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Jour de Galop

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HISTOIRE, HISTOIRES… - Qui réussit le mieux dans les Longines Hongkong International Races ?

Courses / 10.12.2016

HISTOIRE, HISTOIRES… - Qui réussit le mieux dans les Longines Hongkong International Races ?

HISTOIRE, HISTOIRES…

 

Xavier Bougon a consacré toute sa vie aux courses, cultivant sa passion pour l’histoire de notre sport, en complément de ses activités professionnelles dans le cadre de l’Institution. Depuis le mois de janvier 2016, il vous propose une rubrique régulière consacrée à l’histoire des courses.

 

Qui réussit le mieux dans les Longines Hongkong International Races ?

L’hippodrome de Sha Tin accueille ce dimanche la dernière grande réunion internationale de l’hémisphère nord. Ce site magnifique a été créé en 1978, l’année suivant la fin de la colonisation anglaise et le rattachement de Hongkong à la Chine.

C’est sous l’ère de Sir Douglas Clague, alors président du Royal Hong Kong Jockey Club, que les courses vont écrire les plus belles pages de leur histoire. Celle-ci prend dès lors son envol avec le succès que l’on connaît aujourd’hui.

 

Un Rhodésien à Hongkong. Sir Douglas Clague est né en 1917 en Rhodésie (le futur Zimbabwe). Il émigre à Hongkong en 1940 comme lieutenant puis colonel dans la Royal Artillery. Après s’être évadé d’un camp de prisonniers, il s’installe dans la colonie anglaise. Beaucoup plus tard, en 1975, il achète un haras en Irlande, Newberry Stud, dirigé par son fils, Jonathan. C’est là que Pitasia (Pitskelly) a vu le jour, trois ans avant le décès de son éleveur. Entraînée par Aage Paus, elle s’est imposée dans le Critérium des Pouliches 1978 (futur Prix Marcel Boussac). Ce haras a vu naître, pour les couleurs de sa veuve Lady Margaret (décédée en 2011), quelques bons chevaux entraînés par John Oxx tels que Winona (Alzao), gagnante des Irish Oaks 1998, et Namid (Indian Ridge), vainqueur du Prix de l’Abbaye de Longchamp 2000.

 

La Hong Kong Cup : Europe-Asie, du 50/50. Créée en 1987, la Hong Kong Cup se disputait à l’origine sur 1.800m. Elle obtient le statut de Gr3 international en 1993 puis est promue Gr2 l’année suivante. En 1999, sur la distance de 2.000m, elle est la première épreuve de la région labellisée Gr1. S’y ajouteront l’année suivante le Vase, le Sprint et le Mile.

Au palmarès depuis 1999, soit dix-sept éditions, on trouve huit chevaux en provenance d’Europe, dont trois français. Ces derniers étaient non seulement entraînés en France mais également nés dans l’Hexagone : le globe-trotter Jim and Tonic (Double Bed), Pride (Peintre Célèbre) et Vision d’État (Chichicastenango). Cette année, André Fabre sera le seul professionnel français au départ de la Hong Kong Cup avec Elliptique (New Approach), récent troisième du Premio Roma sur une piste lourde. Notons également la victoire d’un sarthois du Haras du Mesnil, Anabar (Anabaa), rebaptisé Precision en Asie. Il s’est imposé en 2002 sous la selle de Mick Kinane.

 

Les Anglais dans leur ancienne colonie. Les îles Britanniques ne sont pas en reste avec quatre succès. Godolphin compte deux succès, avec Fantastic Light (Rahy) et Ramonti (Martino Alonso), un cheval né dans l’Orne puis élevé en Italie. Les Britanniques ont aussi brillé grâce à deux pouliches de 3ans, Alexander Goldrun (Gold Away) et Snow Fairy (Intikhab), la dernière victoire européenne, en 2010.

 

Les Japonais ne sont pas en reste. Avec le meilleur chrono et sous la selle de Yutaka Take, A Shin Hikari (Deep Impact) est le tenant du titre. Il le défendra cette année face à son compatriote Maurice (Screen Hero), lauréat du Mile l’an dernier. L’entraînement japonais s’était également imposé avec Agnès Digital (Crafty Prospector). Pour mémoire, A Shin Hikari a gagné le Prix d’Ispahan en mai dernier, en laissant Dariyan (Shamardal) à dix longueurs, suivi de Silverwave (Silver Frost), candidat au Vase cette année, et Vadamos (Monsun).

 

Le Hong Kong Vase, une spécialité française ? Sous le statut de Gr1 local, le Hong Kong Vase a été remporté par Partipral (Procida) en 1995. Ce cheval était entraîné par Élie Lellouche pour Enrique Sarasola.

Il sera imité par la championne d’André Fabre Borgia (Acatenango) en 1999, la dernière année avec le statut Gr2 international. Depuis 2000, année de sa promotion, sept chevaux entraînés en France se sont distingués en prenant la première place de cette épreuve courue sur 2.400m. En 2002, on retrouve trois "FR" aux trois premières places : Ange Gabriel (Kaldounévées), entraîné par Éric Libaud, comme Vision d’État, devant Aquarelliste (Danehill) et Falcon Flight (Persian Bold).

L’année suivante, c’est Vallée Enchantée (Peinte Célèbre), une "Lellouche", qui s’est imposée devant Polish Summer (Polish Precedent). Doctor Dino (Muhtathir), lauréat en 2007 et en 2008, était entraîné par Richard Gibson qui s’est depuis expatrié à Hongkong. Daryakana (Selkirik) s’est imposée à 3ans sous l’entraînement d’Alain de Royer Dupré. Le pensionnaire de Mikel Delzangles, Dunaden (Nicobar), a gagné à Hongkong, un peu plus d’un mois après sa victoire dans la Melbourne Cup. Le dernier succès français est récent. Il remonte en 2014, avec le succès de Flintshire (Dansili).

En 2016, trois français seront au départ : Silverwave (Silver Frost), Garlingari (Linngari) et One Foot in Heaven (Fastnet Rock). Ce dernier va essayer de faire aussi bien que sa mère Pride (Peinte Célèbre), gagnante de la Cup en 2006 après avoir été deuxième en 2005.

 

Les performances des Anglo-Irlandais dans le Vase. L’Angleterre s’est imposée à six reprises avec Daliapour (Sadler’s Wells), un pensionnaire de Sir Michael Stoute qui courait pour un propriétaire local bien connu en France, Robert Ng. L’Angleterre est aussi au palmarès grâce à Phoenix Reach (Andrew Balding), Ouija Board (Lord Derby et Edward Dunlop), Mastery (Godolphin) et Red Cadeaux (Edward Dunlop). Collier Hill (Alan Swinbank) est détenteur du temps record (2’27’’10) depuis 2006. L’entraînement irlandais ne figure qu’une seule fois avec le globe-trotter Highland Reel (Galileo), vainqueur l’an dernier devant Flintshire. Il tentera, cette année, de conserver son titre après une année en tout point exemplaire ponctuée par une victoire dans la dernière Longines Breeders’Cup Turf.

En 2001, Yutaka Take était en selle sur le regretté fils de Sunday Silence, Stay Gold (futur père de Orfèvre, entre autres). Il est le seul Japonais au palmarès.

 

Le Hong Kong Sprint sous domination australienne. Comme partout ailleurs, le sprint réussit plus aux chevaux britanniques qu’aux français. À Sha Tin, paradoxalement, les représentants des îles britanniques n’ont jusqu’alors pas fait mieux que ceux en provenance de France : aucun n’a réussi à s’y imposer. Les français ne sont en général pas nombreux au départ. On notera néanmoins les participations de Nuclear Debate (Geiger Counter), Zipping (Zafonic), Chineur (Fasliyev), Nipping (Night Shift), Marchand d’Or (Marchand de Sable), Tiza (Goldkeeper)… Cette année, la France sera représentée par le palois Signs of Blessing (Invincible Spirit), le gagnant de Larc Prix Maurice de Gheest. Dans cette épreuve le champion de Hongkong, Gold Fun (Le Vie dei Colori), s’était mortellement accidenté. Ce dernier s’était classé deuxième second de l’édition du Hong Kong Sprint de l’an passé, monté par Christophe Soumillon.

Depuis l’année 2000, les seize éditions ont donné douze vainqueurs nés dans l’hémisphère sud : dix australiens, un sud-africain et un néozélandais. Absolute Champion (Marauding) en 2006, avait mis 1’07’’80 pour survoler les 1.200m du parcours. C’est encore aujourd’hui le temps record.

 

Le Hong Kong Mile ne réussit pas aux français. Créée en 1991, sous le nom d’Hong Kong Bowl, cette épreuve labellisée Gr3 à partir de 1994 se disputait à l’origine sur 1.400m. Son premier vainqueur, Soviet Line (Soviet Star), portait les couleurs de Maktoum Al Maktoum et défendait l’entraînement de Michael Stoute (pas encore anobli).

L’année suivante, le Hong Kong Bowl est promu Gr2, un statut qui tiendra jusqu’en 1998, l’année de la seule victoire française, celle de Jim and Tonic. En 1999, l’épreuve est rebaptisée Hong Kong Mile, en raison de sa distance portée à 1.600m. Son vainqueur, Docksider (Diesis), portait les couleurs de Gary Tanaka, sous l’entraînement anglais de Barry Hills. Monté par Olivier Peslier, il devançait le pensionnaire de Pascal Bary, Field of Hope (Selkirk) monté par Sylvain Guillot.

L’année suivante, l’épreuve a été promue au grade supérieur, celui de Gr1. À ce jour, le palmarès compte une seule victoire européenne, celle de Firebreak (Charnwood Forest), un Godolphin monté par Lanfranco Dettori. Portant les couleurs de Kasumi Yoshida (épouse de Katsumi), le tenant du titre, le japonais Maurice (Screen Hero), ne remettra pas son trophée en jeu. Son entourage a préféré aller sur les 2.000m de la Cup après sa victoire dans le Tenno Sho de Tokyo.

Au palmarès de ce Mile figure le nom de Good Ba Ba (Lear Fan), vainqueur trois années successives sous l’entraînement du local Andreas Schutz. Ce dernier devrait revenir en Europe cet hiver en s’installant à Chantilly.