Télécharger l'édition du jour
Jour de Galop

JOUR DE GALOP

GALA DE L'ÉLEVAGE 2016 - LE DISCOURS DE LOÏC MALIVET - Des réformes et des raisons d’espérer

Courses / 05.12.2016

GALA DE L'ÉLEVAGE 2016 - LE DISCOURS DE LOÏC MALIVET - Des réformes et des raisons d’espérer

Par Loïc Malivet, président de la Fédération des éleveurs du Galop

« Le 12 juillet dernier le président Rothschild annonçait que France Galop pourrait être en cessation de paiement fin 2018 ! Vous connaissez bien les raisons de cette menace, aussi ne ferai-je qu’en souligner la principale. Les enjeux hippiques, qui atteignaient 9,5 milliards, ne sont maintenant plus qu’à 8,2.

Les premières réformes. Dans une telle situation, en plus d’une relance indispensable, France Galop ne pouvait que mettre en place un plan d’économies. C’est fait, mais c’est encore insuffisant et il faudra probablement le renforcer. Parmi les mesures adoptées, retenons principalement celles qui visent à améliorer le nombre de partants de certaines courses. C’est dans cet esprit qu’a été décidé le transfert de 10 à 12 réunions en hiver et que sera refondé le programme des 2 et 3ans en plat. Retenons aussi une meilleure répartition dans le temps des réunions P.M.H. pour éviter les creux et les trop-pleins.

Mais c’est aussi du côté du nouveau Longchamp qu’il faut chercher la relance, avec un plan très ambitieux d’utilisation, dépassant très largement l’organisation des courses, qui permettra d’en faire un lieu où brilleront sans cesse les feux de l’actualité.

Le Syndicat des éleveurs se réinvente. Cette soirée aussi est placée sous le signe de la nouveauté. D’abord notre Fédération des éleveurs du Galop tient son premier gala après avoir délaissé les habits plus que centenaires du Syndicat des éleveurs de chevaux de sang de France ; un nouveau nom pour une organisation qui veut davantage rassembler dans une époque difficile qui exige de la solidarité.

Ensuite, un nouveau manager qui prendra ses fonctions le 15 février : Constance Popineau, depuis plus de six ans responsable juridique de la Fédération française d’équitation, connaît les problématiques du monde équin, les arcanes de Bruxelles et les rouages administratifs français.  Camille Vercken nous quitte après huit années de contribution efficace et souriante.

Agir auprès des élus pour l’intérêt collectif. Enfin, une amplification inédite de nos actions de lobbying pour faire connaître nos atouts et nos difficultés. Au Sénat, j’ai rencontré à plusieurs reprises Anne-Catherine Loisier qui anime un groupe cheval et a déjà fait des propositions de loi en notre faveur, notamment au regard de la T.V.A.

J’ai également œuvré auprès de Jean Arthuis qui, sur notre suggestion, a créé un groupe des amis du cheval au Parlement Européen avec l’ambition de construire une vraie politique du cheval.

L’année 2016 aura également vu la création des "matinées au haras" destinées à sensibiliser les décideurs départementaux et régionaux tels que les élus, les banques, les Safer et autres intervenants habituels dans nos vies professionnelles. Nous amplifierons ces contacts en 2017.

La nécessité du renouvellement. Cette exigence de renouvellement; on la retrouve partout :

- Renouvellement des parieurs, c’est une nécessité pour enrayer la baisse des enjeux. Comment attirer de nouveaux parieurs, en particulier des jeunes, faut-il trouver de nouveaux jeux, faut-il changer le spectacle ? Sans doute les deux.

- Renouvellement des propriétaires. Sans aucun doute, ils sont davantage choyés depuis quelques années, mais il reste des progrès à faire pour là aussi attirer de nouveaux investisseurs, le plus important gisement étant à l’étranger.

- Renouvellement de nos instances. Le PMU, bien sûr premier concerné : il doit inventer et trouver le lien avec les jeunes générations.

Mutualiser nos forces. À France Galop aussi de changer son image et de travailler sur une nouvelle mise en scène des courses. Mais c’est aussi à nous, les associations d’éleveurs, de propriétaires et d’entraîneurs, de repenser nos structures. Pour ma part, je suis favorable à un rapprochement avec les éleveurs, nos partenaires naturels que sont par exemple les AQPS ou Génération Galop.

Et je penche aussi pour une grande association transversale qui regrouperait éleveurs et propriétaires, car bien souvent nous sommes les deux, et entre ces deux passions, il n’y a pas véritablement de frontière, 1.400 éleveurs de notre Fédération sont aussi propriétaires.

Une grande année pour l’élevage français. Je terminerai par des propos optimistes : notre élevage ne cesse de prouver sa qualité, rappelons-nous que les gagnants des Prix de Diane et du Jockey Club 2016 sont par Le Havre et Wootton Bassett, des étalons français, ce qui ne s’était pas vu depuis des décennies, et que Almanzor a été sacré meilleur 3ans européen.

Des professionnels de talent. Les jeunes haras, les consignataires et bien-sûr les agences contribuent aux bons résultats de nos ventes ; jamais autant de yearlings n’ont été vendus, et nos origines d’obstacle ne cessent de s’affirmer. Vous serez impressionnés tout à l’heure par le nombre de nos adhérents primés pour les performances de leurs élèves en obstacle.  De nouvelles casaques sont apparues qui soutiennent nos marchés et nos courses. Enfin, nos jockeys font merveille : Pierre-Charles Boudot va établir un nouveau record européen (281 victoires à ce jour pour 2016), Christophe Lemaire va peut être finir Cravache d’or au Japon, Julien Leparoux et Flavien Prat portent haut nos couleurs aux États-Unis.

L’unité nécessaire à la réussite collective. Alors soyons fiers de notre système et faisons confiance au nouveau Conseil d’administration de France Galop pour qu’il prenne les bonnes décisions, avec notre concours et sous notre vigilance. Mais une fois les réformes débattues et adoptées, acceptons-les et soutenons-les car seule l’unité nous sauvera.

Je vous remercie. »