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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

LE JOUR OÙ...  Nous avons gagné le Prix de Diane Longines avec La Cressonnière

Courses / 18.12.2016

LE JOUR OÙ... Nous avons gagné le Prix de Diane Longines avec La Cressonnière

 

Par Séverine Cohendy

Le dimanche 19 juin restera une journée exceptionnelle pour Séverine Cohendy, cavalière d’entraînement de La Cressonnière (Le Havre). Invaincue depuis ses débuts en compétition, cette représentante de Gérard Augustin-Normand et Antonio Caro, entraînée par Jean-Claude Rouget, a remporté la Poule d’Essai des Pouliches (Gr1) en mai, offrant à son jockey, Cristian Demuro, sa première victoire de Gr1 en France. La pouliche a ensuite signé le doublé Poule d’Essai & Prix de Diane Longines, imitant Avenir Certain XX (Le Havre). C’est encore avec des étoiles plein les yeux que Séverine Cohendy nous a raconté le déroulement de sa journée.

 

« Nous sommes partis de Deauville le samedi matin, pour arriver en fin de journée à Chantilly. Le stress commençait à monter mais n’était pas encore trop présent. Comme d’habitude, nous nous sommes occupés des chevaux le soir à l’hippodrome. Le lendemain matin, nous les avons sortis pour les détendre en faisant un galop de chasse sur les Lions. De retour à l’hippodrome, nous les avons douchés et marchés. Une fois tous les soins faits, nous sommes repartis à l’hôtel pour nous préparer. Là, j’ai commencé à vraiment angoisser ! Je me suis préparée en m’habillant aux couleurs de la casaque de La Cressonnière. En fait, je pensais qu’il y avait un prix de beauté comme pour le Prix du Jockey Club, mais non. Dommage ! L’heure est arrivée d’emmener les chevaux au rond, puis sur la piste. L’écurie avait plusieurs chevaux dans la course ; nous sommes donc restés ensemble sur la barrière, à l’entrée de la piste, pour regarder la course sur l’écran géant. Quand j’ai vu le départ de la pouliche, avec le numéro qu’elle avait dans les stalles et qu’elle s’est retrouvée complètement à l’arrière-garde, je me suis dit que c’était fini. Le rêve s’effondrait. Elle avait toujours galopé aux avant-postes et je ne pensais pas qu’elle réussirait à le faire en venant de l’arrière. Et pourtant elle l’a fait ! Elle a une sacrée pointe de vitesse. Je suis passée par toutes les émotions en un rien de temps. J’ai pleuré quand elle a passé le poteau en tête, j’ai pleuré quand je suis allée la chercher sur la piste. C’était vraiment un grand moment.

Évidemment, après ce succès, nous sommes restés boire le champagne sur l’hippodrome et ensuite, Cristian Demuro est venu voir la pouliche dans son boxe pour faire des photos avec elle. Le patron nous a invités à dîner le soir. Il y avait toute l’équipe mais aussi Cristian Demuro, Christophe Soumillon, Dominique Bœuf…

Cette année 2016 a vraiment été magnifique pour moi, c’était l’année de mes 40 ans et la première avec autant d’émotions grâce à cette pouliche. Nous savions qu’elle avait une chance dans le Diane, mais de là à gagner, c’était exceptionnel, surtout après la Poule qui était déjà une victoire inattendue. Nous misions plus sur Qemah, mais elle s’est tendue derrière les boîtes. La Cressonnière a un cœur énorme, elle peut être montée n’importe où, elle ne se tend pas. Elle a un tempérament génial.

C’était très dur quand elle s’est blessée à une semaine du Prix de l’Arc de Triomphe. Elle avait très bien travaillé le vendredi, elle était super et le lendemain, c’était horrible... Elle est encore au repos et j’ai l’occasion d’aller la voir environ toutes les trois semaines, car elle n’est pas très loin de chez moi. J’ai hâte de la retrouver à l’entraînement en janvier. »