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Jour de Galop

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LE MAGAZINE - TROPHÉES DU PERSONNEL ET DE L’ÉLEVAGE - Aurélie Baillif, la passion en héritage

Courses / 24.11.2016

LE MAGAZINE - TROPHÉES DU PERSONNEL ET DE L’ÉLEVAGE - Aurélie Baillif, la passion en héritage

 

Samedi à Auteuil, Aurélie Baillif, qui travaille depuis quatorze ans chez Pascal Journiac, a décroché le titre dans la catégorie "cavalier d’entrainement de l’année". C’est avec cette trentenaire que nous poursuivons les portraits des lauréats de cette première édition du Trophées du personnel des courses et de l’élevage.

Une passion familiale. « La passion pour les chevaux et les courses a toujours été présente depuis mon enfance, car mon père était jockey. J’avais l’habitude de l’accompagner sur les hippodromes le week-end. Au bout d’un moment, j’ai voulu suivre ses traces et en faire mon métier. Paradoxalement, le métier de jockey ne m’a jamais attiré, mais je voulais travailler avec les chevaux.

J’ai orienté ma scolarité vers la filière équine. À seize ans, j’ai fait une formation de lad-jockey au CFA de Laval, puis j’ai enchaîné par un BPA (brevet professionnel agricole) et une année plus tard, j’ai été embauchée en tant que cavalière d’entraînement chez Pascal Journiac. Je travaille sous ses ordres depuis maintenant quatorze ans. »

La vie au sein de l’écurie. « Je n’ai pas de rôle attitré au sein de l’écurie. C’est une petite entreprise avec peu de personnel : nous sommes cinq employés avec deux personnes de cour et un apprenti pour s’occuper d’une trentaine de chevaux. Nous formons une vraie équipe. Tout le monde doit faire preuve d’une certaine polyvalence. Je suis cavalière d’entraînement, mais mon rôle est aussi de nourrir et soigner les chevaux, les accompagner aux courses ainsi que de m’occuper des relations avec les clients quand mon patron n’est pas présent.

C’est agréable de travailler pour monsieur Journiac. Il est très professionnel et perfectionniste. C’est un bon metteur au point, patient avec ses chevaux et ils courent toujours à bon escient ».

Le sentiment du devoir accompli. « C’est toujours très gratifiant lorsque l’on a effectué du travail sur un cheval et qu’il passe le poteau en tête. C’est le sentiment du devoir accompli.

Il est passionnant de voir l’évolution d’un cheval lorsqu’il arrive à l’écurie jusqu'à ses premiers pas sur un hippodrome et de le voir progresser au fil des courses.

J’ai eu de la chance de côtoyer des bons chevaux comme Ni Plus Ni Moins (Kadalko) et Kiwi du Manoir (Garde Royale), avec lequel nous avons failli gagner l’Anjou-Loire Challenge (L) sur 7.300 m, il y a quelques années. C’est un plaisir aujourd’hui de travailler avec leurs produits.

Speed Fever (Vertical Speed) est également un cheval qui m’a apporté beaucoup de satisfactions. Il a gagné neuf courses sur les obstacles. Il n’a pas couru depuis deux ans mais il va bientôt effectuer sa rentrée. Je suis aussi attachée à une jument comme Bella Sun (Califet) qui a gagné trois courses en cross-country cette année. »

Une belle récompense. « C’est une très belle récompense que Godolphin a mise en place cette année. Cela permet de mettre en lumière ceux qui travaillent dans l’ombre.

C’est une énorme reconnaissance de la part de mon patron, qui m’a inscrite afin que je participe à ce challenge. Cela prouve qu’il a réellement confiance en moi et apprécie mon travail.  Monsieur Journiac m’a beaucoup appris et je le remercie pour tout ce qu’il a fait pour moi.

J’ai la chance de vivre avec une personne qui comprend les particularités de mon métier dans la mesure où mon compagnon est jockey. Il sait qu’il n’y a pas de week-end ni de jours fériés. C’est un métier difficile. Il n’est pas toujours simple de concilier la vie de famille et la vie professionnelle. C’est encore plus le cas pour moi, car je suis mère de deux enfants. J’arrive malgré tout à faire la part des choses, leur consacrer du temps, suivre leur scolarité et leurs loisirs. En réalité, j’ai deux métiers : celui de cavalière d’entraînement et celui de maman et j’en suis très fière ! »