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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Clément Lecœuvre ira se perfectionner cet hiver chez Graham Motion

Courses / 19.12.2016

Clément Lecœuvre ira se perfectionner cet hiver chez Graham Motion

Avec 38 victoires cette saison, Clément Lecœuvre a été la révélation de l’année chez les apprentis jockeys. Cet hiver, plutôt que de rejoindre Cagnes-sur-Mer, le jeune homme de 18 ans va aller se perfectionner aux États-Unis, chez Graham Motion. Avant son départ, il nous a parlé de lui et de sa saison 2016.

Jour de Galop. – Vous avez décidé d’aller aux États-Unis cet hiver. Pourquoi ce choix ?

Clément Lecœuvre. – Aller aux États-Unis est une très bonne opportunité pour moi. C’est l’occasion de prendre de l’expérience, de connaître d’autres méthodes de travail, notamment avec le chronomètre qui est très peu utilisé en France. Et je vais aussi pouvoir perfectionner mon anglais. En concertation avec mon agent, Jules Susini, nous avons préféré cette option plutôt que d’aller à Cagnes-sur-Mer, où j’aurais certainement accéléré la perte de ma décharge. Je termine mon année en France ce lundi 19 décembre et je serai de retour pour la réunion du 22 février à Chantilly.

Justement, vous en êtes déjà à 38 succès. À ce rythme, la perte de votre décharge approche. Est-ce un passage qui vous inquiète ?

Souvent, les jockeys qui perdent leur décharge connaissent un passage à vide. C’est donc forcément un moment que l’on redoute un peu, car les entraîneurs vont, logiquement, plutôt chercher les vedettes que les jockeys venant de perdre leur décharge. Avec Jules, nous développons une clientèle petit à petit et j’ai eu l’occasion de monter pour plusieurs entraîneurs différents à ce jour. Avec certains d’entre eux, nous collaborons de plus en plus régulièrement.

On connaît peu votre parcours. Comment êtes-vous arrivé dans le milieu des courses ?

Tout bêtement. J’ai commencé dans un cercle hippique où j’avais un poney. Puis, en ouvrant le journal, j’ai entendu parler des courses et j’ai voulu essayer. J’ai fait un stage durant une semaine et j’ai tout de suite accroché. J’ai commencé chez Alain Bonin, pour lequel j’ai monté trois fois en course officielle et une autre fois en course école. Ensuite, j’ai rejoint Élie Lellouche.

Cette année, plus la fin de l’année approche, plus votre nom apparaît sur les programmes. Quel a été l’élément déclencheur ?

L’année dernière, j’avais débuté en course pour "voir les couleurs", comme on dit pour les chevaux. J’ai vraiment commencé cette année et ma première victoire a eu lieu le 18 avril avec En Souplesse, pour Élie Lellouche. Ce qui a vraiment pu me déclencher, c’est qu’à partir de cet été, on a parlé de moi suite à quelques victoires et, en parallèle, Jules est devenu mon agent. Il m’a fait connaître et travailler avec lui a changé pas mal de choses. Il a beaucoup de clients et n’avait pas de jockey à décharge à leur proposer jusqu’au début de notre collaboration.

À 18 ans, arrivez-vous à bien gérer les impératifs liés au poids ?

Je fais 1,66m et je peux monter à 51,5 kilos. Pour l’instant, je n’ai pas vraiment de problème avec le poids. La seule chose, c’est que j’ai besoin de savoir quelques jours à l’avance si l’on a besoin de mes services à un poids inférieur à 52 kilos.

Avez-vous un modèle chez les jockeys ?

Mon modèle, c’est Olivier Peslier. Je m’identifie à sa façon de monter ; il respecte beaucoup ses chevaux. Vous m’apprenez que j’ai gagné autant de courses que lui cette année ; cela me fait plaisir. Mais je n’ai pas encore eu l’occasion de réaliser les mêmes années que lui ! Il fait partie de l’équipe de jockeys de Jules et cela m’a donné l’occasion d’échanger avec lui. Il m’a donné des conseils que j’ai pu mettre en œuvre et qui m’ont beaucoup aidé.

Par rapport à vos débuts, dans quel(s) domaine(s) avez-vous le plus progressé ?

Je pense que j’ai beaucoup plus confiance en moi désormais. Cela m’aide à oser un peu plus au niveau des tactiques de course à adopter et à prendre des bonnes décisions. Avec l’expérience, il y a des choses que je tente, ce qui ne me serait pas venu à l’esprit à mes débuts.