LE JOUR OÙ…   J’ai gagné le Prix de Craon avec Chambard

Autres informations / 10.12.2016

LE JOUR OÙ… J’ai gagné le Prix de Craon avec Chambard

LE JOUR OÙ…

 

J’ai gagné le Prix de Craon avec Chambard

Par Emmanuel Roussel

 

Le 9 septembre à Saint-Cloud, Chambard (Gris de Gris) s’est imposé dans le Prix de Craon (Gr1), une course réservée aux AQPS qui est devenue un Gr1 cette année. Sa victoire a procuré une grande joie ce jour-là à son co-éleveur, Emmanuel Roussel, qui nous a raconté ce moment.

 

« À vrai dire, quand je me suis levé, j’avais oublié que le cheval courait ce jour-là, cela m’était sorti de la tête. C’est en regardant les partants que je m’en suis rendu compte. C’est très curieux parce que le Prix de Craon est une course que j’aime beaucoup et que je voulais gagner depuis longtemps. Il se trouve que, compte tenu de la fermeture de Longchamp, la course se déroulait à Saint-Cloud, mais cela me plaisait parce que le cheval avait couru plusieurs fois à Nantes dont le champ de courses n’est pas fait pour ses aptitudes. Chambard est un cheval qui a besoin de pas mal de temps pour trouver sa cadence en fin de parcours. Il lui faut une longue ligne droite. Je pensais vraiment qu’il était barré avant la course parce qu’il y avait de l’opposition. Je n’étais donc pas très confiant. D’ailleurs, il n’était pas favori, il est parti à 7/1.

Je suis allé à Saint-Cloud seul et assez tôt, en moto. J’ai déjeuné sur l’hippodrome rapidement parce qu’il n’y avait plus rien au buffet, même si je n’étais pas arrivé tard. Je suis allé voir le cheval de bonne heure aux écuries parce que j’étais présent sur l’hippodrome assez tôt. Il était égal à lui-même, en très bel état. Peu avant la course, j’ai conversé avec Jean-Jacques Chiozzi, avec qui je discute souvent aux courses. Je lui avais dit que le cheval était magnifique au rond. J’ai été rejoint après par ma femme. Alain Couétil est arrivé en retard, quelque chose sur la route l’a énormément retardé. Je n’avais rien contre son précédent jockey, mais j’étais content que Thierry Jarnet lui soit associé. Je savais qu’il allait le monter aux petits oignons et que le cheval n’aurait pas une course dure si cela se passait mal.

Il est bien parti et s’est montré assez détendu. Le cheval a eu un bon parcours, il n’a pas eu besoin d’être sorti de son train. J’ai eu peur qu’il tire un peu, mais cela n’a pas été le cas. Son jockey l’a laissé s’équilibrer. On a pu avoir l’impression qu’il était un peu battu et qu’il avait du mal à accélérer. Mais lorsque Thierry l’a pincé, il a fait la différence à la lutte, ce qui m’a beaucoup étonné. Tout s’est bien passé le jour J. Monsieur Cerruti n’était pas présent sur l’hippodrome, mais nous l’avons eu au téléphone assez vite. Il était content parce que c’était une belle victoire. Du coup, c’est nous qui sommes allés récupérer le prix. C’est pour cela que nous avons nos trombines sur le Yearbook, ce qui est très sympa. La victoire était inattendue, c’est pourquoi on s’est retrouvé, ma femme et moi, comme "deux ronds de flan".

Je n’ai pas pu en profiter autant que je l’aurais voulu, car je devais prendre la voiture pour me rendre en Grande-Bretagne le lendemain afin d’assister à l’anniversaire de deux amis journalistes hippiques. C’était un peu bizarre parce que je me suis retrouvé assez rapidement seul. Ce que je peux dire c’est que cela m’a coûté cher les jours suivants ! Nous n’avons pas touché grand-chose en prime à l’éleveur, mais on a dépensé pour fêter la victoire comme il se doit. Ce sont des souvenirs qui ne se répètent pas tous les ans... »