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TRIBUNE LIBRE - À propos du délit d’initié

Courses / 18.11.2016

TRIBUNE LIBRE - À propos du délit d’initié

TRIBUNE LIBRE

À propos du délit d’initié

 

Par David Powell

 

« La Cour des comptes a récemment pointé le risque de délit d’initié qui existerait dans les courses... Cette notion appliquée au sport hippique est d’un danger énorme pour nous, car elle conforte la tendance constatée depuis plusieurs années : la transformation du pari hippique en un jeu de hasard complet.

 

Or, le jeu intelligent que doit être celui des courses est justement basé sur ce qu’ils voudraient qualifier de délit d’initié : un "initié", c’est qui ?

 

Un entraîneur et un propriétaire dont le cheval vient de beaucoup mieux travailler ? Pourquoi le propriétaire ne mettrait-il pas une pièce pour augmenter son plaisir si le cheval gagne ?

 

Le lad qui monte le cheval tous les matins, et le trouve de mieux en mieux ?

 

Un joueur chevronné qui a fait le papier, étudié les chronos, vu que Nearco II était bien mieux corde à gauche, lui aussi est "initié" par rapport au zozo qui joue un numéro au hasard, comme on ferait un grattage ?

 

On est bien dans la logique de notre Institution actuelle (et de la France de gauche), qui voudrait réduire les courses au dénominateur commun le plus bas.

 

À partir du moment où l’on continue à accepter la logique de "l’arrivée chiffrée" sur Equidia, où l’on évite soigneusement de montrer les chevaux, avec un choix des prises de vue atterrant de stupidité, ou de plus en plus on désigne des numéros plutôt que des noms, nous sommes des veaux que l’on mène à l’abattoir.

 

Un veau ne sait pas où il va : nous, oui.

 

Quel dommage pour les générations à venir !

 

En tant qu’"initié", je peux vous confier que dans presque tous les cas nous n’en savons guère plus qu’un turfiste qui fait bien le papier, ou un bon pronostiqueur... J’ai souvent entendu “Laporte ne me voit aucune chance, je suis mort...”

 

J’ai un ami qui me demande à presque chaque partant quelle chance j’ai. C’est quand même un bon ami de le rester, car une fois sur deux je me trompe. Alors, vous voyez, ce n’est pas beaucoup mieux que de jouer au hasard. Entre pros, le nombre de fois que nous disons, quand on nous demande, “S’ils savaient, à quel point nous ignorons mais espérons...” »