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Jour de Galop

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LE MAGAZINE - TROPHÉES DU PERSONNEL DES COURSES ET DE L’ÉLEVAGE - Jean-Paul Montulé, l’homme de l’ombre

Courses / 22.11.2016

LE MAGAZINE - TROPHÉES DU PERSONNEL DES COURSES ET DE L’ÉLEVAGE - Jean-Paul Montulé, l’homme de l’ombre

Samedi à Auteuil, Jean-Paul Montulé a décroché le titre dans la catégorie "dévouement du personnel". C’est avec lui que nous poursuivons la série de portraits des lauréats de cette première édition des Trophées du personnel des courses et de l’élevage. Âgé de 57 ans, il est premier garçon chez Francis-Henri Graffard.

Une passion depuis l’enfance. « Je suis Normand d’origine, je viens de la région du Perche, qui est un berceau du cheval. J’ai toujours été en contact avec les chevaux. J’avais une dizaine d’années et je souhaitais devenir jockey. J’ai eu de la chance de rencontrer des personnes qui connaissaient du monde à Chantilly, en particulier Henri van de Poële. Il a été comme un deuxième père pour moi. Il m’a tout appris. »

40 ans après. « Après avoir passé trente-sept ans chez Henri van de Poële (jusqu'à la fin de sa carrière d’entraîneur), j’ai travaillé à l’Afasec en tant que formateur pendant deux ans. Mais le contact avec les chevaux me manquait. Puis j’ai travaillé trois mois chez Cédric Boutin, qui m’a beaucoup appris, et enfin je suis entré au service de monsieur Graffard. Je suis resté second d’écurie un an avant de passer premier garçon.

J’ai eu de la chance de côtoyer des bons chevaux, notamment Matahawk (Sea Hawk), qui, sous l’entraînement d’Henri van de Poële, a gagné en 1975 le Grand Prix de Paris (Gr1).

J’ai eu le privilège de gagner cette course quarante ans après avec Erupt (Dubawi). Cela a été un moment rempli d’émotion et le voir gagner la Japan Cup dimanche prochain serait une apothéose. »

Gérer une écurie de course. « Monsieur Graffard est quelqu’un de très intelligent. Il sait bien déléguer et cela nous donne beaucoup de confiance pour faire notre travail du mieux possible. On optimise tout par rapport au cheval, le suivi vétérinaire est important, on affine les méthodes de travail, rien n’est laissé au hasard.

Chez Henri van de Poële, c’était plus une écurie familiale. J’ai la chance aujourd’hui d’être dans une écurie de pointe et les choses sont forcément différentes.

On appelle l’écurie notre maison. On ne vit qu’avec les chevaux, je les vois plusieurs fois par jour. On ne survole pas notre travail. C’est un métier de passion et de sacrifice. Je suis ravi de finir ma carrière dans une écurie qui possède des chevaux de Groupe. »

Avec le travail, tout est possible. « Recevoir ce Trophée du personnel est, pour moi, l’aboutissement d’une carrière. C’est mon patron qui m’a inscrit et au début, je n’étais pas trop chaud pour participer à ce concours. Mais avec le recul, je suis ravi. Comme la plupart des candidats, je suis un homme de l’ombre et cela nous a permis à tous d’être dans la lumière le temps d’une soirée.

Les journées sont longues, on part après tout le monde, le soir, à l’écurie. Le plus important, ce sont les chevaux et parfois nous sommes un peu égoïstes avec notre entourage. Je suis ravi de m’occuper des apprentis et de leur transmettre ma passion. »