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Jour de Galop

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LE MAGAZINE - TROPHÉES DU PERSONNEL ET DE L’ÉLEVAGE - Claire Billet-Legros, itinéraire d’une passionnée

Courses / 23.11.2016

LE MAGAZINE - TROPHÉES DU PERSONNEL ET DE L’ÉLEVAGE - Claire Billet-Legros, itinéraire d’une passionnée

Samedi à Auteuil, Claire Billet-Legros a décroché le titre dans la catégorie "jeune espoir de l’année". C’est avec elle que nous poursuivons les portraits des lauréats de cette première édition des Trophées du personnel des courses et de l’élevage. Depuis deux ans, elle est assistante d’élevage aux Aga Khan Studs, un poste important au sein de l’un des élevages les plus prestigieux au monde.

Une passion née depuis l’enfance. « Je monte à cheval depuis toute petite mais cela restait principalement du loisir. J’ai toujours eu envie de travailler avec les animaux, principalement avec les chevaux.

J’ai découvert réellement la filière à l’âge de 21 ans. J’ai fait quelques tentatives pour monter le matin à l’entraînement, mais ce n’était pas du tout fait pour moi. Lorsque je suis entrée en école d’ingénieur agricole, au lieu de faire un stage en exploitation agricole traditionnelle, je l'ai effectué au Haras national de Pompadour. C'est à ce moment-là que j'ai commencé à aborder l’élevage. C’était essentiellement de l’anglo-arabe, mais j’ai compris qu'il s'agissait de quelque chose qui m’intéressait.

Au fil de mes études, je me suis de plus en plus intéressée au pur-sang et à son univers gigantesque. J’ai alors découvert un secteur économique d’une extrême richesse, doté d’un réel patrimoine, autant sur le plan animal (génétique et courants de sang) que sur le plan humain (savoir-faire, traditions, acteurs). Je me suis plongée dedans avec passion. »

Une prise de conscience. « J’ai vraiment pris conscience que je voulais travailler dans l’élevage lors d’un stage au haras de Saint-Léonard, effectué dans le cadre de ma formation [MESB : Master of Equine Science and Business, ndlr]. Ce stage avait débuté aux ventes Arqana de décembre. J’ai trouvé ça exceptionnel. L’ambiance était fabuleuse et les chevaux magnifiques. C’était un univers grisant. J’ai poursuivi mon stage au haras et c’est à l’issue de cette expérience que j’ai eu le déclic, il fallait que je travaille dans l’élevage de pur-sang.

J’étais pour le moins néophyte, mais tout m’intéressait. Du travail avec l’animal, jusqu’aux techniques de croisement : tout était passionnant. Je voulais en savoir plus. »

L’Angleterre puis l’Australie. « J’ai effectué mon stage de fin d’études du Mastère pour les Aga Khan Studs. Je suis ensuite partie en Angleterre et j’ai passé une saison à Banstead Manor Stud (Juddmonte Farms). J’ai notamment pu assister aux poulinages, ce qui, en soi, était très formateur, mais comme c’était l’année des tout premiers foals de Frankel, l’expérience a été inoubliable.

J’avais néanmoins le projet de ne pas rester longtemps en Angleterre et, à la fin de la saison, je suis partie en Australie travailler pour Eliza Park International, où j’ai été formée plus particulièrement aux poulinages et aux soins des poulains. À la fin de mon contrat, je m’apprêtais à débuter une préparation de yearlings (méthode australienne !), lorsque Georges Rimaud m’a contactée pour me proposer un emploi au sein des Aga Khan Studs. C’était une proposition qui, bien entendu, ne se refusait pas. Ils recherchaient un assistant d’élevage, quelqu’un à former. Le challenge était pour moi plus qu’ambitieux, mais je devais au moins essayer et cela a marché.

Il est clair que mon stage de six mois chez les Aga Khan Studs a été un atout pour moi.

Ce stage consistait à effectuer une étude sur le thème de la performance, essentiellement donc un travail rédactionnel, au bureau. Mais le week-end, j’allais dans les cours pour donner un coup de main. En prenant mon poste, je connaissais déjà une grande partie du personnel et je savais comment s’organisait le travail au haras. »

Élever des chevaux de course. « Être assistante d’élevage consiste à organiser les équipes sur le terrain pour que toutes les tâches qui tournent autour des chevaux se passent le mieux possible et en sécurité, aussi bien pour les hommes que pour les chevaux. Il est important de pouvoir coordonner les différents acteurs intervenant sur le haras car celui-ci compte environ 160 juments et nous réalisons 70 à 80 poulinages par an. C’est une grosse machine. J’adore ce que je fais en ce moment car il ne s’agit pas de management pur. Il faut aussi avoir une certaine polyvalence (faire des soins, les poulinages, mais aussi le suivi des juments à la barre en saison, entre autres) et être capable de donner un coup de main si besoin.

Je pense que ma formation d’ingénieur m’a donné un grand sens de l’organisation et de la rigueur. Mon parcours universitaire me donne probablement un peu de recul vis-à-vis de ce que l’on fait au haras, en particulier sur le plan vétérinaire ou encore de la nutrition.

Si je devais énoncer les deux choses qui me passionnent le plus dans mon métier aujourd’hui, je parlerais bien entendu du poulinage car ce moment me fascine. Mais je mentionnerais également le travail en équipe car c’est quelque chose de très enrichissant et d’essentiel. »

Un début d’accomplissement. « Avoir remporté ce trophée est une grande satisfaction. Ce n’est pas une fin en soi mais plutôt un début d’accomplissement. Cela représente des encouragements de la part de mon employeur, de l’équipe avec laquelle je travaille et des gens qui m’ont entourée et conseillée depuis que j’ai commencé dans la filière.

Ma plus grande fierté est de travailler pour les Aga Khan Studs, de voir que l’on apprécie mon travail et que l’on m’encourage. Cette casaque fait partie des monuments de l’élevage : Son Altesse l’Aga Khan est une personne emblématique. C’est un vrai privilège de travailler pour un des meilleurs élevages de pur-sang au monde.

Je tiens évidemment à remercier tout particulièrement monsieur Rimaud pour m’avoir donné ma chance, et pour avoir cru en mon potentiel à pouvoir apprendre ce métier. Simon Mockridge et toute l’équipe de Juddmonte Farms ont été également d’une aide précieuse et je ne les remercierai jamais assez pour tout ce qu’ils ont fait pour moi. Enfin, merci à Véronique Julliand pour m’avoir permis d’intégrer le MESB et ainsi permis de rencontrer des personnes telles que Tim Richardson et Pierre-Yves Bureau, qui ont su me donner les bons conseils au tout début de mon projet. »