Télécharger l'édition du jour
Jour de Galop

JOUR DE GALOP

TROPHÉES DU PERSONNEL DES COURSES ET DE L’ÉLEVAGE - Antoine Bellanger, le cheval dans le sang

Institution / Ventes / 20.11.2016

TROPHÉES DU PERSONNEL DES COURSES ET DE L’ÉLEVAGE - Antoine Bellanger, le cheval dans le sang

TROPHÉES DU PERSONNEL DES COURSES ET DE L’ÉLEVAGE

Antoine Bellanger, le cheval dans le sang

Samedi à Auteuil, Antoine Bellanger a décroché le titre dans la catégorie « personnel de haras ». C’est avec ce trentenaire que nous ouvrons la série de portraits des lauréats de cette première édition des Trophées du Personnel des Courses et de l’Élevage. Il est l’un des piliers du Haras des Monceaux, en tant que responsable des yearlings. Un poste clé au cœur du haras qui domine le palmarès des vendeurs ces dernières années à Deauville. [LES LAURÉATS 2016 – PARTIE 1]

Une passion familiale. « Mes parents sont d’anciens commerçants reconvertis dans l’élevage de galopeurs, à Châteauneuf-sur-Sarthe. Ils nous ont transmis la passion des chevaux. Nous sommes trois enfants et mon frère, Nicolas, est entraîneur public à Chazey-sur-Ain. L’élevage familial a eu la joie de faire naître un lauréat de Gr1. En février 2015, Balder Succes (Goldneyev) s’est en effet imposé dans le Betfair Ascot Chase (Gr1). J’ai orienté ma scolarité vers la filière équine. Pendant mon bac professionnel, j’ai étudié en alternance avec des périodes au sein de l’écurie de Monsieur Patrick Boiteau. C’est un excellent éleveur et un homme de cheval. Il m’a beaucoup appris. Il m’a aussi conforté dans mon orientation, en faisant preuve de sympathie et de bienveillance à mon égard. Pour compléter ma formation, j’ai décidé d’aller à l’étranger. »

L’Irlande puis les États-Unis. « J’ai donc intégré l’équipe de Derrinstown Stud en Irlande. Ce fut très formateur. Le Directeur du haras m’a conseillé de poursuivre mon apprentissage aux États-Unis. Pendant un an et demi, au Kentucky, j’ai travaillé chez Lanes End, tout en gardant un œil sur d’éventuelles ouvertures de postes en France. Un poste de responsable des yearlings s’est alors créé au haras des Monceaux. La structure n’était pas encore celle que l’on connaît aujourd’hui. Mais l’ambition et la volonté d’avancer étaient déjà là. D’ailleurs à cette époque, Coquerelle (Zamindar), qui courait sous les couleurs de l’Écurie des Monceaux, avait gagné le Prix Saint Alary (Gr1). Elle s’était aussi classée troisième de la Queen Elizabeth II Challenge Cup (Gr1) à Keeneland sous l’entraînement de Jean-Claude Rouget. »

Le pedigree ne suffit pas. « J’ai intégré l’équipe des Monceaux. C’est une grande chance. Il y a beaucoup de travail, mais il est très plaisant. Nous sommes une véritable équipe. Chaque maillon a conscience de son importance et nous poussons tous dans le même sens. Pour faire un cheval de course, un pedigree ne suffit pas. Il faut qu’il soit bien élevé. Nous travaillons tous avec deux maîtres mots : la précision et le professionnalisme. Il y a bien sûr une certaine pression et c’est normal vu la qualité des chevaux avec lesquels nous travaillons. Nous essayons de donner le meilleur pour récompenser ceux qui nous font confiance et qui investissent. »

Élever des chevaux de course. « Henri Bozo, qui dirige le haras est un homme de cheval accompli et un véritable manager. Il a une vision très saine de l’élevage. Son objectif c’est d’élever des chevaux de course, plus que d’en faire des chevaux de vente. Il a bien sûr un souci de rentabilité, mais tout est fait pour respect l’intégrité des poulains. Cela compte beaucoup pour leur future carrière. »

Avec le travail tout est possible. « C’est une grande récompense que j’apprécie à sa juste valeur. Cela me pousse à continuer à donner le meilleur de moi-même. Cela m’encourage aussi à continuer à former des gens dans mon équipe. Avec le travail, tout est possible. J’ai envie de dire aux jeunes qui veulent se lancer dans l’élevage qu’il faut se donner à fond, car le jeu en vaut la chandelle. J’ai la chance de vivre avec une personne qui comprend les particularités de mon métier. C’est très important. On sait à quelle heure on commence, mais pas forcément à celle à laquelle on termine, et les journées peuvent être longues. »