Télécharger l'édition du jour
Jour de Galop

JOUR DE GALOP

La famille Papot achète la moitié de l’étalon Crillon

Élevage / 04.11.2016

La famille Papot achète la moitié de l’étalon Crillon

La famille Papot s’est portée acquéreur de la moitié de l’étalon Crillon (Saumarez) qui officie au haras de la Baie, à Pontorson, non loin du Mont-Saint-Michel. Il s’agit de son troisième étalon après Network (Monsun) et Kitkou (Martaline) qui ont très bien fonctionné au haras d’Enki. André-Jean Belloir, à la tête du haras de la Baie, conserve l’autre moitié de l’étalon.

Un cheval dur et de classe. Crillon a été un remarquable compétiteur. Élevé par le haras du Reuilly, il a couru de 2 à 7ans avec un bilan de six victoires et vingt places en trente-quatre sorties. Il s’est révélé dans les gros handicaps, remportant le Prix de Gondal (A), sur 3.100m, à Saint-Cloud, puis il n’a cessé de progresser pour atteindre le niveau Groupe. Dans cette catégorie, il a terminé deuxième des Prix d’Hédouville (Gr3), Jean de Chaudenay (Gr2) et Foy (Gr2), mais aussi troisième des Prix de Barbeville (Gr3) et Vicomtesse Vigier (Gr2). Entre ces multiples places de Groupe, il a remporté le Prix Denisy (L).

Un étalon qui s’affirme au plus haut niveau. En tant qu’étalon, Crillon connait désormais une réussite grandissante. C’est le père d’Alex de Larredya XX, deuxième de la Grande Course de Haies d’Auteuil (Gr1), candidat au Grand Prix d’Automne (Gr1) ce samedi, de Jemy Baie, vainqueur des Prix Troytown (Gr3) et Richard et Robert Hennessy (L) et de la Grande Course de Haies de Pau (L), d’Aroma Baie, deuxième du Prix Montgomery (Gr3), de Buveur d’Air, lauréat du Top Novices’ Hurdle (Gr1) à Aintree et troisième du Supreme Novices’ Hurdle (Gr1) à Cheltenham, et de Dollar Baie, bon deuxième du Prix Pride of Kildare à Auteuil en débutant. André-Jean Belloir nous a déclaré : « C’est monsieur Powell qui a fabriqué l’étalon. Il a acheté sa mère pleine aux ventes de Newmarket et l’a fait saillir par Saumarez. Pour ma part, j’ai récupéré Crillon chez Yannick Fertillet. Il est arrivé chez lui après cinq années de courses et était intact au niveau de ses jambes. Il devait être dressé en obstacle, mais le cheval en avait marre. On m’a proposé de le prendre comme étalon et je l’ai récupéré. La première année, il a fait environ trente juments et il a produit quatre chevaux de Listed : Rhode Island, Câlin d’Aubois, Kadyphard et Roméo des Ongrais. Mais on n'a su la valeur de ces chevaux que quatre ans après. Crillon s’est retrouvé sans travailler. J’ai trouvé quelqu’un dans le Centre de la France qui me l’a pris. Il a fait une quinzaine de juments par an. Il saillissait mes juments, celles de l’élevage des Ongrais, de Yannick Fertillet. J’ai rencontré par la suite la famille Papot qui m'a dit adorer l’étalon et trouver surprenant qu'il ne saillisse pas plus. Ils sont passés à la maison il y a trois ans pour voir des poulains sous la mère et c’est comme cela qu’ils ont acheté Deal Baie et Dollar Baie, deux produits de Crillon. Six mois après, Jemy Baie est sorti, puis il y a eu Alex de Larredya, Aroma Baie, Buveur d’Air, Brelan d’As… Et tout s’est enchaîné. J’ai eu des offres pour vendre Crillon à l’étranger mais je n’ai pas donné suite. J’ai repris contact avec la famille Papot et nous sommes tombés d’accord pour un deal qui permettait de conserver l’étalon en France. »

André-Jean Belloir, un homme de cheval complet. André-Jean Belloir nous a raconté au sujet de son parcours dans le monde du cheval : « J’ai commencé dans les chevaux de selle avec l’élevage du Poncel. J’avais trente-cinq poulinières et nous avons eu des très bons chevaux, dont certains ont fait carrière jusqu’aux Jeux Olympiques. Mais c’était économiquement difficile. Je me suis donc tourné vers les chevaux de course avec l’achat de Crillon l’année des "R". J’ai aussi des trotteurs et des étalons de cette race. J’ai eu Quinoa du Gers, Nijinsky Blue… Et avec deux amis, nous avons repris l’ancienne station des haras nationaux de La Haye-Plesnel. Nous avons eu Gris de Gris et nous avons désormais Axxos. De mon côté, j’ai vingt poulinières au haras de la Baie, dont une dizaine est à moi. » Pour plus de renseignements, contactez André-Jean Belloir (06.62.13.34.21).