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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Joséphine Soudan : « Il est plus facile de s’installer en France qu’à l’étranger »

Courses / 28.11.2016

Joséphine Soudan : « Il est plus facile de s’installer en France qu’à l’étranger »

Joséphine Soudan a obtenu sa licence d’entraîneur en janvier 2016. Elle s’est installée au mois de septembre à Chantilly, après avoir notamment travaillé aux côtés de Patrick Barbe, Pascal Bary, John Gosden et Guillaume Macaire. Elle compte actuellement trois chevaux dans son écurie, dont deux appartenant à Jean-Louis Bouchard et un à Mario Baratti.

Des portes se sont ouvertes. « Étant fille d’officier de marine, je n’étais pas prédestinée à travailler dans le milieu des courses. Petite, je montais à cheval et j’allais aux courses le dimanche. Notamment grâce à une amie de la famille, Manuela Tournier [secrétaire générale de la Fegentri, ndlr]. J’ai aidé à la préparation des yearlings pour les ventes d’août au haras d’Étreham quand j’avais 17 ans. C’est en allant aux courses que j’ai rencontré Patrick Barbe pour lequel j’ai travaillé comme assistante. J’ai aussi eu l’opportunité de monter à l’entraînement chez Pascal Bary et de travailler avec lui par la suite. J’avais débuté des études de commerce à Paris. L’une de mes meilleures expériences n’est autre que la victoire de Gloria de Campeao (Impression) dans la Dubai World Cup (Gr1). J’étais sa groom. Je souhaitais avoir une dernière expérience avant de m’installer, en septembre 2016, et j’ai travaillé avec Guillaume Macaire pendant trois mois. Cela m’a beaucoup plu, mais j’ai une préférence pour le plat. Néanmoins, si j’avais un cheval pour l’obstacle, je tenterais l’expérience. Je trouve que c’est une discipline difficile, dans laquelle il est compliqué de gagner. »

Le voyage comme force. « Ce qui me manque le plus, c’est de voyager. J’avais vraiment du mal à rentrer en France quand j’étais à l’étranger. J’aimais beaucoup habiter dans ces pays et vivre à la manière des locaux. En Australie, j’ai complètement adhéré à leur mode de vie, plus qu’à leur mode d’entraînement, alors qu’en Angleterre l’ensemble me plaisait. D’ailleurs Taghrooda (Sea the Stars) est aussi une pouliche qui m’a beaucoup marquée. Entraînée par John Gosden, elle s’était classée troisième de Trêve (Motivator) dans l’Arc 2014 et était la première gagnante classique de Sea the Stars (Cape Cross). »

La France, Chantilly, les Lions. « J’ai beaucoup voyagé, en Angleterre, en Irlande, en Australie, mais je pense que la France reste la meilleure option. Les allocations sont attractives. En Angleterre, il faut déjà avoir un capital pour s’installer. Ici, c’est plus ouvert, il est plus facile de s’installer. Je suis actuellement dans l’ancienne cour Cunnington Junior où j’ai accès à la fois aux Lions et aux Aigles. Mais je préfère les Lions. J’aime beaucoup cette piste. J’admire le travail de madame Fabre qui l’utilise également. Les Lions rassemblent deux types de pistes en une et cette configuration est adaptée à ma méthode de travail. »

Entourée et soutenue. « Aujourd’hui, j’ai trois chevaux à l’entraînement, dont une très belle yearling que monsieur Bouchard a achetée. C’est vrai qu’il m’a soutenue depuis le départ, tout comme Pascal Bary et Henri Bozo. D’ailleurs, nous avons une autre yearling qui devrait intégrer l’écurie de groupe "Ovalie". Nous avons formé cette écurie avec un ami d’enfance, Henry Chavancy. Ce joueur de rugby souhaitait investir, en compagnie d’autres personnes, dont Henri Bozo. La pouliche devrait s’appeler Brennus, en référence au rugby, et devrait arriver dans dix jours dans mes boxes. Mon ami Romain [Dupasquier, assistant de Francis-Henri Graffard, ndlr] était premier garçon et nous travaillions ensemble à l’époque de Taghrooda. Nous échangeons énormément sur nos expériences professionnelles respectives. Nous sommes complémentaires mais partageons une vision commune. Il m’apporte beaucoup et comprend mon travail. Je pense que c’est un avantage dans un milieu comme le nôtre. »