire ci-après.

« La dernière réunion d’obstacle à Enghien s’est déroulée hier. Je souhaite à cette occasion vous livrer un commentaire personnel en ouverture du point de l’ordre du jour qui concerne ce dossier.

Il est heureux que l’arrêt d’une activité sur un hippodrome – quelle qu’en soit l’importance d’ailleurs – ne se passe pas dans l’indifférence. La passion est le moteur de notre activité et elle n’est pas compatible avec l’indifférence. Beaucoup ont donc exprimé leurs regrets, leur tristesse, voire leur colère, face à la disparition des courses d’obstacle à Enghien. Ce sont des réactions légitimes, des réactions que je comprends, des réactions que je peux même parfois partager.

Mais alors pourquoi avoir soutenu un tel projet ?

Enghien est d’abord une victime collatérale du dossier Longchamp. Je veux juste rappeler ici que les ministres ont accepté de valider les travaux de Longchamp à condition que le Galop cesse son activité sur un hippodrome parisien. Les vitrines d’Auteuil et de Longchamp, mais aussi celle de Chantilly, ne pouvaient être en cause. Saint-Cloud est sans aucun doute la meilleure piste de Galop dont nous disposons. Deauville est aussi un point d’ancrage du Galop et avec une participation directe et active des collectivités. Fermer l’hippodrome de Maisons-Laffitte était un nouveau coup indirectement porté à un centre d’entraînement que nous voulons maintenir dans des conditions d’exploitation revues, mais pas dégradées. Quel que soit l’hippodrome concerné, il y aurait eu une mobilisation pour le défendre. C’est bien légitime.

En acceptant ce sacrifice, l’obstacle a fait, le premier, un geste de solidarité vis-à-vis de la maison Galop tout entière. En permettant une économie de l’ordre de 1,8 à 2 millions d’euros par an, nous avons marqué de manière sensible notre participation à un plan global d’économie de 10 millions. En retour, l’avocat déterminé de l’obstacle que je suis se sent plus légitime pour demander à France Galop sa solidarité sur l’avenir de l’obstacle en France.

Ainsi, d’inévitables débats sur les enveloppes d’allocations et leur répartition auront lieu. Nous sommes plus que jamais fondés à demander qu’elles se fassent dans le respect du 2/3 – 1/3 dont je me réjouis qu’il ait été mentionné dans les engagements du président Édouard de Rothschild et de plusieurs têtes de listes aux élections.

Mais notre plan de marche, notre stratégie de l’obstacle n’est pas uniquement défensive, autour de notre petit pré carré. L’obstacle doit avoir sa place dans le plan de développement auquel France Galop travaille. L’obstacle n’a pas eu les honneurs des EpiqE Séries. Je n’en conçois pas d’amertume particulière mais je n’oublie pas qu’à l’époque, des promesses m’ont été faites pour créer des opérations de médiatisation de notre discipline et je le rappellerai régulièrement. Dans le cadre des orientations du programme et des calendriers des réunions premium, le Galop doit donner à l’obstacle sa place, afin que nous puissions contribuer plus à des réunions premium et qu’on cesse de nous reprocher de ne pas assez participer à la recette globale sans nous en donner les moyens. Nous devrons aussi pouvoir travailler aux éléments de programme que nous avons défini ensemble et, par exemple, la pérennité de nos processus de sélection de haut niveau, le développement de la filière de sélection pour les femelles, le remplacement d’épreuves faibles en partants de manière chronique en handicaps favorables à la recette.

En termes d’infrastructures, à côté de Longchamp, Auteuil va prendre un coup de vieux.  Il nous faudra de l’imagination pour repenser une vitrine de l’Obstacle modernisée, et aussi des moyens. Il faut y travailler dès maintenant.

Si certains ont eu l’impression – et je le comprends – que l’obstacle devenait le parent pauvre du Galop, je veux vous relater ici une réaction récente du président de France Galop. Comme nous examinions ensemble les hypothèses des travaux à Compiègne et les budgets s’y rapportant, nous avions à arbitrer entre deux hypothèses pour le parcours de steeple. À partir de celle que nous avons d’abord examinée ici en Conseil, les instances de Compiègne proposaient une extension avec un parcours supplémentaire permettant de diversifier un peu plus les tracés du steeple. Le président de France Galop a, sans hésiter, proposé d’arbitrer en faveur de la seconde solution, plus onéreuse mais plus qualitative. Je veux le meilleur pour Compiègne, je veux le meilleur en contrepartie de l’effort réalisé par la discipline de l’obstacle a précisé Édouard de Rothschild. L’arrêt de l’activité obstacle permet une économie annuelle très sensible. Elle n’impose pas un repli sur soi de nos investissements dans l’outil de travail, au contraire. Il n’y a pas, il ne peut pas y avoir pour l’obstacle, de double peine.

Je viens de dire que je comprenais les réactions de regrets exprimées à l’occasion de l’arrêt de notre activité obstacle à Enghien. Elles doivent néanmoins être mises en perspective avec le projet Compiègne. Pour conclure mon propos, je voudrai reprendre le titre d’une récente chronique publiée par Jour de Galop : "D’Enghien à Compiègne : la fin d’un monde, le début d’un nouveau". C’est ce nouveau monde qu’il nous faut maintenant réussir. »