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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

TROPHÉES DU PERSONNEL DES COURSES ET DE L’ÉLEVAGE - Jean-Bernard Roth, le sacre d’un perfectionniste

Courses / 21.11.2016

TROPHÉES DU PERSONNEL DES COURSES ET DE L’ÉLEVAGE - Jean-Bernard Roth, le sacre d’un perfectionniste

 

Samedi 19 novembre, Auteuil accueillait la cérémonie des Trophées du personnel des courses et de l’élevage. France Galop et Godolphin ont dévoilé les lauréats des cinq catégories. Jean-Bernard Roth s’impose dans la catégorie leadership. Mais il remporte aussi le titre suprême, celui de l’employé de l’année. Il fera donc partie du jury 2017.

C’est avec lui que nous poursuivons la série de portraits des lauréats de cette première édition. Il est l’un des piliers de l’équipe de Jean-Claude Rouget, une écurie qui a réalisé en 2016 une saison exceptionnelle en France et à l’étranger. [LES LAURÉATS 2016 – PARTIE 2]

Une montée en puissance progressive. « Originaire des Landes, j’ai intégré l’Afasec de Maisons-Laffitte en 1977. Dans les années 1980, j’ai monté en obstacle pour Jean-Claude Rouget, qui entraînait alors des sauteurs. Progressivement, je me suis rendu compte que je n’avais pas le courage d'affronter les dangers de cette discipline. J’ai alors pris la bonne décision en arrêtant de monter en course. Jean-Claude Rouget a compris ce choix. De 1985 à 1994, j’ai travaillé en tant que garçon de voyage. En 1994, je suis officiellement devenu son assistant. »

Sérénité, confiance et remise en question. « Cela va certainement vous surprendre, mais pour moi ce n’est pas une surprise de voir que l’écurie Jean-Claude Rouget est aujourd’hui performante à haut niveau. Ce n’est pas le fruit du hasard. La progression a été énorme et elle résulte d’une très grande implication de toute l’équipe. Mais ces efforts, ils ont été accomplis dans la sérénité et la confiance, en ayant le souci du bien-être des personnes et des chevaux. Notre quotidien, c’est la remise en question. Il faut toujours chercher à s’améliorer, à apporter quelque chose de neuf. Je passe par exemple beaucoup de temps à réfléchir et à me documenter sur les soins et l’alimentation. Dans un autre domaine, nous avons beaucoup discuté en interne au sujet de l’éducation des poulains. C’est ainsi que l’école Blondeau est arrivée dans notre système. Cela apporte un supplément de sécurité. »

Les gens heureux travaillent mieux. « Transmettre et former, c’est primordial. Il faut avant tout être ouvert d’esprit, accepter la nouveauté et être ouvert aux autres. Si on se place dans cet état d’esprit, alors le partage se met en place et tout le monde se rend vite compte qu’on est plus forts ensemble. Dans une structure de la taille de la nôtre, un individu isolé ne peut rien faire. Dès le matin, il faut être attentif au moindre signe, chez les chevaux comme chez les cavaliers. Je salue individuellement chaque salarié. C’est une question de respect et la manière de dire bonjour laisse entrevoir beaucoup de choses. On a tous des mauvaises passes. L’important, dans ces moments-là, c’est le dialogue. Les gens heureux travaillent mieux. »

Rien ne doit être laissé au hasard. « Jean-Claude Rouget est un perfectionniste. Il veut que chaque détail soit réfléchi. Rien ne doit être laissé au hasard et personne ne doit se reposer sur ses lauriers. Pour cela, il s’entoure de personnes qui partagent cet état d’esprit. Les choses doivent être simples et efficaces. En contrepartie, c’est une personne qui n’a pas de problème pour faire confiance. Si on est capable de communiquer avec lui et d’analyser les choses, il délègue et partage volontiers. C’est un personnage qui sort des sentiers battus. Sa réussite est remarquable. Pour lui, le bien-être du collectif compte autant, voire plus, que son nombre de victoires. Il est généreux et surtout, nous savons que nous pouvons compter sur lui, dans les bons comme dans les mauvais moments. »

L’antenne de Deauville. « Cette année, j’ai passé beaucoup de temps à Deauville, en alternance avec Jean-Claude Rouget. L’équipe et les chevaux se sentent bien là-bas. Nous aimons tous y séjourner. C’est très important. J’ai d’excellents souvenirs à Deauville. J’y ai d’ailleurs rencontré mon épouse ! Avant et après le meeting, ce sont principalement les meilleurs chevaux qui y sont stationnés. Cela permet d’éviter des déplacements et c’est avantageux quand Longchamp est en travaux, car on court sur place. Pendant le meeting, toute les catégories transitent dans les boxes que nous occupons. Certains pour des laps de temps très courts. Le nombre de sujets qui y réside dépend de la qualité de l’effectif. En 2009, qui était notre meilleure saison avant 2016, nous avions déjà déplacé beaucoup de chevaux sur la côte normande. En fonction des objectifs de chacun, qui se dessinent au fil de la saison, la répartition de l’effectif varie. Nous avons par exemple fait un point après le week-end de l’Arc. Almanzor (Wootton Bassett) est resté en Normandie jusqu’en octobre, pour ses échéances à l’étranger. »

Une passion familiale. « Je partage ma passion des chevaux et des courses avec ma famille. Et c’est très important. Mes trois enfants suivent les courses et montent à l’entraînement. Savourer les victoires avec eux, c’est un sentiment très particulier. Mon aînée est passionnée, mais les chevaux occupent plutôt ses week-ends. Le deuxième est en classe préparatoire. Il a 20 ans et je ne serais pas surpris qu’il veuille s’inscrire dans une formation supérieure liée aux courses hippiques. Le dernier est âgé de 14 ans et il est déjà accro. Il suit les courses de très près. Pour l’instant, il suit la filière générale au lycée. Pour tous les trois, l’écurie de Jean-Claude Rouget, c’est un peu leur deuxième maison. Ils le connaissent d’ailleurs très bien. »