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HISTOIRE, HISTOIRES…  -  Le Prix Léon Olry-Roederer, bien plus qu’un lot de consolation

Courses / 18.11.2016

HISTOIRE, HISTOIRES… - Le Prix Léon Olry-Roederer, bien plus qu’un lot de consolation

HISTOIRE, HISTOIRES…

 

Le Prix Léon Olry-Roederer, bien plus qu’un lot de consolation

Ce samedi, l’hippodrome d’Auteuil accueille le Prix Léon Olry-Roederer. Cette course était à l’origine un beau lot de consolation, une sorte de revanche du Grand Prix d’Automne. Elle est la dernière grande épreuve sur les haies pour les chevaux d'âge avant la fin de saison sur la Butte Mortemart. Depuis une petite décennie, elle se court quinze jours après l’épreuve majeure de l’automne. À partir de 1975, elle est devenue une course à conditions. Quels enseignements tirer des 41 éditions qui se sont disputées ?

 

Xavier Bougon a consacré toute sa vie aux courses, cultivant sa passion pour l’histoire de notre sport, en complément de ses activités professionnelles dans le cadre de l’Institution. Depuis le mois de janvier 2016, il vous propose une rubrique régulière consacrée à l’histoire des courses.

 

Le Doublé Grand Prix d’Automne et Léon Olry-Roederer, la même année. Le Prix Léon Olry-Roederer est considéré comme une consolation au Grand Prix d’Automne. Pourtant, cette année, aucun des cinq premiers de l’épreuve phare n’a daigné prendre sa revanche, ce qui est compréhensible pour Alex de Larredya (Crillon), qui aurait dû porter la lourde charge de 71 kg. Le doublé ne risque donc pas de se produire. Six vainqueurs du Grand Prix d’Automne ont ensuite fait le doublé, dont Rose or No (1990) et Zaiyad (2007), sous le poids de 70 kg. Pour l’anecdote, Rose or No (Rose Laurel) avait devancé un pensionnaire de David Smaga, Avaleur (Fabulous Dancer), monté par un jockey plutôt plus à l’aise en plat, Freddy Head.

 

Le Doublé Prix Renaud du Vivier – Prix Léon Olry-Roederer à 5ans. Blue Dragon (Califet) a enlevé la Grande Course de Haies automnale des 4ans l’an passé. Un an après, il pourrait rejoindre Royale Athenia (Garde Royale), qui avait ajouté à son palmarès le Prix Léon Olry-Roederer à 5ans.

 

Quelle réussite pour les AQPS ? Trois demi-sang seront au départ : Blue Dragon, Tir au But (Trempolino) et Arry (Boris de Deauville). Les deux derniers nommés sont de retour sur les haies après avoir pris part à l’arrivée du Grand Steeple-Chase d’Enghien. Au palmarès de ce Prix Léon Olry-Roederer figurent quatre AQPS : Oteuil (Djarvis) en 1998, Lycaon de Vauzelle (Video Rock) en 2004, Tir au But (Trempolino) en 2012 et Rhialco (Dom Alco) en 2013.

 

Les victoires des femelles. Martalette (Martaline) est la seule pouliche au départ. Âgée de 6ans, elle représente le centre d’entraînement de Maisons-Laffitte. Quatre femelles se sont imposées avant elle : Highello (High Line) en 1979, à l’âge de 5ans, pour l’entraînement mansonnien de Gérard Philippeau, Apple’s Girl (Le Pontet) en 1997, à 8ans, Royale Athenia (Garde Royale) en 2006, à 5 ans, et La Segnora (Turgeon), en 2011, à 5ans.

 

Les succès étrangers. Depuis 2012, aucun étranger ne s’était déplacé. Cette année, l’Angleterre est représentée par un fils de Martaline, Agrapart. Il est entraîné par Nick Williams qui l’a acheté yearling aux ventes d’automne 2012. Deux étrangers figurent au palmarès de l’épreuve : Magnus (Roakarad) en 2001, sous l’entraînement de l’Anglais Martin Pipe et Atamane (Winged Love) en 2008, sous la férule de l’Allemand Mario Hofer.

 

Les entraîneurs les plus titrés. Avec six victoires, le Mansonnien Jean-Paul Gallorini est tête de liste des entraîneurs. Son pensionnaire, Hippomene (Dream Well), petit-fils d’Astarabad, va tenter de faire mieux que l’an passé, quand il terminait sur la troisième marche du podium. L’épreuve revenait alors à Street Name (Al Namix), devant un autre pensionnaire de Jean-Paul Gallorini, Irouficar Has (Dream Well).

Guy Cherel, le tenant du titre avec Street Name, va présenter trois chevaux ce samedi et ils sont tous prétendants à la victoire : Tir au But, vainqueur de ce Prix Léon Olry-Roederer en 2013, Bosseur (Coastal Path), lauréat du Prix Rohan l’an dernier en débutant, et Blue Dragon, que l’on ne présente plus.

 

Les doubles lauréats. Le vainqueur de l’an dernier n’est pas présent cette année. Sur la distance de 4.800m, Gacko (Amen), issu d’un réclamer d’Enghien, l’avait emporté deux années consécutives (1985 et 1986), tout comme El Triunfo (Île de Bourbon), qui avait gardé son titre en 1992. Gacko avait enlevé en 1987 la Breeders’ Cup Grand National disputée à Fair Hill dans le Maryland, monté par l’infortuné Roger Duchêne et entraîné par Xavier Guigand.

 

Les jeunes au pouvoir. De 1975 à 1989, cette épreuve était ouverte aux 4ans. Lors de ces quinze éditions, trois chevaux n’avaient que 4ans lors de leurs succès. Au total, vingt-trois des quarante et un vainqueurs étaient âgés de 5ans, huit avaient 6ans et six avaient 8ans. L’an dernier, le trio gagnant n’était composé que de 5ans, dont Hippomene qui avait pris, quinze jours plus tôt, la troisième place du Grand Prix d’Automne. Cette année, quatre des onze partants sont âgés de 5ans et deux ont 9ans.

 

Les réclamers à l’arrivée. À l’issue d’une épreuve à réclamer à Deauville, le protégé de Patricia Butel, Silver Axe (Silver Cross), a changé de casaque en juillet de ses 3ans. Il sera samedi sur la ligne de départ.

 

Le Prix Léon Olry-Roederer a enregistré quelques vainqueurs issus des réclamers, comme Dulce Leo (Priolo), La Segnora (Turgeon) et Gacko. Notons que Kadalko avait terminé non placé à 2ans à Évry, dans une épreuve à réclamer, mais n’avait intéressé personne, tout comme Apple’s Girl à 3 ans en plat ou Coralhasi et même Claude Le Lorrain (Tiffauges), il y a plus de trente ans. Quant à Mon Romain (Nerio), son propriétaire l’avait défendu, alors qu’il était placé à Saint-Cloud à 3ans. À l’époque, il était entraîné à Dax par Michel Laborde.